
Avez-vous déjà imaginé votre vie si vous ne pouviez ni voir ni entendre ? Savez-vous ce qu'est le quotidien d'une personne hémiplégique ? Que seriez-vous aujourd'hui si on vous avait enrôlé à dix ans dans une guérilla au Niger ? Que serait votre vie si vous étiez une fille orpheline, en Inde ? Quel serait votre avenir si vos parents étaient sans papiers, réfugiés à Sangatte ?
Non, pas d'inquiétude, je demande ça comme ça... Pour m'informer. Et peut-être pour que certains réfléchissent un peu à leur propre vie.
Au cas où vous seriez du genre à vous laisser envahir par vos petits problèmes, à en faire des montagnes qui vous rendent très malheureux. Juste au cas où vous feriez partie de ces gens qui ne savent pas relativiser de temps en temps et prendre conscience de la chance qu'ils ont, ne serait-ce que la chance de vivre.
Mais je suis sûre que ce n'est pas votre cas !

Pourquoi se culpabilise-t-on d'être heureux ?
Vous n'appartenez pas à cette espèce à la vie paisible qui se persuade d'être malheureuse (parce que c'est dur à assumer d'être heureux dans ce monde où il y a tant de malheureux), et qui, par conséquent, l'est davantage que d'autres personnes à la vie beaucoup moins facile mais qui se battent pour s'en sortir, qui veulent y goûter à ce bonheur dont tout le monde rêve.
Tout le monde veut le bonheur, mais moi, non, je ne le trouve pas ! Alors que, regardez celui-là comme il a l'air heureux, comme il a de la chance... Pendant que moi, oh moi, ma vie est bien dure...
Comment relativiser ses problèmes au quotidien
Et s'il suffisait d'ouvrir les yeux, de se regarder dans une glace et de réfléchir à sa situation ? De se dire : bon, j'habite en France, et on a beau se battre pour un tas de choses, au fond il faut reconnaître qu'on n'y va pas si mal. Tout n'est pas parfait mais je peux m'exprimer librement, étudier, jouir d'une certaine paix, me promener librement.
Bon d'accord, j'ai de la mycose aux pieds et une rhinite vasomotrice, mais au fond je suis plutôt en bonne santé. Bon, oui, c'est vrai que ma mère me tape sur les nerfs et que mon père a encore oublié mon anniversaire, mais au fond, heureusement qu'ils sont là. Bon j'avoue, mes dix-sept coups de foudre des six derniers mois se sont révélés être de la pire espèce, mais bon, le prochain sera le bon.

Le bonheur est-il une question de chance ?
Je n'insinue pas du tout qu'être sourd, orphelin ou né en Bolivie implique qu'on ne pourra être heureux. Rien n'est jamais tracé, heureusement ! C'est simplement que certaines conditions rendent la quête du bonheur plus aléatoire.
Tout comme je reconnais qu'on a des problèmes à la mesure de sa vie : alors que certains ne savent pas s'ils pourront manger demain ou combien de temps encore ils échapperont aux bombes, moi, je me désespère d'être seule ; lui, il regrette de s'être brouillé avec sa mère ; et elle, elle cherche en vain un emploi.
Et ça ne veut pas dire que même s'ils paraissent dérisoires comparés à d'autres, nos problèmes ne peuvent pas nous bouffer la vie.
Osez voir le verre à moitié plein
Mais à chaque instant, et d'autant plus que le blues vous prend, essayez donc cette méthode : essayez de voir les bons côtés de votre vie, au lieu de ressasser ce qui ne va pas.
Regardez-vous dans un miroir et soyez franc ! Avouez-le : vous n'êtes pas si malheureux !

PS : Je ne fais la morale à personne bien sûr, ou plutôt si : à moi... Car je suis la première en ce moment à oublier la chance que j'ai et à faire semblant d'être malheureuse !
« Et si l'on essayait un peu
De voir notre petit monde d'en haut
Au lieu de laisser choir nos idéaux »— Olivia Ruiz