
Les magazines destinés aux jeunes n'hésitent pas à parler de sexualité, avec pour objectif de briser certains tabous, comme celui du « plaisir féminin » jusqu'à récemment peu abordé. Plus complexe que celui des hommes et donc plus difficile à atteindre, tant au niveau physiologique que psychologique, les jeunes femmes osent désormais en parler entre amies. Les plus jeunes d'entre elles rêvent de vivre leur première expérience avec « l'homme de leur vie » ou du moins d'avoir une première fois réussie. C'est le rêve sans doute le plus largement partagé par les filles adolescentes, et en même temps, celui qui est le plus souvent brisé.
Arrivées à un certain âge, ou suite à une expérience marquante, les filles peuvent radicalement changer les rapports qu'elles entretiennent avec leur corps. Le désir de se valoriser à travers sa personnalité perd progressivement du terrain face au doute et parfois à l'émerveillement de l'étrange attraction que le corps provoque sur les autres — si on a la chance d'en avoir un qui correspond aux canons de beauté en vigueur — mais aussi sur soi-même.
Cependant, cette attraction que le corps exerce fait aussi peur. N'attire-t-on pas uniquement ceux qui s'intéressent à notre physique et rien d'autre ? Un nouveau désir apparaît alors : celui d'explorer les frontières du plaisir en découvrant son corps sous un autre jour. Néanmoins, chez les filles, ce désir rencontre un obstacle, une barrière physique et morale qui n'existe pas chez les garçons. Une certaine frustration en découle. La virginité peut devenir un fardeau lourd à porter sur le plan psychologique. Les filles se sentent poussées par le désir de s'en débarrasser, ce qui les rend vulnérables et moins regardantes sur le choix de leur partenaire. Souvent, elles cèdent à celui qui insiste le plus, au grand dam de leurs proches. Et souvent, ça ne se passe pas bien.
Sexualité chez les garçons : entre pression sociale et performance
Du côté des garçons, on se taquine entre copains et on se vante d'avoir fait « son premier coup » le plus tôt possible. Il y a une obsession générale de la performance. On parle de détails « techniques », comme s'il s'agissait de vanter les mérites d'un moteur. Seuls ceux qui affirment très tôt une vraie personnalité, capables de faire abstraction de l'avis général, réussissent à y échapper.
Filles et garçons ne sont pas frustrés de la même façon. Une certaine pression sociale liée au fait que les garçons cherchent à se valoriser à travers une relation sexuelle qui prouverait leur virilité se crée lorsqu'on est en groupe. Certains parlent de leur conquête comme d'un objet de possession, signe d'une immaturité. Ceux qui ont la force de caractère pour assumer une certaine indépendance n'éprouvent pas forcément un besoin viscéral de franchir le pas.
L'expérience sexuelle : mythe ou réalité ?
Au vu du décalage entre les deux sexes, la déception semble inévitable. Un bon nombre de filles sont persuadées que l'« expérience » du partenaire est la première qualité pour que ça se passe bien. Ce qui les amène à choisir des jeunes hommes de plusieurs années leurs aînés. Mais qu'est-ce que l'« expérience » ? Si l'homme que vous estimez être celui de votre vie n'en possède aucune, que faire ? Nous avons de sérieuses raisons de croire que l'expérience n'est pas indispensable.
Découvrir sa sexualité ensemble : comment faire ?
On a pu voir dans quelques magazines évoquer le principe de « découvrir ensemble ». Si beaucoup de spécialistes s'accordent pour dire que c'est un bon principe, personne ne semble expliquer ce qu'il signifie vraiment. Selon nous, il s'agit de créer une complicité à deux. Avancer pas à pas en s'assurant à chaque étape d'avoir l'accord tacite de son partenaire pour franchir ensemble les frontières du corps.
Le plaisir féminin étant plus difficile à atteindre, il convient que le garçon prenne les choses en main, au départ, précautionneusement, la fille devant canaliser ses ardeurs si elle estime que cela va trop vite. Le but est de découvrir le corps de l'autre, en prenant son temps ! Le garçon doit avoir à l'esprit l'idée de faire découvrir à sa partenaire certains aspects de son corps sous un nouveau jour. Cela suppose qu'il soit très réceptif et constamment à l'écoute.
Communication et consentement : les clés d'une première fois réussie
C'est dans vos relations amicales précédant le passage à l'acte que vous êtes censées avoir décelé sa capacité d'écoute et le respect qu'il vous porte. Car « découvrir ensemble », c'est avant tout une histoire de tolérance et d'estime mutuelle. Si votre partenaire fait quelque chose qui vous déplaît, n'hésitez pas à le faire comprendre. Une main qui s'égare trop hâtivement doit être saisie et replacée là où elle aurait dû s'attarder davantage.
L'idée générale est de procéder progressivement. Cela doit s'étaler sur plusieurs rendez-vous. Et si, malgré les efforts, vous ressentez que l'esprit n'y est pas, il ne faut pas avoir peur de dire que vous n'êtes pas sur la même longueur d'onde. Si vous arrêtez votre relation à ce stade, vous aurez acquis une certaine « expérience » et préservé votre don le plus précieux.
Quelles qualités rechercher chez un partenaire ?
Pour vous aider à choisir, voici quelques qualités que le garçon doit posséder : sensible, réceptif, patient, avenant et un peu « psychologue », c'est-à-dire capable d'analyser vos états d'âme. Cette dernière qualité est très importante ! C'est elle qui permet à votre partenaire d'interpréter correctement votre consentement ou votre désapprobation.
Rien à voir avec la « psychologie à deux sous » largement répandue selon laquelle quand une fille dit « Non ! », cela voudrait dire « Oui ! ». Ce n'est qu'une tactique de lâches pour faire taire l'autre. Assurez-vous, avant d'entreprendre quoi que ce soit, que lorsque vous dites « Non ! », on entend bien « Non ! »
Aucune des qualités mentionnées ne nécessite une expérience préalable. C'est davantage une question de personnalité. N'ayez pas peur de vous engager avec quelqu'un de votre âge, si vous lui trouvez ces qualités ! N'oubliez pas qu'à aucun moment vous n'êtes obligées d'aller jusqu'au bout et que vous avez le droit de vous tromper, mais pas au point de non-retour !