
Je pleurais, oui, j'étais sur le sol dans ma chambre et je pleurais toutes les larmes de mon corps. Le regard vide, je pensais, je remettais tout en question... Pourquoi ? Pourquoi ce grand froid en moi qui grandissait, qui m'empêchait de respirer, qui me torturait ? Pourquoi étais-je si seul ? Aucun ami pour me consoler, pour me venir en aide, tout le monde m'ignorait. Pourquoi avais-je tant de sentiments ? Étais-je si sensible ? Toutes ces soirées à pleurer, à sangloter dans mon coin...
Pendant longtemps je me voilais la face, peut-être par fierté. Je ne pouvais avouer avoir besoin d'une aide extérieure... Comment ça ? Moi ? Avoir besoin d'aide ? Alors que je me suis toujours montré fort ? Que j'ai toujours caché mes sentiments ? Pourtant, au fond de moi, j'aurais tout fait pour qu'on me vienne en aide, qu'on me tende une main...
Mes rêves d'une autre vie
Pourtant je rêvais tout le temps, oui, des rêves simples mais très compliqués à la fois : avoir quelques amis, que l'on m'aime, être heureux pour tout dire... Je dois avouer que j'aurais voulu être populaire, avoir beaucoup d'argent pour que tout soit plus facile, que pour une fois, tout marche du premier coup, que je n'aie pas à me battre.
Mais oui, j'étais un battant. Enfin, je le pensais. Rien n'était acquis dans ma vie. Je me suis battu pour finir ma scolarité avec un 18,5/20 de moyenne générale alors que ce n'était pas gagné. Je me suis battu pour perdre des kilos lorsque j'avais de grands problèmes de poids et que tout le monde se moquait de moi...
Le poids du regard des autres
Ah, mon problème de poids ! Tous les gens qui se sont moqués de moi il y a quelques années... Pourtant, ce n'était pas de ma faute, je ne l'avais pas choisi, ce physique. Et puis un beau jour, j'en eus marre. J'ai décidé de ne presque plus rien manger et de faire du sport, de la musculation. Résultat : j'ai perdu ces kilos en trop et j'ai même pris une carrure de boxeur. Et dès ce moment-là, plein de choses changèrent...
Alors que je n'aimais pas qu'on me juge sur mon physique, les gens ont continué à le faire, oui, mais d'une autre façon. Certaines disaient même que j'étais mignon... Moi ? Mignon ? Ah ! Elles délirent !! De toute façon, cela m'importe peu...

La solitude et l'amour rêvé
La solitude me faisait mal. J'aurais tout fait pour avoir des amis, une amie. Elle aurait été là quand j'aurais eu besoin d'elle, que ce soit dans les situations de bonheur comme de malheur. Elle me comprendrait, elle me prendrait dans ses bras quand tout irait mal et me consolerait, et je ferais de même pour elle... Peut-être même qu'elle serait devenue plus qu'une amie...
J'aurais voulu aimer une fille, en être capable et qu'elle m'aime en retour. Toutes les choses auraient pu être plus faciles, elle aurait pu m'aider à tout oublier... Mais j'en ai connues des filles, elles n'ont jamais été telles que je les imaginais. J'aurais dû le prévoir... « La vie est une rose dont chaque pétale est un rêve... Chaque épine une réalité... »
Ma descente aux enfers
Puis un beau jour, sachant très bien que rien de tout cela n'arriverait, j'en eus marre. Marre de ces sentiments, marre de cette vie, marre de me regarder dans le miroir et de me dire : « Eh, toi, regarde, tu n'as pas d'amis, tu te bats mais tu n'as plus d'espoir, tu as mal, mal au cœur, tu souffres de plus en plus, tu pleures... »
Et qu'ai-je vu ? Une lame toute aiguisée. Je l'ai prise puis je me tailladai le poignet gauche. Les veines s'ouvrirent, le sang coula. Ma peine était toujours là. Je pouvais me reposer à présent, sûrement que je ne serai plus là pour souffrir, plus là pour vivre...
Ah tiens donc, la douleur physique... Cette chose utilisée par notre organisme pour nous faire comprendre que quelque chose ne va pas. Drôle de sensation. Non, cela ne me dérange pas, car la douleur n'est rien. Elle n'est rien comparée à d'autres souffrances de la vie. D'ailleurs, j'ai toujours bien supporté la douleur. Qu'est-ce que c'était, quelques picotements ? On n'allait pas en faire tout un plat... Pas assez profondes, les coupures ? Je n'en savais rien...
Puis mes parents sont arrivés, ont pansé mes blessures, m'ont réconforté. J'ai recommencé deux fois. Je ne croyais plus en la vie, je voulais en finir, mettre un terme à cette souffrance morale. De toute façon, personne ne m'aimait, personne ne se souciait de moi. J'avais beau pleurer, on ne m'aidait pas. J'étais seul, seul avec ce grand vide dans ma vie, ce grand vide en moi, ce mal-être immense...
Face à la mort
Oui, j'ai vu la mort. J'ai pu scruter ses grands yeux noirs, son regard profond. En tout cas, c'est comme ça que je voyais cette expérience... Non, je n'avais plus peur d'elle. Je l'avais compris, je l'avais ressenti. Je l'avais peut-être ratée de peu, qui sait... Peut-être qu'elle ne voulait pas de moi, oui, elle aussi voulait me faire souffrir...
Bien sûr, je n'ai pas toujours été malheureux. J'ai déjà pu m'amuser. Je voyage énormément et j'ai déjà passé de très bons moments avec ma famille ou des connaissances. Mais j'ai beau partir à plusieurs milliers de kilomètres de chez moi ou aller en boîte, je remarque vite que ma souffrance fait toujours partie de moi...
Aujourd'hui, j'attends
Je vis toujours avec ce grand vide dans ma vie. Plus de tentatives de suicide, non... J'attends. Oui, j'attends qu'il se passe quelque chose, j'attends que quelqu'un vienne. Tout pourrait être si simple...