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Qu'appelle-t-on enfance difficile ?

À 13 ans, je suis devenue une adolescente rebelle. Entre dépression maternelle, placement en foyer et délinquance, j'ai traversé une enfance difficile avant de comprendre l'importance d'une vie saine.

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Le thème de l'enfance difficile est complexe. Chaque enfant traverse sa dose de difficultés, qui surviennent la plupart du temps à l'adolescence. À cet âge, on se croit invincible, puissant, mais surtout plus malin que son entourage. On est convaincu que seul « moi » ou « nous » avons raison, quoiqu'il advienne. C'est principalement là qu'on accumule les erreurs.

Mon histoire : une famille pas comme les autres

Voici comment mon histoire débute. Issue d'une famille « pas comme les autres » — car chaque famille est unique et précieuse — j'ai eu ma part de difficultés. Tout commence à ma naissance : ma mère, âgée d'environ 18 ans, me met au monde à domicile et des complications surviennent. Le médecin annonce que le bébé est trop gros et qu'une césarienne d'urgence est nécessaire. Mais allons à l'essentiel : mon départ pour l'Europe.

Ma mère fut orpheline à l'âge de 6 ans et dut se débrouiller seule pour survivre. À 18 ans, elle m'a mise au monde et, à 19 ans, elle s'est mariée. À environ 26 ans, elle était mère de 6 enfants dont j'étais l'aînée. J'ai dû travailler très dur avec elle afin de subvenir à nos besoins essentiels. Très pieux, nous remettions nos vies entre les mains de Dieu. C'est ainsi qu'un jour, un Européen épousa ma mère, déjà veuve à cette époque — oui, nous avions perdu notre père. Avec ce nouvel inconnu, elle eut encore 4 enfants et je me retrouvai à la tête de 10 frères et sœurs.

L'arrivée en Europe et le mal du pays

Nous sommes tous venus en Europe et c'est après quelques années que ma mère commença à ressentir le mal du pays. Tout avait changé pour elle : plus de points de repère, un bouleversement total. Pour nous, les enfants, ce changement n'altérait pas trop nos vies car nous étions encore petits. À la maison, j'étais comme une seconde maman pour mes frères et sœurs. Puis, à 13 ans, j'ai commencé à me révolter. Je suis devenue pour ma famille une adolescente difficile.

Ma mère, débordée par les travaux de la maison, sombra peu à peu dans la dépression. Son mari ne l'aidait guère et lui menait même la vie dure. Quelques années plus tard, elle se réfugia dans l'alcool. L'autorité parentale lui fut retirée et nous nous retrouvâmes placés dans un foyer où notre éducation se dégradait de jour en jour.

Placement en foyer et descente aux enfers

Ma mère se battit pour nous sortir de ce foyer et nous récupéra au bout de deux ans. Nous fûmes à nouveau réunis, mais le mal était déjà fait. J'étais devenue méconnaissable aux yeux de ma mère. Plus rien ne m'intéressait : je volais à l'étalage, je me battais, je me suis même retrouvée plusieurs fois devant le juge des mineurs. Chaque jour, ma mère recevait des convocations du tribunal.

Elle me supplia de ne plus recommencer et me fit comprendre qu'une vie saine est plus importante que tout le reste, et qu'il fallait se battre pour y parvenir. À 18 ans, j'ai quitté le cocon familial et devins plus sage. Aujourd'hui encore, je me souviens de la vie difficile que j'ai fait subir à ma mère, qui avait alors 10 enfants à charge. Et je lui demande pardon de temps en temps, en réalisant à quel point on peut être bête à l'adolescence.

Un conseil aux jeunes en difficulté

Alors, j'ai un conseil à vous donner : essayez de faire de votre mieux pour faciliter la vie à vos parents. De temps à autre, dites-leur que vous les aimez et qu'ils sont à vos yeux plus précieux que l'or, l'argent ou le diamant.

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alana
alana @alana
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