
Si j'arrivais avec un grand sourire et si je vous disais que j'ai la recette du bonheur, je mentirais et vous me prendriez sûrement pour un de ces témoins de Jéhovah (sans les mules et la toque...). Mais j'ai l'impression que le monde dans lequel nous vivons prône le négatif.
Je n'arrive pas à comprendre comment nous pouvons voir la vie toujours du côté obscur alors que, par définition, la vie est une chance car elle est rare. D'autant plus que notre vie en Occident est bien plus tranquille et confortable que dans certains pays. Je me suis posé des tas de fois cette question lors d'insomnies inattendues... Eh bien je crois que c'est l'ennui. Dans notre société où tout nous est déjà prémâché, pré-vécu, il me semble que notre volonté de vivre se trouve freinée par tous les substituts que l'on peut trouver devant la télé. D'où découle un « lymphatisme sclérosant » !
Si tout est déjà vécu, que me reste-t-il ? La mort. Quelles substances me rapprochent de la mort ? Les drogues, les calmants... Vomir me rapproche de la mort, me mutiler me rapproche de la mort, et tout ceci constitue un univers qui me procure des émotions si fortes que le plaisir intense que je perçois, je ne veux pas l'arrêter. Mais tout ceci nous mène dans une sorte de névrose collective.
Pourquoi choisir la vie et le bonheur plutôt que l'ennui ?
Personnellement, je fumais pour me retrouver dans un système de survie. C'est-à-dire qu'il fallait que je me motive vraiment pour me rassasier. Pour fumer (n'importe quoi, et c'est valable pour l'alcool), il faut trouver de l'argent, se débrouiller ! Mais pourquoi le résultat de tous les efforts que l'on peut faire se retrouve-t-il cantonné à une situation de mal-être ?
Dans une autre conception, qui est la mienne, la vie — et donc le bonheur — est une force majeure pour vivre. Choisir d'innover, de créer, de produire apporte beaucoup plus car ce sont des choses qui s'inscrivent dans la durée. De plus, le fait de choisir — car bien sûr en devenant actif on fabrique pièce par pièce son propre édifice — permet de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Nous devenons bergers (bien sûr l'image peut faire très biblique) mais nous laissons le statut de mouton à d'autres.
Je ne suis pas persuadée que les gens soient plus tristes qu'autrefois, je ne suis pas persuadée que les gens soient plus bêtes aujourd'hui qu'hier. Seulement, à notre époque, la facilité des moyens nous laisse sur le carreau du temps. L'ennui est là.
L'ennui et la quête du bonheur : un exemple concret
Je m'aperçois que ma théorie semble bonne lorsque l'exemple des jeunes de cité est abordé car, dans ce cas, l'ennui est le point majeur. Le choix de la mort est fait car la vie n'apporte rien. La fumette, les paroles violentes... C'est un cliché mais il y a une part de vérité et je sais de quoi je parle puisque je vis en HLM depuis pas mal de temps. Le bonheur est donc bien plus libérateur mais plus difficile à obtenir car il faut se bouger pour l'avoir. Oui, c'est la stricte vérité.
Je mets un certain bémol car les gens qui ont subi un viol, des violences et d'autres choses horribles ont du mal, bien sûr, à entrevoir le bonheur. Pas impossible, faites-moi confiance. Je souhaite de l'amour à tout le monde car tout le monde le mérite et je crois au bonheur collectif.