
Depuis quelque temps, je côtoie de jeunes adolescents qui commencent à entrer dans cette période pas forcément évidente que nous avons tous connue. Le déclic que j'ai eu a été ma petite cousine, âgée de onze ans, bientôt douze, qui m'a dit cette phrase : « J'ai l'impression que ma mère me donne plus de choses à faire, des responsabilités. Je crois qu'elle veut que je grandisse, mais Clémence, ça me fait peur... »
Pourquoi grandir fait-il peur ?
C'est un sentiment d'appréhension. C'est une grande étape parce que l'on quitte l'enfance. D'un côté, c'est tout à fait logique : il est dans notre culture depuis fort longtemps d'avoir peur de ce qui nous est inconnu. Pourtant, parfois, on sait que c'est inévitable. Ici, c'est le cas, on sait qu'un jour on sera « comme papa ou maman » et qu'on ne sera peut-être plus tout à fait nous-mêmes.
Quels sont les changements à l'adolescence ?
Le corps change un peu pour bien marquer cette distinction garçon/fille, on a l'impression de ne plus se sentir soi-même. Et puis, la façon de penser évolue également. À cet âge-là, on comprend que notre physique change parce que c'est le déroulement de la vie. On se demande comment on va pouvoir apprivoiser ces changements et cesser de se poser des questions auxquelles on ne trouve pas de réponses.
Le comportement change aussi en partie à cause de toute cette tension de l'esprit, mais aussi à cause des poussées hormonales dont les adolescents sont submergés par moments, au point qu'ils ne se reconnaissent plus eux-mêmes. Un point qui en inquiète plus d'un, car dans ces phases, nous ne sommes plus celui ou celle « d'avant ».
Comment accepter cette transition ?
Il faut avant tout se dire que l'on reste la même personne malgré tout ça et que l'on avance tous dans la vie à son rythme, différemment les uns des autres. Grandir est variable d'un individu à l'autre. Remarquer que les autres changent est une chose, on se dit qu'on n'est pas seul d'un certain point de vue.
J'ai été en contact avec d'autres jeunes du même âge que ma cousine et j'ai repensé à ma propre adolescence. Je réalise que je repasse moi-même à nouveau dans une période comme celle-ci : je quitte l'adolescence.
Ce que j'ai pu dire à ces jeunes qui m'ont posé certaines questions, c'est que c'était tout à fait normal et que l'on connaît ces phases de transition tout au long de la vie. Qu'il n'était pas inquiétant de se sentir perdu, mais que bien au contraire, il s'agit de l'apprentissage de la vie. Voir ces petits visages qui s'inquiètent et qui redoutent leur avenir m'a rappelé que toute notre vie nous aurons des périodes comme celle qu'ils traversent en ce moment même. J'ai également remarqué que le temps passe vite : six ans se sont déjà écoulés pour moi.
Il ne faut pas laisser passer le temps ni avoir peur de l'avenir.