
Nombre d'immigrés vivent en France, et de cette génération est issue une nouvelle catégorie : les « Français-étrangers ». En France, ils ne sont pas toujours considérés comme de « vrais » Français, alors que dans le pays de leurs parents, ils sont perçus comme des étrangers. Mais quel est donc leur pays ? Rejetés de tous ? Pas tout à fait.
Certains s'intègrent très bien dans la société française, d'autres ont plus de mal. Étant moi-même une fille d'immigrés, j'ai souvent eu droit à des réflexions du genre « rentre dans ton pays » alors que je suis née à Paris — c'est un comble ! Certains renient la nationalité de leurs parents et ne veulent entendre parler que de la France, de la culture française...
Les avantages de la double culture
Le fait d'appartenir à deux pays, deux cultures, présente de grands avantages : connaître la vie dans deux pays différents, avoir la possibilité plus tard de retourner dans le pays des parents... Mes parents ont toujours tenu à m'enseigner la culture de leur pays, leur langue. Je les en remercie car aujourd'hui, cela m'ouvre de nombreuses portes, notamment sur le plan professionnel.
Comment assumer ses origines avec fierté ?
Certains ont honte de la nationalité de leurs parents et cherchent à tout prix à la cacher. Mais pourquoi ? Ils devraient plutôt en être fiers, car leurs parents ont réussi — certains mieux que d'autres — à s'intégrer dans la population française. Il ne faut pas oublier que les étrangers représentent une grande partie de la population française. La France est un melting-pot, une mosaïque de nationalités, de cultures, de religions...
Il existe en France des communautés d'étrangers. Je trouve que c'est un bon moyen de connaître des gens qui sont dans la même situation, c'est-à-dire loin de leur pays et peut-être même de leur famille. J'admire mes parents qui ont laissé famille et amis pour venir en France afin de trouver une vie meilleure.
Je n'ai aucune honte, ni d'eux ni de ma double nationalité. Tout le monde la connaît, je suis même la première à en parler. Mais lorsqu'on la critique devant moi, là je deviens très, très, très méchante. Tout cela pour dire qu'il faut accepter ses racines et ne pas les renier. Il faut être fier de ce que l'on est. On doit d'abord s'accepter soi-même avant que les autres puissent nous accepter.