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Orphelin à 15 ans

À 15 ans, j'ai perdu mon père puis ma mère 4 mois plus tard. Aujourd'hui, je partage mon témoignage pour aider les jeunes orphelins à se reconstruire et à ne pas perdre espoir.

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Salut à tous, je m'appelle Anthony, j'ai 18 ans et voici presque 4 ans maintenant que j'ai eu le malheur de perdre mes parents alors que je n'étais qu'un adolescent en pleine puberté. Comment doit-on réagir face à de telles situations ? Cet article est destiné à tous ceux qui ne pourront plus jamais appeler quelqu'un « maman » ou « papa ».

Témoignage : la perte de mon père

Mes parents étaient divorcés lorsque ça m'est arrivé, donc je ne voyais mon père que les week-ends. Mon père est décédé en premier, en juin 2001.

Lorsque j'ai appris la nouvelle, je venais de recevoir les résultats du brevet des collèges que j'ai obtenu et dont j'aurais voulu montrer à mon père pour qu'il soit fier de moi !

J'étais rentré chez moi avec ma moto, tout content d'avoir vu le mot « admis » près de mon nom sur le panneau d'affichage du bahut. J'ai vu toutes les voitures garées devant ma maison qui étaient à mes tantes, oncles et au reste de la famille. Je me demandais ce qui se passait et lorsque je suis rentré dans la cour, deux de mes oncles étaient debout et m'attendaient pour me dire que c'était fini. Mon père était parti.

Je suis devenu tout blanc et je me sentais dépérir. Quand j'ai franchi la porte d'entrée, je voyais ma mère écroulée sur le canapé et le reste de ma famille qui séchait les larmes. Je suis monté dans ma chambre et j'avais perdu toute conscience, je ne pensais plus à rien, comme un coma mais éveillé.

J'ai longtemps discuté avec ma famille pour savoir ce qui allait se passer par la suite car ma mère avait déjà un cancer et que ce serait une période très dure à passer. Le surlendemain, je suis allé au crématorium où j'ai été ému de voir tant de personnes qui aimaient mon père lui dire au revoir, mais aussi me soutenir, moi et ma mère.

Et là, le moment le plus horrible que j'espérais ne pas vivre : le recueillement à cercueil ouvert ! Mon père était habillé d'un smoking avec une rose sur la poitrine et le visage inexpressif et amaigri. Je ne sentais plus mon corps et je luttais de toutes mes forces pour arrêter de pleurer, mais en vain !

Le décès de ma mère, 4 mois plus tard

Les mois passèrent jusqu'au moment où l'histoire recommença, mais cette fois avec ma mère, la veille de mes 15 ans.

Lundi 9 octobre 2001, au soir, je descends du bus qui me ramenait du lycée et les mêmes voitures étaient encore garées devant chez moi. Mes deux oncles attendaient dans la cour. J'ai tout de suite compris que je n'aurais plus personne pour me punir, me faire la morale, me gâter ou m'apprendre les choses de la vie, car ma mère m'avait quitté à son tour suite à un cancer, 4 mois après mon père dont je n'avais toujours pas fait le deuil.

Je vous laisse imaginer l'état dans lequel j'étais car c'est indescriptible ! Dans le salon, j'ai retrouvé mon demi-frère que je n'avais pas vu depuis son premier tour de mobylette et qui était devenu chef d'entreprise. C'était lui désormais qui devait s'occuper de mon éducation et gérer mon héritage.

Comment se reconstruire après un double deuil

J'ai habité pendant 2 ans chez ma grand-mère où je ne sortais pas beaucoup. Je ne vivais pas mes années lycée comme les autres, mais je devais être forcément plus mature que tous les autres garçons de mon âge.

La vie parfois vous réserve des épreuves horribles, mais il faut noter qu'une fois ces épreuves passées, il ne reste que du bonheur ! Désormais j'ai 18 ans, j'habite avec mon frère dans une belle maison jusqu'à l'année prochaine. Ma terminale se passe bien, j'ai une petite amie superbe, des potes avec qui je peux m'éclater maintenant que j'ai le permis. Mais cela n'empêche tout de même pas que je pense à mes parents tous les jours et que même s'ils ne sont plus là physiquement, ils sont toujours présents dans mon cœur.

Mon message d'espoir aux jeunes orphelins

Je m'adresse à tous les orphelins de France : ne perdez pas contact avec la vie, ne gâchez pas votre jeunesse, n'oubliez pas qu'autour de vous il y a des gens qui vous aiment et qui vous soutiennent ! C'est avec nos échecs et nos peines que nous construisons nos victoires. En l'occurrence, cette victoire sera celle remportée sur notre vie !

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dragon noir
Anthony Studer @dragon noir
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