
Dans la solitude de ces nuits froides, dans l'absence de toute envie, dans ces rêves irréalisables et dans le besoin vital de croire sans abandonner, j'écris pour guérir ce mal qui ronge le ventre, qui fait souffrir malgré son irréalité. D'où vient ce plongeon, cette noyade, ce manque d'oxygène ? Peut-être est-il simplement dû à ce cerveau si interrogatif sur le monde dans lequel on évolue. Rongé petit à petit par la souffrance causée par ces questions qui n'auront jamais de réponse, par le mal-être si facile à faire partir, mais qui néanmoins me fait sentir vivant et non passif comme autrefois. Transparaître grâce au mal, croire que le fait d'être privilégié (car c'est bien ce que l'on est) oblige à vivre en se posant d'innombrables questions, évitant de redevenir l'animal qui n'a qu'un seul besoin : vivre…

Pour être heureux, soyons bêtes…
Je ne me rappelle plus quel auteur a écrit ça, mais je me souviens néanmoins de l'idée générale : pour cet auteur, le fait d'être heureux correspondait à deux points importants : être un imbécile et être bien portant. Me sentant proche de cette idée, oublier ce qui torture le cerveau et avancer simplement les yeux fermés (le noir ne me fait plus peur…) comme tous les autres, faire comme eux pour enfin accéder à ce que l'on recherche tous, le bonheur… Il est vrai que je m'égare souvent, que les chemins que j'ai suivis n'étaient pas forcément les bons, mais cela fait partie des erreurs qu'on essaie d'oublier. On dit de moi (et pour une fois je crois que je suis d'accord avec les autres) que je suis un écorché, que ma sensibilité et les questions qui m'empêchent d'être pleinement heureux arriveront à me briser en mille morceaux comme un cœur après le départ de la personne à laquelle on tient le plus, la personne aimée. Ils ont peut-être raison, mais je ne veux pas changer, je ne veux plus construire cette carapace…
La magie d'une rencontre
Cet article paraît confus, sans idée principale autour de laquelle s'articule une argumentation soutenue, certes, mais c'est tellement représentatif des écorchés : un bordel immense comme celui d'une chambre d'adolescent. Et puis il y a ces rencontres qui vous font comprendre qu'après tout, y croire n'est pas si difficile. J'étais confronté à un réalisme pour ne pas être déçu, déçu par des rêves qui me paraissaient impossibles, mais il y a ces personnes qui vous font comprendre que quand on y croit, tout est possible. Un jour, la magie vient toquer à votre porte et vous ne savez que faire : la laisser vous prendre au risque de retomber de plus haut, ou la laisser là devant la porte, au risque de regretter de ne pas avoir essayé. Pour moi, la magie m'a pris par surprise, je me suis retrouvé à voler grâce à un excellent guide. Aujourd'hui sur un nuage, à regarder évoluer les gens, à toujours me poser des questions, tout paraît néanmoins plus simple, comme si vivre se résumait à ce genre de rencontres dont vous savez qu'elles resteront dans votre mémoire.