
J'ai fait un rêve étrange cette nuit. J'ai rêvé que je me faisais abattre d'une balle dans la tête. Le genre de rêve qui laisse toujours une impression bizarre au réveil, même si on sait que ça n'a pas de sens. En me réveillant, j'ai décidé d'écrire ces quelques lignes : mon testament en quelque sorte, mes dernières volontés, appelez ça comme vous voulez.
Pourquoi j'écris ce testament aujourd'hui
Si la mort décide brutalement de me prendre un jour sans que rien ne m'ait laissé la prévoir, sans que j'aie eu le temps de préparer mon entourage et sans que je ne puisse vous dire quelques derniers mots, je crains de laisser derrière moi des visages tristes, des problèmes administratifs nombreux et des ennuis inutiles.
Pour cette raison, j'espère que si cela devait arriver quelque jour que ce soit, quelqu'un trouverait ce papier sur lequel j'inscris mes dernières volontés.
Mes dernières volontés administratives
Sur un plan administratif, je souhaiterais vivement faire don de mes organes à la médecine. Ce corps n'est plus d'aucune utilité dès lors que je rends l'âme. Autant, donc, s'il ne me sert pas à moi, qu'il puisse encore sauver des vies. Ainsi ma mort est souffle de vie et le monde accomplit sa destinée.
Car vous qui me lisez, n'oubliez jamais cela : toute vie est mort et toute mort est vie. Tel est le secret du yin et du yang. Et cela est bien.
Ce qu'il adviendra de mon corps
Ce qu'il restera de mon corps, incinérez-le, enterrez-le, faites-en ce que vous voulez. Peu m'importe. S'il faut qu'il y ait une tombe, placez-la de préférence dans un lieu agréable, gai, réjouissant et rempli d'énergie. Afin que si un jour quelqu'un souhaitait me rendre hommage, il puisse trouver une force qui l'oriente dans sa vie. Ainsi, rendre visite à mon tas d'os lui permettra au moins d'avoir trouvé un lieu qui le remplira de quiétude.
Mes biens et affaires personnelles
Mes biens ? À mon âge, on n'en a peu puisque tout appartient aux parents. Mais j'aimerais que tous ceux qui ont croisé ma route et m'ont apporté quelque chose puissent, si l'envie leur en prenait, récupérer dans mes affaires quelque chose qui ait pour eux une signification particulière. Tout le reste, si ça ne vous sert à rien, filez-le à des gens qui en auront besoin : ce sera toujours mieux que la poubelle ou le grenier.
Un message à ceux que j'aime
Il ne me reste maintenant plus qu'à m'adresser à vos cœurs, puisque le reste est résolu.
Comme je l'ai dit plus haut, la mort EST la vie. Sans la mort, la vie n'existe plus, n'a plus de sens. Ma vie, aussi courte qu'elle ait été, a été belle, bien remplie. J'ai été heureuse. J'ai été aimée. Et grâce à vous, grâce au soleil, à la pluie, à la nature, aux étoiles et à la nuit, j'ai pu aimer moi aussi. Et j'ai aimé du mieux que j'ai pu.
Ma mort n'est pas une fin. Je vis, j'existe, en vous parce que nos chemins se sont croisés, parce que vous vous souvenez de moi, parce que nous avons partagé des moments magiques, importants, difficiles.
Ne pleurez pas sur moi : quoi que je sois devenue, où que je sois, je ne suis pas malheureuse.
Ne pleurez pas sur vous, car votre vie ne s'arrête pas avec la mienne. Vous, vous avez encore beaucoup à apprendre, à vivre, et je ne souhaite pas que votre chemin s'arrête. Vivez en souvenir de moi. Croyez que la vie a raison, qu'elle est magique et qu'elle peut nous surprendre. Ayez confiance en elle. Ne cessez jamais d'avancer et vivez vos rêves.
Voilà ce que vous pouvez m'offrir.
L'essentiel de mon message
Je crois avoir dit l'essentiel. Si je devais résumer mon message à une seule phrase, si vous ne deviez vous souvenir que d'une chose, s'il y a quelque chose que je regrette de ne pas vous avoir dit de mon vivant, c'est cela :
« Ma dernière volonté est que vous soyez heureux parce que je vous aime. »