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Lifestyle

Mes chevaux, ma vie (1ère partie)

Retrouvez mes souvenirs émouvants avec Princesse, ma première ponette. Une histoire d'amitié et de complicité cheval-cavalière, marquée par le deuil.

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Tout d'abord, j'aimerais vous parler de mon premier poney. À l'époque, je devais avoir 9 ans à tout casser. Ma famille et moi vivions dans une magnifique ferme rénovée par mon père, plantée au milieu de nulle part, entre forêts et prairies. Nous vivions heureux. Cependant, en allant à l'école, ma sœur et moi devions longer les prés et je ne pouvais m'empêcher d'imaginer qu'un jour, un cheval – mon cheval – galoperait dans ces pâtures. Eh oui ! Ma seule et véritable passion dans la vie, ce sont les chevaux. Avec mon maigre bagage de deux ans d'équitation, je ne pouvais pas espérer en avoir un de sitôt. Cette réalité m'attristait. Et pourtant...

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Princesse, ma première ponette

Un jour, me voyant toute tristounette, papa est venu me voir et m'a demandé ce qui n'allait pas. Je lui ai raconté que chaque jour, un manque grandissait au fond de moi et créait un vide, que chaque journée était de plus en plus pénible à cause de cela. J'avais l'impression qu'il éprouvait de la compassion pour moi, il me comprenait. Ensuite, il m'a dit – je m'en souviendrai toujours – : « Je vais voir ce que je peux faire, je vais en parler avec maman et on verra ensemble pour une solution, d'accord ? » Pleine d'espoir, je lui ai répondu : « Oui, merci ! »

Et c'est ainsi que les recherches commencèrent. Tout le monde a mis la main à la patte : quelques-uns épluchaient les petites annonces, d'autres se renseignaient à gauche, à droite. Les recherches furent infructueuses, jusqu'au jour où j'entendis dire dans les allées du centre équestre où je montais qu'une ponette était mise en vente.

Cette ponette du nom de Princesse était très jolie. Cependant, sa spécialité était de faire mordre la poussière à sa cavalière. Je l'ai vue de mes propres yeux : la ponette ruait, se débattait et, au bout de deux minutes à peine, c'était fini pour la fille. Celle-ci sortait de la carrière en pleurant. Bref, on peut comprendre qu'elle veuille se débarrasser d'une ponette rebelle ! Mais bon, il ne faut pas se démonter pour autant. J'ai l'habitude de monter ce genre de chevaux. D'ailleurs, c'est bien simple : tous ceux qu'on m'avait refilés jusqu'alors étaient du genre capricieux, vous voyez ?

Enfin bon, en m'approchant de Princesse, j'avais confiance – certes en mes deux ans d'expérience, mais aussi en elle. Je ne sais pas comment l'expliquer, peut-être grâce à cet œil doux qui m'observait sans émettre la moindre violence. Ensuite, une fois en selle, les premiers pas furent remplis d'appréhension, mais furent vite remplacés par une allure sûre et confortable. Un feeling extraordinaire était passé entre ce petit cheval et moi, un vrai bonheur. Tout le monde était étonné autour de moi. Vous pensez bien : la ponette rebelle, domptée ! C'était véritablement magique !

Je n'ai pas tardé à proclamer : « Je la prends ! » Et je fis bien, car cette petite ponette haute d'1m38 au garrot fut ma meilleure amie et ma compagne de jeu préférée. Je me souviens de ces étés passés en sa compagnie. Je m'amusais à jouer les Indiennes dans les prés, sans selle, un licol comme tout harnachement. Nous faisions des galopades effrénées à travers les hautes herbes, poursuivant tout ce qui passait sous notre nez : oiseaux, vaches, chiens, chats... C'était rigolo comme tout. J'avais vraiment l'impression qu'on s'amusait toutes les deux. Jamais un être humain ne m'avait procuré de telles sensations de bonheur !

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La perte de ma ponette Princesse

Je l'avais enfin, ce cheval tant espéré, tant rêvé. Il se trouvait là, devant moi, et chaque jour était pure satisfaction. Il faut y avoir goûté pour le comprendre, je pense. Mais le bonheur n'empêche pas le malheur : Princesse souffrait en permanence de coliques à répétition. Les coliques sont la première cause de mortalité chez les chevaux.

Un matin, en partant pour l'école, j'eus un mauvais pressentiment. Déjà dans la voiture, je ne fis que regarder à travers la fenêtre et scruter la prairie. Je crus voir une masse sombre sous l'abri, étendue. Mais non, ce n'était pas ce que je craignais, ce devait être mon imagination qui me jouait des tours. Il n'empêche qu'en classe, j'eus une grosse angoisse. Terrible. Je ne voulais qu'une chose : rentrer à la maison et revoir ma Princesse.

Une fois arrivée à la maison, je sortis de la voiture et me précipitai dans la prairie. Un silence anormal prit possession de l'espace. Comment décrire cette atroce appréhension ? Et je la vis, étendue, raide, morte. La fatalité venait de s'abattre sur moi. Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Qu'avais-je fait pour mériter cela ? J'étais affolée, égarée, choquée. C'est à peine si j'eus le courage de rentrer à la maison pour annoncer la lugubre nouvelle.

Lorsque je l'annonçai, personne n'y croyait. Je pleurais toutes les larmes de mon pauvre corps. Et c'est à ce moment précis que je me rendis compte que mon papa pouvait également pleurer. C'était terrible. Je suis retournée auprès de ma Princesse pour lui dire au revoir et merci. Sa joue était encore chaude et son œil doux comme la première fois où l'on s'est rencontrées. C'était le 15 janvier 2000.

Je n'oublierai jamais cette brave ponette qui m'a tout donné, jusqu'à sa vie – que je ne lui ai pas demandée...

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misslilou28
Louise Moreau @misslilou28
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