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Lifestyle

Ma destruction

Un lycéen raconte comment, en une après-midi, l'alcool et le désarroi ont fait basculer sa vie. Une confession brute sur la perte de contrôle et ses conséquences.

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C'était une belle journée de mars. Les terminales fêtaient les cent jours avant le Bac. Je m'étais encore une fois levé en retard... Pourquoi ces retards ? Quand on n'a pas envie de continuer à avancer mais qu'on ne veut pas reculer, on ne peut que ralentir. Ma mère s'était levée en même temps que moi, toute joyeuse en descendant les escaliers. Je suis descendu à mon tour pour lui annoncer que j'étais une nouvelle fois en retard. Ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Elle s'est emportée et m'a formellement interdit de voir ma petite amie. C'est comme si on avait privé un plongeur de sa bouteille d'oxygène... Elle a décidé de m'emmener en cours avant de prendre le travail une demi-heure plus tard.

En arrivant au lycée, je savais déjà que cette journée ne serait pas comme les autres. Les « grands » défilaient tous devant le lycée, tous plus ridicules les uns que les autres... Je fumais ma cigarette, j'avais mal au ventre. Je me suis rendu en salle de devoir pour commencer l'interrogation de SES. Ensuite, je suis allé en TP de SVT. Tout le monde croyait que tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Je suis allé rejoindre des amies à midi. Je n'allais pas fort. Elles ne cessaient de me demander si j'avais besoin de quelque chose. Elles n'étaient au courant de rien. On est allé manger ensemble. En sortant, je suis allé fumer une cigarette dehors puis je leur ai dit que j'allais aller en ville. Je suis donc allé en ville tout seul. Bien décidé à me procurer quelques moments décontractés, j'ai pensé que je pourrais très bien m'alcooliser pour oublier... Le Casino était fermé pour l'occasion. En voulant faire le tour, j'ai croisé un ami, Quentin, qui était assis sur un banc avec deux autres amis, un garçon et une fille. Je leur ai demandé où je pourrais faire quelques courses. Ils m'ont conseillé le Lidl, assez proche et probablement ouvert.

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Une chute sans parachute

Après être passé au Lidl acheter une bouteille de Porto Blanco à 4,99 €, je suis allé me mettre à l'abri des regards dans une petite ruelle. Des gens passaient. Je n'avais jamais vu des gens avoir peur de moi. J'ai bu ma bouteille en même pas une demi-heure. J'ai appelé des gars de ma classe pour leur demander où ils étaient. Ils allaient arriver. J'ai commencé à marcher. Je suis arrivé à un rond-point, ma bouteille à la main. Je me suis assis pour les attendre. J'ai dû m'endormir là pendant un court instant. Quand ils sont arrivés, j'avais totalement perdu le contrôle. J'ai commencé à déraper.

À partir de là, je ne me souviens que de quelques moments. Je me souviens être arrivé au lycée avec une cigarette au bec. Je suis rentré dans le lycée avec. Un des élèves m'a dit quelque chose comme : « T'as pas l'impression que c'est interdit de fumer à l'intérieur ? » et je l'ai envoyé bouler. J'ai dit bonjour à plusieurs personnes que je ne connaissais pas. J'ai brièvement jeté mon portable par terre. Ensuite, je me souviens d'être arrivé dans la salle de cours. Une amie a directement décidé de m'emmener faire un tour dehors et je me suis affalé par terre dans le couloir.

Un mec, Alain, et une femme, tous deux du labo de SVT, sont venus aider mon amie. Je pleurais. Je disais que j'en avais marre qu'on me prenne pour un con... que je voulais aider les autres mais que je m'en prenais plein la gueule en échange. J'ai dit que je ne voulais plus être délégué au C.A., que je voulais démissionner. Je me souviens avoir vu la proviseure dans le couloir à plusieurs reprises. Le trou noir. Je me suis réveillé chez moi à 2 h du matin...

Le bilan : assumer les conséquences

Il est temps d'assumer les conséquences de ses actes. Je serai probablement exclu plusieurs jours du lycée après être passé devant une commission vie scolaire. Cette fois, je ne défendrai pas l'accusé, je serai moi-même l'accusé. Ma grande amie, Mme Rapenne, va se faire un plaisir de me poser des questions aussi tordues les unes que les autres. Je n'aurai pas toujours des réponses à lui fournir. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? Quelle est la cause de tout ça ? Que je n'ai jamais pu la supporter ? Que, comme tous les hommes, il m'arrive de déraper ? Que je ne recommencerai plus ? Je ne sais pas... Quoi qu'il en soit, je ne suis pas au bout de mes souffrances.

Je profite de l'occasion pour remercier ceux qui m'ont aidé ce jour-là et aussi pour m'excuser auprès d'eux. Je sais qu'ils sont là pour moi quand j'ai besoin d'eux, mais il y a des choses que l'on doit affronter seul.

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snake-shit
snake-shit @snake-shit
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