
La dépendance tabagique résulte de l'effet de la nicotine inhalée sur le cerveau. Celle-ci atteint le cerveau en 7 à 10 secondes sous forme de « pics », soit deux fois plus vite que par injection intraveineuse. La cigarette agit ainsi comme une véritable « seringue à nicotine ».
La dépendance physique à la nicotine s'installe plus tardivement et n'affecte pas tous les fumeurs. Le fumeur dépendant ne fume alors plus pour les effets positifs de la nicotine, mais pour éviter la sensation de manque. Ce sevrage se manifeste par de la nervosité, de l'irritabilité, des troubles de la concentration, une humeur dépressive et une pulsion irrésistible à reprendre une cigarette.
Les bénéfices de l'arrêt du tabac sur la santé
Le corps réagit très rapidement à l'arrêt du tabac et les bienfaits ne tardent pas à se faire sentir.
- Après 20 min : la tension artérielle et le rythme cardiaque redeviennent normaux.
- Après 8 heures : la quantité de nicotine et de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié. L'oxygénation des cellules se normalise.
- Après 24 heures : le monoxyde de carbone issu de la fumée est complètement éliminé. Les poumons commencent à évacuer le mucus et les résidus.
- Après 48 heures : le corps ne contient plus de nicotine. L'odorat et le goût s'améliorent.
- Après 72 heures : respirer devient plus facile. Les bronches se relâchent et l'énergie augmente.
- Après 2 à 12 semaines : la circulation sanguine s'améliore nettement.
- Après 3 à 9 mois : les problèmes respiratoires et la toux s'atténuent. La voix s'éclaircit et la capacité pulmonaire augmente de 10 %.
- Après 10 ans : le risque de cancer du poumon est divisé par deux. Le risque de crise cardiaque redevient identique à celui d'une personne n'ayant jamais fumé.
Substituts nicotiniques : comment fonctionnent-ils ?
Les substituts nicotiniques aident à surmonter les symptômes physiques du sevrage tout en modifiant vos habitudes tabagiques. Ils augmentent vos chances d'arrêt définitif et vous permettent de passer plus aisément les premiers jours de sevrage.
Ces produits compensent une partie de la nicotine que votre organisme ne reçoit plus. Vous évitez ainsi la fumée nocive, avec son goudron, son monoxyde de carbone et ses irritants — principales causes de cancers et de maladies cardiovasculaires. Le traitement de substitution double vos chances de succès par rapport à la seule volonté.
Quel substitut nicotinique choisir ?
Il existe une large gamme de substituts nicotiniques : patchs, gommes, pastilles, inhalateurs... Pour maximiser vos chances, choisissez celui qui correspond le mieux à vos habitudes de fumeur. Il est recommandé d'utiliser le même produit durant tout le traitement (généralement 3 mois), puis de diminuer progressivement la dose avant d'y renoncer complètement.
Stratégies efficaces pour éviter la rechute
La meilleure arme contre la rechute est d'identifier les facteurs déclencheurs de l'envie de fumer. Après avoir repéré ces situations à risque (stress, apéritif entre amis, café, trajet en voiture, arrivée au bureau...), vous pourrez mettre en place des « stratégies de résistance » adaptées.
En début de sevrage, le fumeur doit apprendre à gérer plusieurs symptômes :
- Irritabilité et frustration
- Difficultés de concentration
- Agitation
- Humeur dépressive
- Augmentation de l'appétit
Ces symptômes sont plus fréquents chez ceux qui tentent d'arrêter seuls, sans traitement. Un traitement nicotinique bien conduit offre un confort accru dès le début du sevrage.
Après deux à trois mois, la vigilance peut se relâcher. Lors d'une soirée par exemple, la pensée « Je peux en reprendre une » peut resurgir. Attention : cette cigarette unique peut anéantir tous vos efforts.
Pendant toute la première année, restez vigilant. Pour ne pas céder, rappelez-vous régulièrement les bénéfices acquis et les motivations qui vous ont conduit à arrêter.