
Pourquoi le vote blanc devrait compter comme un vote exprimé
Nous avons tous appris lors de nos cours d'éducation civique que s'abstenir « c'est pas bien ». Les électeurs qui ne se retrouvent dans aucune proposition doivent tout de même se déplacer aux urnes pour voter blanc. Or, lors de chaque élection, de nombreux couillons (dont moi quelques fois) se déplacent pour voter blanc, mais ce vote ne sert à rien...
Comment les médias analysent l'abstention
En effet, lors de chaque élection, les journalistes prennent l'antenne des 19h puis cherchent des explications au taux d'abstention qui est forcément le plus haut, ou le plus bas, ou le plus moyen des huit derniers siècles. Enfin, ils trouvent toujours une explication, à grand renfort de graphiques, de camemberts, et d'hypothèses passionnantes comme quoi à la dernière élection du même type, il faisait beau, c'était un week-end de trois jours... Donc les gens se sont plus déplacés, ou moins. Bref, tout ça est primordial.
Le problème du dépouillement à 20h
Puis vient enfin le grand moment, 20h, et là nous avons le résultat tant attendu avec deux chiffres derrière la virgule. On apprend que « Dugland » a fait 52,60 % alors que « Ducon » n'a fait que 47,40 %. Alors notre brave type qui ne se sent ni glandu, ni connard se sent surtout couillonné.
Une proposition concrète pour valoriser le vote blanc
Alors qu'il serait tellement logique qu'on sache — et c'est aussi important que le nombre de voix de chaque candidat — le nombre de votes blancs et donc EXPRIMÉS. On devrait dire : Dugland a eu 42,08 % des votes, Ducon 37,92 % et les votes blancs représentent 20 % (exemple 1).
Le précédent de la présidentielle 2002
Lors de la dernière présidentielle (j'aurais personnellement voté Chirac et n'ai donc pas ressenti de gêne), tout le monde ne s'est pas réveillé chiraquien un matin. Le résultat aurait dû être : Le Pen 20 %, Chirac 25 %, et votes blancs 55 % (exemple 2). Heureusement, les gens n'ont pas pris le risque et ont préféré faire confiance (même sans être complètement d'accord avec lui) à Chirac plutôt que de laisser une avenue au FN.
Comment faire du vote blanc un barrage aux extrêmes
Mais je le répète, le vote blanc devrait compter réellement. Une personne pourrait être élue même sans la majorité absolue (exemple 1) — sinon le système serait bloqué neuf fois sur dix — mais un vote serait invalidé si le score du meilleur candidat représentait moins que le nombre de votes blancs (exemple 2).
Je milite donc (même si ça ne sert à rien) pour que le vote blanc devienne le fameux « vote de mécontentement ». Ce serait le meilleur barrage aux extrémistes, pour lesquels les gens votent pour montrer leur grogne. Au deuxième tour de la présidentielle (si on a bien le Sego-Sarko qu'on nous promet), j'irai une fois de plus voter blanc... Et j'aimerais que mon vote serve à quelque chose.