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Lifestyle

Les tares

Dans le Marais parisien, une jeune femme raconte son amitié ambiguë avec Athanase, un homosexuel charismatique. Un récit intime entre affection impossible et quête identitaire.

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J'aime me promener dans le Marais parisien, c'est une ambiance. Il y a ce côté joyeux qui manque aux autres arrondissements : les bannières multicolores suspendues partout, les hommes qui se tiennent la main, les femmes qui se regardent du coin de l'œil. Autant de détails qui font la vie du quartier.

Pourquoi le quartier du Marais m'intrigue

Les homosexuels sont des gens qui m'intéressent. Ils sont souvent gentils et parfois artistes. Très ouverts d'esprit. Dans le Marais, leurs visages m'intriguent. Ils sont beaux et ils ont, dans leur démarche, ce je-ne-sais-quoi un peu félin qui fait que toute femme normalement constituée se retourne sur leur passage. Pour ne voir finalement que les poches de leur jean tendues par leurs fessiers.

Les homosexuels entretiennent avec elles des rapports spéciaux. Pas de jeux de séduction, ce n'est pas non plus deux filles entre elles ou deux garçons entre eux. Et il y a cette ambiguïté permanente qui pimente la relation.

En cherchant bien, les homosexuels que je connais ont toutes les qualités. Ils sont généreux, leur humour pas douteux fait des ravages, leur décalage fait que... Enfin, ce sont eux, c'est comme un troisième sexe.

Mon amitié singulière avec Athanase

Mon homosexuel à moi, il s'appelle Athanase. Il est grand et a des cheveux courts châtains, un front dégagé qui surplombe ses yeux entre le vert et le brun, un teint bronzé. Il est charmant — comme disent les femmes, il est atrocement charmant — et il peint.

Je passe dans la galerie d'art où il expose dès que j'ai le temps ; je connais ses toiles par cœur, il me les montre toujours avant d'exposer. Il est souvent en train de lire des bédés, les pieds sur un comptoir à gauche, entre le téléphone qui ne sonne jamais quand ce sont les clients et l'écran plasma avec le wallpaper de la seule toile qu'il ait jamais vendue. Et pourtant, Athanase a du talent.

Quand je parle avec lui, je sais que ce que je raconte est intéressant. Quand il m'attend à un bar, je sais déjà qu'il m'a commandé d'avance un Monaco. Quand on se balade bras-dessus bras-dessous, je sais aussi que tout le monde croit que je suis avec lui.

Athanase, c'est comme un homme idéal. Il a le rire communicatif ; évidemment il habite Paris, et comme je vis dans la ville moi aussi, on se voit souvent. Il sait aussi me faire rire.

Mes deux « tares »

Mais j'ai deux tares.

La première, c'est que j'aime Athanase, et la deuxième, c'est que je suis une fille.

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arthemis
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