
Origines et croyances du mouvement rastafari
La Bible demeure le texte de référence du mouvement rastafari — les rastas dénoncent les mots se terminant par « isme », porteurs de schismes. Certains d'entre eux s'identifient aux Juifs. Babylone qui les réduit en esclavage, c'est la société oppressive occidentale ; leur Terre promise, l'Éthiopie, c'est-à-dire l'Afrique.
Le terme Rastafari est une contraction de Ras Tafari Makonnen (Ras : tête, seigneur), titres et nom du prince régent d'Éthiopie, devenu empereur en 1930 sous le nom d'Hailé Sélassié Ier. Les rastas le considèrent comme le messie et 12 000 d'entre eux l'accueillirent avec enthousiasme lors de sa venue en Jamaïque, en avril 1966. D'après le Psaume 68 de la Bible, les rastas appellent Dieu « Jah », dont la consonance évoque également l'exclamation Jaï ! qui ponctue les rites hindous, selon des chercheurs jamaïcains.
Dreadlocks, mode de vie Ital et langage rasta
Être rasta, c'est avant tout respecter une stricte hygiène de vie (Ital), excluant la consommation de viande, de sel, d'alcool et de produits industrialisés. Les rastas ne se coupent ni les cheveux ni la barbe, se référant aux Écritures (Lévitique XXI, 5 ; Nombres VI, 5). Leurs dreadlocks, ces nattes « effrayantes » (dread) évoquant les racines ou la crinière du lion, ont également pu être inspirées par les Sadhus indiens vivant en Jamaïque.
La ganja (le cannabis, autre importation indienne) est utilisée pour méditer ou prier. La Bible est lue quotidiennement. Les cérémonies religieuses, appelées grounations ou nyabinghis, se déroulent au rythme des tambours kette.
Les rastas ont également inventé une sorte d'argot. Comme l'a expliqué Hélène Lee à la rédaction de TF1.fr : « Ils partent du principe que les mots contiennent l'esclavage et la relation sociale qui les défavorise, donc ils changent les mots ». Par exemple, les rastas ne disent pas understand car under (en dessous) implique la soumission, mais overstand. Ils utilisent aussi la locution I and I, qui signifie à la fois je, moi, nous. Construite à partir du pronom « je » anglais, elle est surtout un référent à Sélassié Ier (Selassie I).
Rastafarisme : aller au-delà des préjugés
Il ne faut pas s'en tenir aux clichés, mais connaître réellement l'origine de la personne. On peut être rasta sans avoir de dreadlocks, être blanc et ne pas être jugé comme un « crachou » qui ne se lave pas les cheveux en fumant du cannabis toute la journée. On peut simplement être un croyant d'une autre religion.