
L'enthousiasme : une force indéniable des jeunes
La première force des jeunes est l'enthousiasme. Les répondants ont montré un zèle incroyable en modifiant et en ajoutant à la volée des questions à nos questionnaires et en cochant parfois jusqu'à trois cases au lieu d'une. Ces réactions ont fait chaud au cœur à l'institut de sondage qui a décidé en conséquence de revoir sa politique de recrutement des jeunes : ils envisagent ainsi de mettre en place le système « les 35 heures du jeune ». Ce système est simple et part du principe que le temps du jeune n'est pas le même que celui des autres catégories de personnes de notre société. Après des calculs et quelques rajouts de zéro pour arrondir, il a en effet été prouvé que 35h pour un jeune équivalent à 173,5h pour un non-jeune. Voilà de quoi réjouir les entreprises qui vont pouvoir embaucher du jeune à tour de bras et faire baisser le chômage. Les représentants du patronat ont poussé un « youpi ! » de soulagement suite à cette découverte.
L'anonymat : un statut protecteur pour la jeunesse
La deuxième force des jeunes est l'anonymat. L'acceptation de la condition d'anonyme est très répandue chez le jeune. Le jeune souhaite par cette attitude témoigner de sa solidarité avec les organisations anonymes mondiales telles que « Copines-Mannequin anonymes », « Poivrots anonymes » ou encore « Hommes-Fraise anonymes » (les déguisements involontaires de fraise font actuellement des ravages chez le jeune). En outre, l'anonymat permet au jeune une thérapie rétro-active vis-à-vis de ses velléités de star du show-biz. C'est donc un statut protecteur quasi salvateur qui garantit l'impossibilité d'être un jour invité par Michel Drucker à « Vivement Dimanche ».
La capillarité : symbole de liberté et de non-conformisme
La troisième force du jeune est sa capillarité. Le jeune est par essence capillairement incorrect. La volonté de standardisation des coiffures n'existe pas et le peigne est considéré comme un objet dangereux à éviter. La conséquence est tout naturellement une liberté capillaire qui commence à la racine. Ce côté « roots » est essentiel car le non-conformisme capillaire est avant tout une ode au chaos naturel des racines des cheveux et leur propension à la confusion visible. Les boîtes crâniennes se voient ainsi libérées de toutes contraintes esthétiques extérieures et leur état intérieur tend à adopter la même liberté créatrice.
La motorisation : décupler la mobilité des jeunes
Enfin, la quatrième force du jeune est qu'il est motorisé. Le jeune connaît l'importance de sa mobilité physique dans le monde horizontal et décuple les forces de son moi pour répondre à cette nécessité. La transcription concrète de cette réalité du bitume est une variété de moyens de locomotion sans précédent. Le jeune est prêt à retaper une R12 avec intérieur en castor pour améliorer son efficience dans les trajets nocturnes vers les boîtes de nuit. Certains jeunes ont même avoué avoir mis en place un système parallèle d'importation de Lada 82 récupérées après des crash-tests en Birmanie occidentale.
Conclusion : vers une libération des forces jeunes
Suite à la mise en évidence de ces quatre forces essentielles, il a donc été décidé d'un commun accord avec les jeunes de mettre en place des processus libérateurs. Ces derniers ont ainsi favorisé la généralisation des « 35h jeunes », le respect de l'anonymat et du non-conformisme capillaire ainsi que la volonté de motorisation à outrance de la population jeune avec la remise sur le marché des mobilettes de plus de 20 ans.