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Les aventures de Michelle Ponin (partie 1)

Michelle Ponin, 19 ans, mène une double vie : étudiante en droit à la Sorbonne pour ses parents, elle poursuit en secret son rêve de devenir chanteuse. Un premier épisode plein de rebondissements !

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Partie I

Une jeune fille s'engouffra dans le métro, juste avant que les portes ne se referment. Ses longs cheveux blonds virevoltaient dans tous les sens. Elle rejeta sa nuque en arrière et secoua sa longue crinière.

La demoiselle trouva une place à côté d'un vieil homme. Le papy fut soudain atteint d'un important strabisme. Peut-être étaient-ce ses grands yeux verts qui attiraient le grand-père. Ils n'attiraient pas que le vieil homme, mais toutes les personnes qui se trouvaient dans le compartiment.

La jeune blonde sortit d'un sac à bandoulière un grand classeur jaune. Elle prit une feuille remplie d'une écriture grande et régulière.

Une adolescente d'une quinzaine d'années, verte de jalousie, espérait que c'était une lettre de son mari, ce qui aurait découragé tous les prétendants de cette inconnue d'une si grande beauté.

Malheureusement pour elle, la jeunette ne put que lire les cours de sociologie de sa rivale.

Cette fille, c'est Michelle Ponin. À 19 ans, elle suivait des cours de chant à Paris. L'histoire de Michelle est très compliquée.

Michelle habitait dans le Gers, à la campagne. Ses parents croyaient qu'elle suivait des cours de droit à la Sorbonne. Mais ce n'est pas pour réaliser le rêve de ses parents que Michelle était venue à Paris. Non. Elle espérait réaliser son rêve, le sien. Son rêve parisien, son rêve de strass et de paillettes. Michelle voulait devenir chanteuse. C'est pour cela qu'elle s'était inscrite à un cours de chant qui se déroulait tous les soirs. Évidemment, elle payait ces cours de sa propre poche, mais qu'importe. Du moment que Michelle pouvait y assister, elle serait heureuse.

Elle ne préférait même pas imaginer la tête de ses parents lorsqu'ils apprendraient qu'elle ne désirait pas être avocate, mais chanteuse.

Le quotidien de Michelle à la Sorbonne

Comme tous les matins, elle se rendait à la Sorbonne en métro. Cela ne faisait que deux mois qu'elle habitait Paris, mais elle était déjà habituée à une sorte de train-train quotidien.

Comme d'habitude, elle retrouva Guillaume sur le portail de l'université.

Son ami était grand, avait les cheveux dorés et bouclés. Guillaume n'avait rien de particulier par rapport aux autres garçons de son âge. Seuls quelques boutons sur son front lui rappelaient son adolescence, où les pustules avaient bien bourgeonné sur son visage.

— Hé Schell ! Alors ? Pas trop crevée ?

Schell était le surnom que Guillaume attribuait à Michelle.

Guillaume, un jeune homme de 18 ans, ambitieux et obstiné, était son meilleur ami. Il se trouvait aussi être enjoué et compréhensif. C'est pour ça que Michelle l'aimait bien. Car Michelle ne faisait que « bien l'aimer », et rien d'autre que l'amitié ne liait les deux personnes.

L'ennui des cours de droit

Une heure avant la pause de midi, Michelle se redressa sur sa chaise, mais elle n'arrivait pas à refaire fonctionner son esprit. Elle s'effondra sur le banc et appuya sa tête sur sa main. Non, vraiment, Michelle avait beau avoir une volonté d'acier, la passion des études n'y était pas.

Elle s'ennuyait à mourir et savait que la journée était loin d'être finie. Elle observa les autres élèves assis dans l'amphithéâtre. Ils n'avaient pas l'air beaucoup plus éveillés qu'elle...

Enfin, quand la cloche de la pause déjeuner sonna, elle sentit un peu de courage remonter en elle.

Comme chaque jour, elle alla à la boulangerie du coin afin de s'acheter un sandwich.

— Quand même ! C'est éprouvant de tenir toute une matinée, en train de bosser dur, et sans pause en plus ! s'exclama Guillaume, après avoir mordu une grosse bouchée de son jambon-beurre.

— Surtout pour des vieilles personnes de notre âge ! s'exclama Michelle d'une voix chevrotante, ce qui fit éclater les deux jeunes gens de rire.

— Non mais plus sérieusement, c'est quand même crevant les cours « intensifs », pour un jeune beau et fringant de 18 ans, comme moi, dit Guillaume, le sourire jusqu'aux oreilles.

Michelle fut étonnée :

— 18 ans ? Mais tu as dû sauter une classe alors !

— Oui, répondit Guillaume en pouffant de rire, j'ai sauté ma deuxième année de maternelle parce que je savais écrire mon prénom et découper !

Les deux amis s'assirent sur un banc, non loin de l'université. Près d'eux, une douzaine de pigeons attendaient, en clignant des yeux et en remuant le cou, qu'on leur jette quelques miettes.

Guillaume expliqua à Michelle qu'il était pourtant passionné par ses études et qu'avocat était pour lui comme une vocation, malgré le rythme de vie parfois fatiguant.

Le secret inavouable de Michelle

Michelle devait se mordre la langue pour s'empêcher de lui avouer son secret, son rêve. Elle pensa qu'il valait mieux attendre encore quelques temps avant de tout lui raconter.

Elle aurait tellement aimé pouvoir se confier à quelqu'un, car malheureusement, elle était bien seule pour l'instant. Pas de famille, pas d'amis.

Et puis, qui a dit que Guillaume la croirait ? Son histoire était si incroyable qu'elle hésitait à tout avouer.

De toute façon, elle avait prévu d'attendre encore quelques semaines, puis elle se déciderait à lui dire. Elle trépignait d'impatience en attendant.

Retour dans le quartier de Clichy

Dans le métro, Michelle Ponin faillit louper son arrêt, car elle s'était endormie contre le carreau du wagon, tant elle était épuisée.

En remontant les marches du métro pour atterrir au beau milieu de Clichy, où le soleil brillait encore un peu, elle aperçut Henri, un clochard qu'elle connaissait.

— Bonjour Henri ! Beau temps n'est-ce pas ?

Lui dit-elle en lui lançant la pomme qu'elle n'avait pas mangée à midi. Puis elle continua son chemin. Derrière elle, le vieillard sourit, laissant apparaître un sourire presque complètement édenté et une bonne paire d'aphtes qui se baladaient de ci de là. Puis il regarda fièrement la pomme, sortit un couteau suisse qui avait déjà beaucoup servi de sa poche et se mit à la couper.

Youki, le fidèle compagnon

En rentrant dans son appartement, Michelle vit Youki, son chat, qui attendait à côté de son écuelle vide. Lorsqu'elle ouvrit le réfrigérateur, le chat émit un léger miaulement.

— Mais oui mon Youki ! Schell va te donner du lait !

Youki, elle avait décidé de l'adopter dès le premier jour de son arrivée. Il attendait devant la porte de son immeuble, maigre et l'air affaibli. « Pourquoi ne pas garder ce petit animal ?, s'était-elle dit, en plus je suis toute seule alors un peu de compagnie ne risque vraiment pas de me faire le moindre mal. »

Oui, ce chat tigré gris, qui ne possédait plus que la moitié de son oreille gauche, l'avait vraiment séduite.

Michelle regarda le chat laper énergiquement le lait, puis se mit à ses devoirs.

Elle habitait un petit appartement de 3 pièces, au beau milieu de Clichy. C'était juste ce qu'il lui fallait : une pièce cuisine-salon aux couleurs vives, une salle de bain au carrelage blanc cassé et une chambre à coucher minuscule dont les murs étaient verts, sa couleur préférée.

Assise sur le canapé, un crayon derrière l'oreille, Michelle Ponin avait décidé que même si ce n'était pas son propre choix, elle irait jusqu'au bout de ses études. Si sa carrière de chant ne démarrait pas, elle aurait toujours une autre solution : celle de devenir avocate.

Les cours de chant chez Carmen

Après avoir englouti une pizza venue du congélateur, Michelle traversa deux rues pour arriver devant un bâtiment blanc, massif, de style victorien. Sur son côté poussait du lierre. Une enseigne « Cours Carmen — Chant et Vocalises » se trouvait juste au-dessus de la porte. Michelle entra.

Elle pénétra dans une salle spacieuse, avec quelques fauteuils noirs positionnés de ci de là. Il y avait un parquet de bois et les murs étaient recouverts d'un papier peint blanc aux petites taches violettes.

Quelques photos d'opéras tels que La Bohème ou Madame Butterfly étaient accrochées sur les murs.

— Tiens ! Michelle ! Alors, quoi de neuf ?

Un homme petit et quasiment chauve s'avança vers elle. Il avait une moustache noire et un grain de beauté sur le côté gauche du menton.

Ce soir-là, Mario, tout de noir vêtu, était encore plus joyeux que d'habitude.

— Bonjour Mario ! Comment allez-vous ?

— Bien, bien ma petite, bien. Dépêche-toi, le cours va bientôt commencer.

Mario, c'était le prof. Toujours sympa, et toujours très indulgent. Il aimait l'ordre et qu'on lui obéisse.

Michelle accrocha son manteau aux crochets du mur et se plaça debout, à côté d'Hélène, une amie du chant.

Après une demi-heure de vocalises, les élèves entamèrent Eternal Flame, un morceau que Michelle adorait.

Une annonce qui change tout

À la fin du cours, Mario frappa dans ses mains pour obtenir encore quelques minutes d'attention de ses élèves :

— Écoutez-moi bien. Dimanche, dans deux semaines, nous ferons un concert à la salle Gaubert dans le 8e arrondissement, alors tâchez de répéter un peu chez vous demain. Exceptionnellement, nous aurons cours tous les soirs jusqu'à ce concert. C'est une grosse affaire ! Demain soir, je distribuerai les solos. Bon. Allez. Bonne soirée à tous ! Michelle, je pourrais te voir deux ou trois petites minutes ?

Mario la prit à part, pendant que tous les autres partaient.

— Écoute, je voulais te dire que demain je te donnerai probablement une partie du solo d'Eternal Flame, parce que j'ai remarqué que tu étais assez à l'aise dans ce morceau. En plus, je trouve que tu chantes drôlement bien.

Michelle était sous le choc.

— Ah ! Merci ! Eh bien... Je serais ravie de chanter un petit bout de morceau toute seule.

— Je suis content que tu acceptes. Je te l'ai dit seul à seuls parce que tu es la petite nouvelle... Enfin... Tu comprends bien.

Michelle sortit de la salle. Hélène, qui l'attendait dehors, la vit se diriger vers elle, les yeux ronds comme des billes, les cheveux dressés sur la tête et la bouche grande ouverte.

— Dis donc, tu en as mis du temps ! Qu'est-ce qui se passe ? Il y a un problème ?

— Oui... enfin non ! Je veux dire... Mario m'a annoncé que j'aurais peut-être un solo. Toi, tu en auras un, j'en suis sûre.

Hélène rougit. Cela allait bien avec la couleur de ses cheveux. Hélène était petite et menue. Elle avait un dégradé court, couleur Bordeaux. On aurait pu penser que cette fille serait timide et réservée, mais elle était tout le contraire. De signe astrologique Taureau, Hélène était énergique et volontaire.

En plus, elle avait vraiment du coffre, et le timbre de sa voix changeait vraiment des autres.

— Hélène ! Tu as la plus belle voix que j'aie jamais entendue ! Comment peux-tu dire que tu n'auras pas de partie solo ?

Mais elle ne répondit rien, trop gênée pour dire quelque chose.

Un nouveau départ pour Michelle

De retour chez elle, notre héroïne retrouva Youki, cette fois endormi sur le tapis du salon, qui ronflait comme un bûcheron scie du bois.

Michelle s'installa sur une chaise de la cuisine, attrapa une revue de petites annonces et chercha la page des castings. Non, il ne fallait pas attendre le déluge. Elle voulait participer à des castings, afin de se créer un nom. Cela ne se ferait pas tout seul.

Ce soir-là, il était minuit quand Michelle Ponin s'endormit.

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Coralie L @cocoflower 57
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