Image 1
Lifestyle

Le syndrome du vilain petit canard

Un témoignage poignant sur le syndrome du vilain petit canard : cette jeune fille raconte comment elle grandit dans l'ombre de ses frères et sœurs, invisible au sein de sa propre famille.

As-tu aimé cet article ?

J'ai trois frères et sœurs : une grande sœur, une jumelle et un petit frère. Moi, je suis le vilain petit canard. Pourquoi ? C'est très simple. La grande sœur est l'aînée, la première, la plus belle (soi-disant)... On oublie ses défauts. Ma sœur jumelle et moi avons une maladie génétique, mais elle ne s'exprime que chez elle. Il faut faire attention : mes parents la surprotègent (surtout quand nous étions petites), ils s'occupent beaucoup d'elle, s'inquiètent de ce qu'elle a fait à l'école... On oublie ses défauts. Mon petit frère est le petit dernier, le seul garçon de la famille, le seul petit-fils de mes grands-parents, le portrait craché de son père, bref... Chouchouté. On oublie ses défauts. Et moi dans tout ça ? Je suis quoi ? Aucun « don », aucune « spécialité » tombés du ciel.

Se sentir invisible au sein de sa famille

Toute la famille était focalisée sur mes frères et sœurs. En particulier ma tante, qui ne m'a pas souvent dit ou donné quelque chose de sympa. Pour les autres, c'est tout bête : la grande sœur est sa filleule, la jumelle est sa patiente (elle est infirmière) qui a souvent besoin de ses conseils avisés et le petit frère... Ben c'est le petit frère, le seul garçon de la famille...

Grandir dans l'ombre de ses frères et sœurs

En grandissant, j'ai voulu me faire remarquer, me faire voir, être aimée au même titre que les autres. J'ai sauté deux classes. Largement suffisant en théorie pour trouver ma place dans la famille. Il n'en fut rien. J'ai donc adopté un plan de secours : je me suis refermée sur moi-même. Alors que ma jumelle s'habillait de plus en plus voyant, passant par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel (salopette orange fluo, collants rayés multicolores, valise et sac Eastpak jaune fluo, pulls dans ces tons...), je me fondais dans le décor. Je porte des jeans, beaucoup de jeans, et des pulls gris, blancs, noirs, tous ces tons que tout le monde porte. Je ne suis plus qu'une ombre. Et j'en ai marre d'être le vilain petit canard. Je le crie au monde entier.

Conflit familial : une prise de conscience tardive

Je suis désormais en conflit avec mes parents, ma famille. Je veux leur ouvrir les yeux, mais c'est trop tard. Ils ont beau comprendre, on ne revient pas en arrière. J'ai été toute mon enfance le vilain petit canard de la famille et même s'ils veulent changer quelque chose maintenant, il est trop tard. L'injustice et la frustration que j'ai accumulées dans mon cœur éclatent au grand jour. Ils veulent comprendre, mais ce qu'ils ne peuvent réaliser, c'est qu'il aurait fallu comprendre il y a quatorze ans, et non maintenant. C'est trop tard... c'est trop tard... c'est trop tard... Et même si mes parents veulent, à partir de maintenant, rétablir la justice, l'entourage ne comprendra pas laquelle. Ils ont été habitués à ces traitements de faveur et n'ont pas vu ma révolte. Ils n'en auront juste que le compte rendu, insuffisant à leurs yeux pour changer quelque chose.

L'espoir de devenir un cygne

Il ne me reste qu'une chose à leur dire : j'ai vécu ma vie jusqu'à présent en vilain petit canard, mais souvenez-vous de l'histoire. Après s'être brouillé avec ses « parents » canards, le vilain petit canard erre tout seul, désespéré, dans l'hiver. Mais quand arrive le printemps, il est devenu le plus beau de tous les oiseaux. Moi aussi, je deviendrai un bel oiseau, et alors seulement, ils se rendront compte de ma valeur. Mais ce sera trop tard, trop tard.

As-tu aimé cet article ?
nady2
nady2 @nady2
3 articles 0 abonnés

Commentaires (4)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires