
Même à force de Carpe Diem ou de grande philosophie sur la vie, pourquoi le genre humain n'arrive-t-il pas à vivre pleinement chacun de ses jours sans avoir le remords de ne pas avoir pu faire tellement d'autres choses qui l'auraient comblé ?
L'emprise de l'entourage sur nos choix de vie
L'entourage, le nid douillet qu'elle s'est constitué, tous ces gens qu'elle adore et dont elle est tellement fière d'être l'amie... Comment réagiraient ces mêmes individus si, du jour au lendemain, elle changeait de vie ? Ne serait-ce que ses parents qui ont tant fait pour elle : elle se sent redevable envers ces êtres chers à ses yeux. C'est eux qui lui ont appris où était la limite du bien et du mal, où était celle du raisonnable et de l'inconscient... Mais y a-t-il une limite ? Elle se pose souvent la question. Elle aimerait la franchir, se moquant de tout pour ressentir la liberté en elle. Les décevrait-elle si, du jour au lendemain, elle arrêtait ses études et s'installait à l'autre bout du monde ? Elle a besoin de soutien, de savoir qu'elle est importante aux yeux de quelques personnes, de savoir qu'eux aussi ont besoin d'elle. Perdrait-elle tout ça ? Arriverait-elle à se reconstruire ailleurs ?
Une société qui brime notre liberté
La société n'est pas faite pour l'épanouissement de ses citoyens. Tout est trop cher, ou alors illégal. Le cerveau humain se borne bien trop souvent à des limites qu'il pourrait dépasser aisément. Mais les gens qui gouvernent l'ensemble de nos faits et gestes ne sont pas à la hauteur de la capacité d'une personne à être ouverte à un nombre considérable d'idées. Pourquoi ? Tout simplement parce que les bonnes personnes ont d'autres choses à faire que de se présenter en costume tous les jours avec une mallette à la main, un sourire hypocrite greffé sur leur visage terne accueillant des yeux vides. On ne se sent donc pas libre de faire et de dire ce qu'on veut, ressent ou envisage...

La quête de sensations fortes au quotidien
On peut penser que ne serait-ce que se lever le matin, prendre l'air, voir ses amis et faire toutes ces petites choses qui en deviennent banales peuvent rendre une journée intéressante. Beaucoup de gens se couchent en se disant ne pas avoir perdu leur temps. Mais parfois, elle se dit qu'elle a envie de sensations, de se sentir frissonner, d'entendre son cœur battre à toute vitesse, d'éprouver juste quelque chose de nouveau ou d'exaltant, de se sentir vivre. Mais une fois que la matinée est amorcée, on ne pense plus à toutes ces choses. On passe l'après-midi, las, et quand vient le soir, la culpabilité nous prend les tripes... Et si le temps devait s'arrêter demain, elle se demande souvent si elle n'aurait pas regretté de ne pas avoir agi, de ne pas avoir fait ce qui lui faisait peur, de ne pas lui avoir dit tant elle le méprisait, ou tant elle l'aimait.
Le sentiment de vide existentiel
Aucune solution ne s'offre à nous pour ces fameux moments de la vie où on se sent vide, petit et inutile face aux millions de personnes qui vivent autour de nous. On perd la motivation, l'envie. Et on espère que tout se fera naturellement, sans qu'on ait besoin de prévoir. Cela fait-il d'elle quelqu'un de blasé ?