
Le "CPE" (Contrat Première Embauche) suscite beaucoup de débats entre les jeunes et le gouvernement. En effet, après la déclaration de Monsieur Dominique de Villepin, le 16 janvier 2006, sur une éventuelle adoption d'un contrat permettant selon lui de réduire le chômage chez les jeunes, les syndicats, les partis de gauche et les groupes de jeunes essaient de faire entendre leur voix pour s'opposer au vote de ce contrat. Pourtant, face à une majorité de députés et à l'utilisation de l'article 49.3 sur l'égalité des chances par le Premier Ministre, ce projet de loi a été finalement accepté à l'Assemblée Nationale ainsi qu'au Sénat. Beaucoup ont donc tenté de manifester pour le retrait du CPE, mais le gouvernement fait face et garantit que le CPE sera mis en vigueur dans les semaines à venir. Cependant, une chose importante semble échapper à ces manifestants : ce contrat contient des garanties permettant d'offrir une certaine qualité de vie.
Les garanties proposées par le CPE
Il est vrai que le CPE met en évidence des garanties que nous ne pouvons pas oublier, d'autant qu'elles sont favorables pour le salarié. Certes, ce contrat ne dure que 2 ans et le jeune engagé peut être licencié sans motif. Mais n'est-ce pas déjà bien d'avoir travaillé pendant deux ans tout en étant rémunéré et d'avoir une chance d'être embauché en CDI ?
La plus grande garantie que le Contrat Première Embauche assure est d'essayer de réduire la précarité de l'emploi chez les jeunes de 26 ans et moins qui enchaînent les stages, les CDD et les emplois d'intérim. Pour le gouvernement, tous ces jeunes doivent avoir un emploi stable et bien rémunéré.
Le CPE englobe des garanties qui font toute sa spécificité. Examinons-les une par une :
- Une garantie de rémunération : en aucun cas les rémunérations ne pourront être inférieures au régime commun des salariés.
- Un droit à la formation individuel ouvert dès la fin du premier mois, alors que dans les autres contrats il ne s'ouvre qu'au bout d'un an.
- Une protection en cas de licenciement : en cas de rupture du CPE après 4 mois, une allocation forfaitaire de 490€ sera versée par l'État pendant 2 mois.
- Tous les stages et CDD dans l'entreprise sont décomptés de la période de consolidation de 2 ans nécessaire pour obtenir un passage au CDI.
- L'accès au logement avec "Locapass" dont les possibilités sont élargies lorsqu'un jeune veut louer un appartement.
- Les banques ont décidé que les CPE seront considérés comme des CDI en cas de demande de crédit.
Voici donc les principales garanties offertes par le CPE.
Pourquoi des conflits autour du CPE ?
Les principaux acteurs du mouvement "stop au CPE" sont les partis de gauche qui insistent sur le fait que le Contrat Première Embauche est source de précarité de l'emploi, car il ne garantit pas automatiquement la conversion du CPE en CDI. Pourtant, la droite au pouvoir ne reste pas sans réponse face aux accusations portées contre le CPE. Elle affirme que ce contrat permettra, à long terme, de réduire la précarité de l'emploi et donc le chômage chez les jeunes. Elle contre-attaque en évoquant les anciens "emplois jeunes" du gouvernement Jospin et leur soi-disant utilité sociale.
C'est pourquoi, sans projet de dialogue sérieux entre les deux partis qui s'opposent sur l'utilité des CPE, il existera toujours des conflits moraux et physiques.
Conclusion : quelle issue pour le CPE ?
Au fur et à mesure que le temps avance, les conflits s'apaiseront-ils grâce à un dialogue favorisant les échanges ? Ou cette situation continuera-t-elle de stagner et d'obliger les étudiants à descendre dans les rues, même pendant les périodes d'examens ? Seul l'avenir nous le dira.