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Lifestyle

Le cannabis et mon histoire

À 15 ans, j'ai découvert le cannabis. Ce qui devait être « juste pour essayer » est devenu une dépendance qui a failli détruire ma vie scolaire et familiale. Voici mon histoire vraie et mon sevrage.

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J'ai découvert cette soi-disant merveille à 15 ans « grâce » à mon ex-petit ami. Il avait 3 ans de plus que moi et donc un peu plus d'expérience. Bref, un jour, pour la première fois, il me propose de goûter la chose en question. On était en été, dans une cave. J'ai accepté et on a fumé. J'ai tiré 3-4 taffes et je me suis sentie subitement étrange. Je trouvais que dans la cave, ça sentait le gazon tondu ! J'ai très vite eu du mal à me tenir correctement : j'étais de travers et je glissais contre le mur ! Ensuite, j'ai eu l'impression d'étouffer. Il fallait que je prenne l'air, donc on est sortis de la cave pour aller marcher un peu dans un parc public. On avait des gâteaux et de l'eau. J'en ai pris sur les conseils de mon ex, et là... c'est le drame ! Les gâteaux se sont collés à mon palais à cause de la bouche sèche et j'ai avalé l'eau de travers ! À partir de ce moment-là, tout est devenu confus. J'avais l'impression de voir comme dans un manga : des images d'action qui ne sont qu'une masse de couleurs. Je ne tenais plus sur mes pieds. Il m'a ramenée chez moi et, sur le trajet, j'ai vomi partout ! Une fois dans le salon, je me suis affalée dans le canapé devant la télé. Je ne comprenais rien du tout ! Lagaffe était surexcité et son costume rose flashi n'arrangeait rien à mon mal de crâne. Quant au bonhomme bleu... je ne me souviens même plus ! Sur le coup, je n'ai même pas pu avoir la présence d'esprit de changer de chaîne !

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Première expérience : on se dit toujours « non, pas moi »

Toujours est-il qu'après cette journée, je me suis dit que je ne recommencerais jamais. C'était trop horrible ! Et pourtant... Environ un mois après, j'ai retenté (toujours avec lui, cette affreuse créature !) et là, c'est passé comme une lettre à la poste. On s'est bien marrés. Puis on s'est mis à fumer presque tous les week-ends, histoire de passer des après-midi délirantes. C'était un petit peu magique : on parlait de tout et de rien, on trouvait des formes bizarres à tout ce qu'on voyait, on « trippait » sur les canards du parc public...

Comment je suis devenue dépendante du cannabis

Un beau jour, je me suis dit que j'en avais marre d'attendre après lui pour fumer. Alors j'ai commencé à acheter moi-même. Pas grand-chose : un 10 balles pour une semaine... Et c'est là que tout a dérapé ! Quand il est parti faire ses études dans une autre ville, je me suis mise à fumer beaucoup plus. À 17 ans, j'étais — sans le savoir — devenue dépendante (et c'est faux quand on dit que ça ne rend pas dépendant) de cette merde. J'étais à l'époque à ma deuxième seconde au lycée et tous mes amis là-bas fumaient. Mon petit 10 balles pour une semaine est vite devenu un 10 balles pour deux jours... Je ne faisais presque plus rien en cours. Quand je sortais la journée, je ne sortais qu'avec des gens qui fumaient (je dis bien QUAND je sortais). Mes factures de téléphone dépassaient complètement le budget que mes parents me fixaient. Je ne leur parlais quasiment plus et avec ma sœur, ça n'a jamais été pire. Je préférais la nuit parce que je m'enfermais dans ma chambre, je fumais et on me foutait la paix...

L'année de tous les dangers en Première

Puis, à la rentrée d'après, en Première, ce fut la pire année... scolairement et pour le reste ! Dans cette année, je fis la connaissance de Bruno, un gars de ma classe (qui maintenant a viré sur des trucs plus forts : ecstasy, piqûres... et il s'est fait virer du bahut et de chez lui). Très sympa, mais... qui a tendance à entraîner les autres sur la mauvaise pente. Avec lui, tu fumais autant, à toutes les heures possibles : avant les cours, après les cours, avant les interros, pendant les pauses... Et en plus, il faisait des trucs bien gros, de bonne qualité et pour presque rien, alors c'était le paradis (enfin si on veut...). D'ailleurs une fois, je suis arrivée totalement raide en anglais. La prof a grillé et m'a envoyée au tableau pour faire un résumé du cours. J'avais rien réussi à suivre, mais heureusement je connaissais le thème, donc je m'en suis bien tirée... Quelques jours après, j'ai quitté le connard qui me servait de mec depuis plus de trois ans. Mais bon, ça c'est tant mieux !

Quand tout s'effondre : l'impact sur ma vie

Au fil des jours, j'étais de pire en pire. Plus de sourire pour personne et, dans l'hôtellerie-restauration, je peux vous dire que ça craint ! J'étais repliée sur moi-même sans en avoir conscience. Et sans en avoir conscience, j'avais peur de mes camarades de classe, des profs et des clients. J'avais juste le sourire pour mes potes que je voyais tous les soirs et avec qui on se pétaient la tête jusqu'à 2 ou 3 heures du matin (mais bon, avec eux c'était de bons moments) pour me lever à 6h30. Je n'ouvrais plus mes cahiers. Je savais même pas ce que j'avais à faire pour le lendemain et ça m'était bien égal. Ma chambre était devenue une porcherie. Le matin, je mettais ce qui me tombait sous la main, je faisais une petite toilette et je fumais. Bien sûr, j'arrivais tous les jours en retard au bahut...

Le déclic : divorce des parents et échec scolaire

Et enfin, le truc qui tue : mes parents ont divorcé en hiver. Là, ce fut LA goutte d'eau qui fit déborder le vase ! Je suis partie habiter avec mon père. Dans ma chambre, il y avait un balcon qui donnait sur la rue. C'est là que tous les soirs, après mes virées nocturnes, je fumais mon dernier joint avant de me coucher. Bien que personne n'était au courant, le dialogue familial était réduit à néant. Je me comportais bizarrement : je ne traînais pratiquement qu'avec des mecs et je me comportais un peu comme eux, mais tout en revendiquant que j'étais une fille. À part ces amis-là, j'avais une trouille phénoménale de la gente masculine qui me regardait avec séduction. Et enfin, je me suis mise à sécher les cours et j'ai raté mes épreuves du bac français...

Ma reconstruction et mon sevrage du cannabis

Peu de temps après, vers la fin de l'année scolaire, j'ai rencontré la personne avec qui je suis actuellement. Vu qu'il ne fumait pas et que j'avais vu comment un couple qui fume pouvait finir, ça m'a fait réagir. J'ai parlé de mon mal-être quotidien — qui provenait pour les 3/4 du bédo — à mon meilleur ami, qui m'a conseillé d'aller voir une cellule psychologique. Il m'a même accompagnée ! Après une bonne remise en question et avec énormément de volonté pour sortir du calvaire, on en fait des miracles ! Tant et si bien qu'à la fin de l'été, je ne fumais plus qu'occasionnellement — sauf une petite recrudescence au décès de mon grand-père, mais rien de catastrophique.

À la rentrée, j'ai décidé de ne pas reprendre les cours (oui, c'est pas très fin, mais bon ça m'a fait du bien), mais de travailler « pour de vrai ». J'ai fait un CDD d'un mois qui s'est très bien passé. Bon, après je n'ai plus trouvé d'emploi, mais ce n'est pas faute d'avoir cherché !

Au jour d'aujourd'hui (le 08/06/06), ça fait plus de huit mois que je n'ai pas fumé et j'en suis très fière (et je suis toujours avec la même personne), même si des fois ça me manque un peu. Je compte reprendre les études à la rentrée prochaine ou faire un contrat d'avenir que la CAF me propose. Après, advienne que pourra...

Le message que je veux transmettre

Bah oui, faut quand même faire profiter les autres de ses expériences ! Pour ceux ou celles qui se croient assez forts pour ne pas devenir « accros », je lance ceci : à moins que vous n'arrêtiez maintenant, méfiez-vous. Le shit, c'est traître. Ça vous poignarde dans le dos sans que vous vous en rendiez compte. C'est pourri et ça ne fait que vous faire perdre du temps. Faites-moi plaisir : ne vous y intéressez jamais !

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misa72
misa72 @misa72
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