
Témoignage d'une personne bègue
J'ai 15 ans et depuis l'âge de 3 ans, je bégaye. Comme vous pourrez le lire ci-dessous, 1 fille pour 3 garçons est bègue : j'ai vraiment pas eu de chance...
Ma vie n'a pas été facile jusqu'à maintenant. J'ai supporté les rires, la gêne et l'indifférence des gens qui m'entouraient, et ça continue encore, mais heureusement moins qu'avant. Le pire, c'étaient les moqueries : les enfants, surtout en primaire, sont très méchants et ne se rendent pas compte du mal qu'ils font. Je connais quelqu'un qui bégaye et, tellement il avait peur de la réaction des autres, il ne parlait à personne, même pas aux instituteurs. Il ne parlait qu'à son meilleur ami, à moi et à ses parents. Heureusement, maintenant il parle plus, mais il bégaye toujours et ça lui pourrit la vie autant qu'à moi.
Je vais chez une orthophoniste toutes les semaines et, avec des exercices de relaxation, ça va de mieux en mieux.
Si un jour vous rencontrez une personne bègue, essayez de l'aider en finissant ses phrases ou juste un mot : elle vous en sera reconnaissante.
À quel âge apparaît le bégaiement ?
Le bégaiement, trouble de la communication, apparaît :
- Parfois très précocement, dès 2 ans et demi, et le plus souvent vers 3-4 ans
- Parfois vers 6 ans, à l'entrée au CP, ou même vers 10-11 ans
- L'apparition peut être brutale ou progressive
- Dans 3 cas sur 4, il disparaît sans laisser de trace vers 5-6 ans, mais...
- Attention : si l'on n'intervient pas précocement, le 4ᵉ enfant restera bègue et aucun moyen ne permet de savoir lequel
- Or, une attitude adéquate vis-à-vis des accidents de parole de l'enfant suffit, dans la plupart des cas, à faire disparaître le bégaiement
- La parole normale présente, surtout au moment de son apprentissage, des hésitations, des répétitions de syllabes, des pauses plus ou moins prolongées
Comment reconnaître le bégaiement chez un enfant ?
Toutefois, si l'enfant que vous gardez présente :
- Des répétitions fréquentes de syllabes, ou...
- Des blocages sur un mot ou une syllabe, ou...
- Des prolongations de sons démesurés, ou...
- Des inhibitions (pause, attitude figée), ou...
- Des mots d'appui (utilisation de petits mots sans rapport avec le sens de la phrase), ou...
- Un évitement du regard quand il s'exprime
- Mais surtout, qu'il vous donne l'impression de lutter contre les mots, avec des manifestations d'effort telles que crispations du visage, de la mâchoire, du cou, froncement de sourcils au moment où il s'exprime
Alors, c'est certain : il est dans le bégaiement.
Comment aider une personne bègue : les bonnes attitudes
Ce qu'il faut éviter
Évitez toute demande d'effort de parole. Ne dites jamais : « Arrête de bégayer comme ça ! » ou « Redis-moi ça sans bégayer s'il te plaît ! » Pas d'appel à la volonté ni de « gentilles » moqueries.
Le bégaiement s'aggrave et se fixe à l'occasion des efforts que l'enfant fait pour éviter les bégayages ou pour passer en force en dépit d'eux.
Évitez l'attitude des conseils. Ne dites pas : « Parle moins vite ! Calme-toi ! Respire ! Prends ton temps ! Pense à ta phrase ! »
En lui demandant de s'occuper de sa parole au moment de s'en servir, on l'empêche d'accéder à une communication naturelle.
Évitez enfin l'attitude de fausse indifférence qui consiste à ignorer le bégaiement et à faire comme s'il n'existait pas, ce qui oriente l'enfant vers une parole oublieuse de l'interlocuteur.
Les gestes qui aident vraiment
Conduisez-vous comme un interlocuteur actif, à l'écoute de ce que l'enfant veut dire. Pour cela :
- N'hésitez pas à proposer à l'enfant un mot pour le mot qui accroche ou une fin pour sa phrase
- Posez-lui des questions sur ce que vous pensez qu'il veut dire... et proposez sans hâte, mais sans délai, des réponses possibles
- Et surtout, n'hésitez pas à parler avec lui de son bégaiement
Pour plus d'infos : http://www.begaiement.org