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Lifestyle

La séparation (2)

Un témoignage bouleversant sur la violence familiale. Quand un père violent refait surface, une jeune fille doit affronter une vérité douloureuse et le deuil du parent qu'elle aimait.

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Si vous n'avez pas lu « La séparation », voici le lien : http://www.france-jeunes.net/lire-la-separation-22079.htm

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Je n'aurais jamais cru avoir assez de force pour écrire ce texte. Le premier avait été écrit sous le coup de la colère, et je croyais que cette partie de ma vie n'allait être qu'une passe difficile qui passerait avec le temps, et qui allait s'effacer de ma mémoire pour ne former qu'une mésaventure d'un soir. Alors je lui ai pardonné. Mais seulement voilà, je me trompais. Mon père, car cette fois-ci je ne veux aucun sous-entendu, c'est plus facile à accepter, à recommencer. Il s'est mis dans cette colère rouge, qui lui a fait faire des choses horribles. Et au moment où il a frappé ma mère, toutes mes vieilles cicatrices, mes vieux souvenirs, mon père frappant, égorgeant, frappant encore ma mère, s'ouvrirent et je voyais soudain ce que je n'avais pas voulu voir pendant toutes ces années, quand j'étais trop jeune pour comprendre, trop jeune pour en vouloir à un père qui m'avait tant donné, qui m'avait tant apporté de choses autres que les biens matériels, j'ai vu un père violent.

Ma mère, la dernière fois, n'avait pas voulu divorcer, et je crois que je n'aurais pas pu accepter à cette époque le fait que s'ils divorçaient, ma vie ne serait pas aussi belle et joyeuse qu'elle l'était en sa présence. Mais maintenant je suis assez vieille et je comprends qu'ils doivent divorcer, et que, certes, je n'aurais pas une vie aussi facile et belle, mais que je la préférerais sûrement aux cris et aux larmes qu'il engendrait et qu'il engendrera. J'ai aussi compris que ses crises n'étaient pas des événements isolés, qu'ils étaient tous liés et qu'ils continueraient à arriver. J'écris ce texte, les larmes coulant sur mes joues, pleurant ce père que je ne peux pas pardonner, cette sœur plus jeune qui a réussi à lui pardonner et cette mère qui n'a pas été assez courageuse pour porter ses responsabilités, tellement que j'ai dû le faire à sa place. Je ne suis pas là pour raconter ma vie, je sais que c'est ce que je suis un peu en train de faire, mais je suis plus là pour exprimer ce que je ne peux exprimer à mon entourage, car je sais qu'il ne comprendrait pas.

Mes amis diraient : non ils ne divorceront pas, ça va mieux aller, il était juste en colère, il n'a pas dû le faire exprès, tu dois exagérer. Allez-y, dites que je suis folle tant que vous y êtes. Mon père est violent, point ! Je ne peux lui pardonner, car à chaque fois que je le vois, gentil, comme celui que j'aime, l'homme doux qui m'offrirait la lune, je revois celui qui me fait peur, et je me dis que ces deux personnages sont la même personne, qu'ils ne forment qu'un. Alors, je n'ai plus faim, je n'ai plus soif, je n'ai plus sommeil, je n'ai plus envie de rire, plus envie de sourire. Mais je me dois de manger, je me dois de faire comme d'habitude, pour qu'on me laisse tranquille. Sauf que je me tape des colères monstres, je crie pour un oui ou pour un non. Et à ce moment je me dis que finalement je suis comme lui, un être violent, une ordure, alors je pleure toute seule dans ma chambre. Je n'ai pas faim, pas soif, pas sommeil... J'aimerais mourir pour ne plus avoir à affronter la vérité qui me fait tellement mal, tellement souffrir ! J'ai peur et j'aimerais mourir...

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rizou
rizou @rizou
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