Si vous n'avez pas lu « La séparation », voici le lien : http://www.france-jeunes.net/lire-la-separation-22079.htm

Ma mère, la dernière fois, n'avait pas voulu divorcer, et je crois que je n'aurais pas pu accepter à cette époque le fait que s'ils divorçaient, ma vie ne serait pas aussi belle et joyeuse qu'elle l'était en sa présence. Mais maintenant je suis assez vieille et je comprends qu'ils doivent divorcer, et que, certes, je n'aurais pas une vie aussi facile et belle, mais que je la préférerais sûrement aux cris et aux larmes qu'il engendrait et qu'il engendrera. J'ai aussi compris que ses crises n'étaient pas des événements isolés, qu'ils étaient tous liés et qu'ils continueraient à arriver. J'écris ce texte, les larmes coulant sur mes joues, pleurant ce père que je ne peux pas pardonner, cette sœur plus jeune qui a réussi à lui pardonner et cette mère qui n'a pas été assez courageuse pour porter ses responsabilités, tellement que j'ai dû le faire à sa place. Je ne suis pas là pour raconter ma vie, je sais que c'est ce que je suis un peu en train de faire, mais je suis plus là pour exprimer ce que je ne peux exprimer à mon entourage, car je sais qu'il ne comprendrait pas.
Mes amis diraient : non ils ne divorceront pas, ça va mieux aller, il était juste en colère, il n'a pas dû le faire exprès, tu dois exagérer. Allez-y, dites que je suis folle tant que vous y êtes. Mon père est violent, point ! Je ne peux lui pardonner, car à chaque fois que je le vois, gentil, comme celui que j'aime, l'homme doux qui m'offrirait la lune, je revois celui qui me fait peur, et je me dis que ces deux personnages sont la même personne, qu'ils ne forment qu'un. Alors, je n'ai plus faim, je n'ai plus soif, je n'ai plus sommeil, je n'ai plus envie de rire, plus envie de sourire. Mais je me dois de manger, je me dois de faire comme d'habitude, pour qu'on me laisse tranquille. Sauf que je me tape des colères monstres, je crie pour un oui ou pour un non. Et à ce moment je me dis que finalement je suis comme lui, un être violent, une ordure, alors je pleure toute seule dans ma chambre. Je n'ai pas faim, pas soif, pas sommeil... J'aimerais mourir pour ne plus avoir à affronter la vérité qui me fait tellement mal, tellement souffrir ! J'ai peur et j'aimerais mourir...