Image 1
Lifestyle

La prépa, une voie difficile mais gratifiante

La classe prépa scientifique est exigeante mais ouvre les portes des meilleures écoles d'ingénieurs. Découvrez les filières, le quotidien et nos conseils pour réussir.

As-tu aimé cet article ?

Qu'est-ce que la classe préparatoire aux grandes écoles ?

La Classe Préparatoire aux Grandes Écoles ou CPGE est une formation spécifique au système éductif français. Elle dure deux ou trois ans en cas de redoublement de la seconde année. Personnellement élève en deuxième année de classe préparatoire scientifique, je me limiterai donc à ce type de CPGE (sachant tout de même qu'il existe aussi des prépas HEC, c'est-à-dire économie, des prépas de biologie et des prépas en lettres pour les plus littéraires d'entre vous).

Le rôle d'une prépa est par définition de préparer les nouveaux bacheliers aux concours d'entrée des écoles d'ingénieurs (bien que ces dernières soient accessibles par le biais de l'Université).

Pourquoi choisir la prépa après le bac ?

Différentes possibilités s'offrent à vous, heureux futurs bacheliers scientifiques : l'IUT, la fac, le boulot (pourquoi pas ?) et la CPGE !

Je dirais que la fac est une excellente voie pour qui est sûr de savoir ce qu'il veut faire, car la « sectorisation » semble plus rapide (peut-être un peu moins avec le nouveau système LMD). Une classe préparatoire semble idéale pour qui n'est pas encore sûr — et pour qui en a le potentiel ! — car en deuxième année s'ouvre un large choix de concours avec des écoles aux spécialités aussi diverses qu'intéressantes.

De plus, une équivalence de deuxième année de licence (LMD) est attribuée à qui en aura fait la demande et aura obtenu une admissibilité à l'un des concours présentés.

Qui peut intégrer une classe préparatoire ?

Eh bien, je dirais que la prépa, ce n'est pas pour tout le monde. Non pas qu'il faille absolument avoir tourné à 18 de moyenne durant toute votre année de terminale, mais plutôt qu'il vous faudra une bonne dose de courage pendant ces deux ou trois années.

Ainsi, les conditions d'admission varient selon les prépas, les grandes prépas parisiennes telles que Louis-le-Grand ou Sainte-Geneviève étant certainement plus exigeantes. Les notes comptent évidemment, mais de très bonnes appréciations de vos professeurs de terminale joueront beaucoup à l'heure des délibérations. Oui, car sachez-le, un avis favorable de leur part est requis.

Un élève moyen (tournant à 11 ou 12 de moyenne) peut prétendre à une admission en CPGE si le sérieux de son travail est souligné par ses professeurs. Les qualités requises sont le sérieux, la rigueur, la rapidité (très important !) et beaucoup de volonté !

Le quotidien en prépa : rythme de travail et ambiance

Une seule phrase me vient à l'esprit : « La prépa, c'est difficile. » En effet, c'est une formation particulièrement exigeante, tant sur le plan de la quantité que sur celui de la qualité. Beaucoup de travail, beaucoup de choses à apprendre, en peu de temps. Il en résulte beaucoup de pression.

Je vois d'ici venir les petits plaisantins qui diront : « Je n'ai jamais travaillé, et pourtant, j'ai toujours eu de bonnes notes ! » Eh non ! Ça ne marche pas comme ça en prépa ! Ces derniers s'en rendront vite compte à l'issue des premiers devoirs surveillés.

L'ambiance en prépa : mythe ou réalité ?

Au niveau de l'ambiance, beaucoup de rumeurs circulent. Elles sont très certainement fondées, mais il serait dangereux de généraliser. Il faut faire un distinguo : les prépas parisiennes et les prépas de province. L'ambiance dans ma prépa de province est plus que bonne et je crois pouvoir dire que c'est en prépa que j'ai trouvé mes meilleurs amis.

Ainsi, même si les rumeurs peuvent s'avérer justifiées dans les « grandes prépas », ce n'est pas le cas de toutes. Il n'est pas toujours vrai que l'on se tire mutuellement dans les pattes, les profs ne sont pas là pour vous descendre. Au contraire, ils sont plus qu'encourageants et très disponibles.

Organisation des cours et évaluations

D'un point de vue purement fonctionnel, vous ne serez pas vraiment dépaysés du système lycée puisque vous aurez droit à des « devoirs maison » très réguliers et à un contrôle continu composé des devoirs surveillés et des fameuses khôlles. Un conseil de classe se tient à chaque fin de trimestre afin d'évaluer les évolutions de chacun.

Le contrôle continu : DS et khôlles

Ah, qu'il était douillet votre lit le samedi matin ! Mais ce temps-là est à présent révolu !

Les devoirs surveillés (DS)

Les DS de quatre heures en mathématiques, physique, chimie, sciences industrielles, français... Peu de choses à dire sinon que la plupart des profs se servent de problèmes de concours des années antérieures. Ces devoirs sont en général de bons entraînements.

Les khôlles : interrogations orales

Les khôlles, voilà quelque chose de nouveau ! Vous en aurez deux heures par semaine environ. Ce sont des interrogations orales par groupes de deux ou trois en maths, physique, chimie, sciences industrielles, français et langue.

Pour les matières scientifiques, une question de cours est posée à chacun par le « colleur », portant sur les définitions et/ou démonstrations vues en classe. Puis, en rapport avec cette question, le colleur pose un exercice à résoudre au tableau. Pour le français et les langues, vous devrez faire une analyse d'un texte puis le commenter.

Ces colles ne sont pas à négliger car elles sont le reflet direct d'un travail sérieux et régulier, et comptent beaucoup dans l'appréciation de vos professeurs.

Les différentes filières de CPGE scientifiques

En première année, trois filières sont ouvertes :

  • PCSI (Physique Chimie Sciences Industrielles). Un choix de filière est à faire en décembre entre PSI (Physique Sciences Industrielles avec un tout petit peu de chimie) et PC (Physique Chimie et moins de Sciences Industrielles). Ce choix détermine votre filière de seconde année.
  • MPSI (Mathématiques Physique Sciences Industrielles). Une option est choisie en décembre entre informatique et sciences industrielles. Ce choix ne détermine pas votre filière de deuxième année mais vous prédispose : MP (Maths Physique) pour l'option info et PSI pour l'option Sciences Industrielles.
  • PTSI (Physique Technique Sciences Industrielles). S'ouvre sur les filières PT ou PSI. Pour plus de détails, demandez à vos professeurs de terminale.

Le choix de la filière que vous allez intégrer en seconde année est très important puisque, suivant celle que vous aurez choisie, certains concours ne vous seront plus accessibles et donc certaines écoles vous seront fermées. Il est donc très important de s'informer sur les écoles d'ingénieurs et les concours avant le mois de décembre. De nombreuses brochures sont disponibles auprès de l'ONISEP. Allez jeter un coup d'œil sur le site www.onisep.fr.

Où s'informer sur les prépas ?

Et bien sûr, votre CDI et surtout vos professeurs !

Quel est le coût d'une classe préparatoire ?

Les prépas privées mises à part, la prépa ne coûte rien. Vous n'aurez aucun droit d'inscription ou frais de dossier à payer, contrairement à l'université. Toutefois, il vous faudra payer votre cotisation à la Sécurité sociale (qui cette année s'élevait à 177 €), et d'éventuels livres scolaires et parascolaires.

Les inscriptions aux concours par contre sont très onéreuses !

Quelles sont les matières enseignées en prépa ?

Des matières scientifiques bien sûr, mais pas seulement ! Le nombre d'heures est donné à titre indicatif et peut varier selon les filières.

  • Mathématiques (12h) : de grandes qualités d'abstraction sont requises car vous ne verrez pas forcément un lien avec le réel, ni tout de suite les applications des principes que vous allez étudier. [Algèbre linéaire, géométrie affine, analyse]
  • Physique (10h) : un programme très intéressant, car très riche et varié. Il y en aura pour tous les goûts. [Électronique, thermodynamique, mécanique des fluides, magnétisme]
  • Sciences Industrielles (2h pour les MPSI/MP, 4h pour les PCSI/PSI, pas en PC) : une matière très ancrée dans la technologie. Des approches physiques très concrètes (mécanique, logique, dessin industriel). Vous y étudierez des systèmes aussi variés qu'un chariot filoguidé ou un train d'atterrissage d'avion. [Statique/dynamique du solide, logique binaire et combinatoire, analyse fonctionnelle]
  • Chimie (4h pour les PCSI, intégrée à la physique pour les MPSI/MP et PSI) : vous découvrirez que la chimie peut aussi être TRÈS calculatoire ! Vous calculerez des concentrations à l'aide d'équations différentielles pas piquées des vers ! [Cinétique, mécanique quantique, chimie organique]
  • Français-Philosophie (2h) : eh oui ! On a beau être des scientifiques, cela ne sert à rien si on n'a pas un minimum de culture générale ! Le cours se base sur l'étude d'un thème annuel grâce à l'analyse de trois œuvres littéraires. Les épreuves sont en général constituées d'une contraction de texte (résumé d'un texte, ce n'est pas aussi facile que ça !) et d'une dissertation sur le thème annuel. Attention ! Ne négligez jamais cette matière car, au même titre que les langues, elle fait la différence aux concours.
  • Langue 1 (2h) et Langue 2 (2h) : peu de choses à dire sinon qu'il faut les travailler sérieusement pour les concours.

Les TIPE : travaux personnels encadrés

Les TIPE, à savoir les Travaux d'Initiative Personnelle Encadrés, ressemblent fortement à vos TPE de terminale. Il vous est demandé un travail sur l'année, sur un sujet scientifique en rapport avec le thème annuel.

Il ne s'agit pas de faire du copier-coller sur Internet mais de réellement s'impliquer puisque le jury fait très attention à la partie personnelle (expérience réalisée par vous-même, interprétation de résultats, rencontre avec des personnes qualifiées).

L'épreuve est commune à presque tous les concours. Elle se compose de :
- votre exposé (10 minutes exactement !) ;
- une analyse d'un document scientifique inconnu que vous aurez à étudier pendant 2h15 avant l'épreuve et à présenter en 10 minutes ;
- un entretien avec le jury.

Les concours d'entrée aux écoles d'ingénieurs

Je suis en PSI, je me contenterai donc de vous parler des concours PSI, mais ce qui va suivre est applicable à peu de choses près aux sections MP et PC.

  • Concours X-ENS : à savoir Polytechnique et École Normale Supérieure de Cachan. Probablement un des concours les plus difficiles. L'ENS permet surtout (mais pas seulement) d'accéder à la recherche et à l'enseignement. Les études sont rémunérées. L'X ou Polytechnique est une grande école d'officiers ingénieurs militaires.
  • Concours Centrale-Supélec : permet d'accéder à de grandes écoles d'ingénieurs généralistes telles que Centrale Paris, Nantes ou Lyon, l'École supérieure d'Optique, etc. www.centrale-supelec.scei-concours.org
  • Concours Mines-Ponts : ici encore une banque de concours d'écoles généralistes telles que les Mines de Paris ou les Ponts et Chaussées, Supaéro et l'ENSTA (Techniques Avancées). À noter aussi que l'ENTP, l'École Nationale des Travaux Publics, qui propose des études rémunérées, est accessible par ce concours. www.concours-mines-ponts.fr
  • Concours Commun Polytechnique (CCP) : donne accès à un grand nombre d'écoles comme l'ENSIMAG (Maths Appliquées), l'ENSICA et l'ENSMA (Aéronautique)...
  • Concours E3A : un concours donnant accès à un grand nombre d'écoles privées.
  • Saint-Cyr École Spéciale : une école militaire très difficile !
  • École de l'Air : école militaire d'officiers-ingénieurs. Avis aux amateurs ! Cette école forme les pilotes de chasse ! www.ecole-air.com

Quelques adresses d'écoles d'ingénieurs

Les concours accessibles dès la première année

Oui ! Si vous en avez déjà marre de la prépa, sachez qu'il existe des voies d'échappatoire !

  • Concours des « Petites Mines » : accès aux écoles de Mines d'Albi, Alès, Douai et Nantes. De nombreuses places sont offertes.
  • Concours EPL ENAC : un concours ouvert à tout le monde à partir de la première année. Donne accès à la formation d'élève-pilote de ligne au sein de la SEFA. La première admissibilité se base sur trois épreuves en QCM : physique, maths et anglais. Ce concours n'offre que 50 places pour 1000 à 1500 candidats. www.enac.fr

Questions pratiques : redoublement et équivalences

  • Il n'est pas possible en général de doubler une première année à moins de changer de filière (de MPSI à PCSI par exemple).
  • Il est possible de doubler sa deuxième année une fois voire deux fois selon l'établissement.
  • Un élève qui se trouve en seconde année pour la première fois est un 3/2 (intégrale de x entre 1 et 2), un doublant est un 5/2 (intégrale de 2 à 3 de x).
  • En ce qui concerne les équivalences pour l'Université, le système est très inégal selon l'académie dont vous dépendez. Pour l'académie de Grenoble par exemple, une équivalence de deuxième année de licence n'est attribuée (sauf cas exceptionnel) que si le candidat est inscrit parallèlement à sa prépa en faculté, c'est-à-dire s'il s'est acquitté durant deux ans des droits d'inscription à la faculté. (Renseignez-vous auprès de votre académie.)
  • La plupart des écoles d'ingénieurs proposent des concours spéciaux ou des admissions sur titre pour les meilleurs étudiants de l'Université.

Voilà, si vous avez des questions n'hésitez pas ! Bon courage à tous les futurs taupins !

As-tu aimé cet article ?
michaelarnaud
Michaël Arnaud @michaelarnaud
3 articles 0 abonnés

Commentaires (6)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires