
Quand je dis à quelqu'un que j'ai fait ma classe de sixième en pension, il me regarde avec effroi et pitié. Pourquoi ? L'idée que se font la plupart des gens de l'internat, c'est celle d'il y a une centaine d'années : des chambres immenses contenant cent lits collés les uns aux autres, les réveils à coups de seau d'eau, les surveillants méchants, voire pervers.
Mais non, c'était une réalité pendant la Seconde Guerre mondiale, ça a évolué, heureusement !
Pourquoi l'internat n'est pas une punition
Bien sûr, pour certains, la pension est une punition. Ils y ont été envoyés par des parents démissionnaires, qui n'en pouvaient plus de leur gosse et ont trouvé la solution idéale.
Mais ça reste des cas isolés. Mon frère et moi avons nous-mêmes fait la demande d'y aller. Pour nous, la pension était une version longue de la colonie de vacances.
La vie quotidienne en internat : une expérience géniale
Imaginez : vous restez toute la journée avec vos potes, vous avez toujours quelqu'un sous la main pour discuter, vous dormez ou passez des nuits blanches avec eux, tout ça sans vos parents.
Dans ma pension, à Saint-Sauveur-sur-Tinée, près de Nice, nous étions 7 par chambre, trois lits superposés et un simple. C'était vraiment le pied. La surveillante avait sa chambre juste en face de la nôtre, ce qui était un peu moins le pied, sauf quand elle passait ses soirées avec les troisièmes, à regarder la télé et boire de la bière.
Les règles et les petits plaisirs de la vie en internat
Bien sûr, il y avait extinction des feux, et des lignes à copier si on ne la fermait pas. Voire même faire la chaise dans le couloir — pour ceux qui n'ont pas été initiés, vous devez tenir contre le mur, comme si vous étiez sur une chaise, sauf qu'il n'y en a pas.
Mais il y avait aussi la vente de bonbons à l'interne, le foyer avec la télé, et surtout des surveillants géniaux, qu'on appelait par leurs prénoms. Et les « grands » qui, quand ils ne nous piquaient pas nos places dans les files d'attente pour aller à la cantine, nous initiaient au roulage de pelles et autres douceurs.
Soirées entre élèves : frissons et complicité
Parfois, le soir, on se réunissait avec des provisions de bouffe, et on passait la nuit à se raconter des histoires d'horreur. Mais on a arrêté car on se faisait tellement flipper qu'on n'en dormait plus de la nuit. De plus, l'une d'entre nous fit une crise d'épilepsie, et il fallut chercher la surveillante partout, car on ne savait pas qu'elle se planquait dans les chambres des troisièmes.
Dans le style, il y avait aussi les expéditions dans le village en pleine nuit, ou au cimetière d'en face. Mais ces festivités étaient réservées aux plus grands d'entre nous.
Conclusion : l'internat, une expérience à vivre
Bref, tout ça pour dire que la pension, ça peut être le pied, l'extase, la jouissance extrême ! Oui, je sais, j'en rajoute, mais c'est pour bien insister !
Sur ce, vivez votre vie, et carpe diem, bande de pêcheurs !