
Je voudrais réagir aujourd'hui sur un sujet omniprésent. Un sujet qui se banalise, pire, qui se popularise : la discrimination et l'intolérance.
On associe généralement ces termes à la différence de couleur de peau ou de nationalité. Mais personne ne parle réellement des différences liées au sexe.
Le sexisme le plus « connu » est l'inégalité persistante sur le marché du travail entre hommes et femmes (différence de salaire pour un même poste, répartition des responsabilités...). Pourtant, ce sexisme est présent dès le collège, mais sous d'autres formes.
Double standard vestimentaire : pourquoi les filles sont-elles jugées différemment ?

Prenons l'exemple de Greg, très fier de sa constitution morphologique, exhibant sa belle musculature sous un tee-shirt sans manches transparent, si large que les coutures censées souligner les aisselles atterrissent au niveau des hanches, sans parler de son futal dévoilant la moitié de son postérieur... Eh bien, ce cher camarade sera qualifié de « beau gosse », de « mec qui assure », ou encore de « bombe ».

Tandis que Géraldine, elle, ne peut rappliquer au collège ou encore au lycée (qui a parlé d'évolution des mentalités ?) avec une jupe au-dessus des genoux sans provoquer les railleries et se retrouver en première place dans les ragots des gens « bien-pensants » pendant un mois minimum, décrochant ainsi le titre de « pétasse » ou « taspé » (très à la mode en ce moment), de « pouf' », de « fille qui se croit belle », ou encore de « sale pute », voire de « chienne » si cette dernière est moulante ou accompagnée de chaussures autres que des baskets.
Harcèlement homophobe : quand l'élégance masculine est perçue comme une menace

Parlons maintenant de Chris. Ce jeune homme, contrairement aux autres de son âge, préfère porter des jeans assez cintrés, arborant avec beaucoup de classe un look transalpin, plutôt que des sacs poubelles où 6 personnes pourraient rentrer. Grave erreur ! Quel manque de virilité ! Eh bien, figurez-vous que par sa différence et par un style élégant que d'autres qualifieront d'efféminé, notre jeune Chris se fera insulter de « tapette », « tafiole », « pédale »... par la plupart des gens « bien-pensants ».
Double standard sexuel : le nombre de partenaires jugé différemment selon le genre
Retour à notre protagoniste Greg. À l'âge où le sexe guide ses pas, il vole de jupons en jupons, accumulant les aventures d'un soir. Wow ! Quel tombeur ! Quel bon coup !
Imitant exactement la même attitude, une fille, « taspé » ou non, se fera au minimum traiter de « fille facile », d'« allumeuse » ou, plus exotique, de « chauffeuse de bites ».
Ne parlons pas de Chris dont la sexualité n'est « pas déterminée »... C'est vrai quoi, il s'habille « comme un PD » !
Liberté vestimentaire : mon manifeste pour le respect de la différence

Voilà pourquoi au nom de Géraldine, et au nom de toutes les filles voulant ou osant affirmer leur féminité — je dis bien « osant », car aujourd'hui ce n'est pas toujours évident — je revendique le port de la minijupe !
Créée en 1960, c'est quand même désolant de voir qu'elle n'est toujours pas acceptée par les gens « bien-pensants ».
Et au nom de Chris et de tous les mecs désireux de porter autre chose que des fringues XXL, je revendique les vestes en jean, les pantalons « moulants »...
En bref, je revendique la différence.
Je sais qu'en écrivant cet article, je diviserai les opinions et m'attirerai des ennemis. Aussi, excusez-moi d'avoir grossi les traits et légèrement exagéré les réactions de ce que j'ai appelé les gens « bien-pensants »... j'insiste sur le légèrement, car ces réactions, que vous le voyiez ou non, sont toujours présentes, trop présentes dans notre quotidien.
Mais avant d'affirmer que l'on accepte la différence dans notre pays, il faudrait déjà penser à l'accepter et à la respecter au sein de notre lycée...