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Lifestyle

Julia... Je t'aime

Julia, ma meilleure amie, nous a quittées le 22 février. Voici mon histoire, écrite comme un récit, pour que ça plaise peut-être davantage. Je ne sais plus trop ce que je fais de toute façon. J'espère que vous l'aimerez.

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Je m'appelle Anne. J'ai 12 ans, depuis le 30 août. Ma meilleure amie, elle, aurait dû avoir 13 ans le 28 juin. Mais elle n'a jamais eu 13 ans.

Brune, jolie, gentille, calme et généreuse — bien trop généreuse — Julia était une fille à qui je tenais beaucoup. On ne se parlait plus trop, mais elle était toujours là pour moi. Fille unique, parents divorcés, père alcoolique et mère trop occupée par le travail, elle était seule. Mais jamais, vraiment jamais, elle ne l'a montré. Car Julia voulait paraître forte, heureuse, comme toutes les autres. Mais je suis sûre qu'au fond d'elle, elle savait qu'elle ne serait jamais comme tout le monde. Julia aimait lire. Beaucoup. Peut-être s'imaginait-elle une autre vie de cette façon ? Je ne sais pas. Jamais je ne le saurai. Elle est partie, envolée, disparue. Et Julia manquait souvent l'école, et elle n'a jamais été sur aucune photo scolaire. Je n'ai aucune photo d'elle. Aucune.

22 février 2007 : le jour où tout a basculé

22 février, Buenos Aires, Argentine, que j'avais quittée deux ans auparavant pour me diriger vers les Pays-Bas. Il paraît que c'était une très belle journée. Julia était toujours souriante. Mais c'était un sourire mystérieux, dont on ne comprenait pas vraiment la raison, l'explication. Ce 22 février 2007, Julia s'est donné la mort. Elle était restée dormir chez sa mère. Sa mère dormait. Tard la nuit, sa mère se lève, va dans la salle de bains boire un verre d'eau. Elle entend des gouttes, comme dans un film. Elle ouvre. La lumière est allumée. Il y a de la buée partout. La baignoire était pleine. Trop pleine, même. L'eau était teintée d'un rouge merveilleux, mais pas le genre de rouge que l'on voudrait voir dans une baignoire. Ça ressemblait à du sang. Elle panique et cherche dans la baignoire. Elle attrape quelque chose. C'est lourd. Elle le prend, le sort de l'eau et crie. C'est Julia. Les bras déchiquetés par un couteau à viande. Ses cheveux brillent d'un éclat époustouflant. Tout s'est déroulé comme dans un film. Tout. D'ailleurs, est-ce peut-être un ? J'aimerais bien savoir, moi.

L'annonce de la nouvelle

Quelques jours plus tard, j'entends la nouvelle par une camarade de classe de Julia. J'ai crié. Je me suis effondrée par terre. Je voulais me tuer. Je savais que j'étais coupable. J'aurais dû le savoir, il y avait sûrement plein de signes de sa détresse... Mais je n'ai rien vu... Comme d'habitude, mon petit égoïsme de toujours... Je n'ai pensé qu'à moi... Qu'à moi...

Depuis ce maudit 22 février, ma vie a changé. Ma psychologue dit que je ne devrais pas me sentir coupable car je ne le suis pas, mais je sais qu'elle ment. Je suis coupable. Elle a toujours été là pour moi, et moi, jamais. Je ne suis pas une amie. J'ai foutu sa vie en l'air. Je l'ai laissée seule jusqu'à la fin de sa vie... Et tout ce qui est arrivé à Julia et à sa mère, c'est de ma faute...

Mais tu sais, Julia... Je t'aime.

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andy+me4evah
Anne F. @andy+me4evah
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