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Lifestyle

Jeunesse en déchéance ?

À 13 ans, l'auteure découvre que ses camarades consomment drogues et alcool. Un témoignage cru sur les défis de l'adolescence : toxicomanie, grossesse précoce et quête de sens.

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Aujourd'hui, j'ai eu un choc en rentrant de l'école. J'ai appris deux nouvelles qui m'ont frappée de plein fouet. La première : 4 ou 5 copines de ma classe, qui ont 13 et 14 ans, prennent déjà de l'acide ou du buvard.

Elles disent que c'est pour le fun, qu'elles ne tomberont jamais là-dedans, qu'elles n'en ont pas pris souvent, etc. La marijuana, ok. J'avoue qu'à 13 ans c'est tôt, mais l'acide... Je savais bien que le phénomène de la drogue était présent partout autour de nous, dans notre génération, mais quand je l'ai eu en pleine figure, ça m'a donné froid dans le dos.

Elles ont leur avenir, mais elles préfèrent se pêter des cellules. Let's go, embraye, défonce-toi. Rendue à 16 ans, tu le regretteras ! Même qu'elles sont saoules une fin de semaine sur deux ! Yéé ! L'alcool ! Saoulez-vous !

J'exagère peut-être un peu, mais depuis une trentaine d'années, les jeunes toxicomanes ont fait leur apparition. Avez-vous lu le livre Moi, Christiane F., droguée, prostituée ? Eh bien, c'est l'histoire triste d'une vraie héroïnomane de 13 ans, bordel de merde !

L'influence des parents sur la jeunesse

Ce phénomène, je pense, est dû en partie aux parents. Non pas que je veuille jeter le blâme sur nos vieux, mais si on regarde le nombre croissant de divorces, de violence conjugale et de familles monoparentales au Québec, on voit qu'il y en a bien plus qu'avant. Et les parents donnent une image importante à leurs enfants. Tout se joue vers 6 ans, où l'enfant a un œil ouvert sur ses parents, qu'il observe constamment.

Je prends un exemple sur Kurt Cobain : il était un enfant tout à fait normal jusqu'à ce que ses parents se séparent, lorsqu'il avait environ 7 ou 8 ans. Depuis, il a vécu dans des familles d'accueil et il a commencé la drogue, telle que l'héroïne. Il a gardé une certaine haine envers l'humanité depuis ce jeune âge. Cobain est peut-être un cas extrême, qui s'est passé aux États-Unis, mais on voit l'influence immense des parents.

Dans notre génération, il y a beaucoup de familles où les parents relâchent l'attention envers leurs enfants, ou les négligent. Ceci met l'enfant dans des situations où il ne sait pas si ses propres parents l'estiment, donc il ne sait parfois pas s'estimer. Vous savez la suite...

Comportements, langage et divisions chez les jeunes

Même à ça, nous avons changé. Je regarde des jeunes de mon âge travailler. Nous sommes courbés sur notre bureau, la face à 2 cm de la feuille. Nous marchons le dos courbé, avec un vocabulaire inexpressif rempli de mots qui ne veulent rien dire. Je prends exemple sur moi : tsé, comme, genre, ouin...

Nous avons des expressions assez dégradantes aussi : fuck, suck, motherfucker et j'en passe des dizaines... Sans parler de la violence de plus en plus présente, à l'école, à la maison, partout.

Nos relations entre nous se dégradent aussi : les relations parents-enfants, les relations profs-élèves. Nous nous séparons en genres : Punks anarchistes, punks Nazis, Hippies (granolas), Preppies, Freshs, Sataniques, Skaters, et j'en passe aussi...

Les relations entre nos distinctions se dégradent, on s'enferme dans sa bande, les autres sont des cons. Je pense qu'en y réfléchissant bien, chaque distinction n'est pas meilleure qu'une autre, aucune inférieure. Certains sont basés sur la liberté, d'autres sur l'apparence, d'autres sur la mort, d'autres sur le « no future », etc.

Grossesse à l'adolescence : un témoignage bouleversant

Aussi, nous sommes plus axés sur les relations sexuelles. Ce qui m'amène à ma deuxième nouvelle : une de mes connaissances est enceinte à 13 ans. Elle est tombée enceinte à une fête où elle était saoule. Ouf, au moins, c'était son « chum » qui a baisé avec... et ce gars en question se fout présentement de la pauvre fille qui ne sait que faire avec cet enfant, si elle le garde. Elle est si chétive et maigrichonne, je pense qu'elle se casserait tous les os du corps en accouchant. Et l'avortement ? Une dépression nerveuse en vue, qui sait, un suicide ! Cette fille axée sur son apparence en plus... Que deviendra-t-elle ?

Paradoxe de la jeunesse québécoise

Peut-être aussi que je suis juste traumatisée là-dessus. Vous trouverez peut-être que je fais matante. Mais moi aussi j'ai 13 ans, j'ai une belle vie à date, mais de voir celle des autres sur un équilibre si précaire m'enrage. Je sais qu'il y a de la souffrance partout dans le monde avec ses crimes horribles et sans cœur, ses viols, ses meurtres, et ses choses horribles et inimaginables.

On dit qu'au Québec, on a la meilleure qualité de vie pour les jeunes. Alors pourquoi on a le plus haut pourcentage de suicide au monde ? Je pense que c'est parce que sans la guerre et la famine, sans une peur de ne pas survivre, on n'a pas de raison de vivre. On devient oisifs.

J'ai mal aux mains d'écrire, mal à la tête, donc mon article se termine. Mais j'espère que notre génération ne va pas se terminer comme ça, à bout de souffle, courbée et analphabète. Car que seront nos enfants ?

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neela
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