
Rappelez-vous : entre mai et décembre 1994 — il y a donc une quinzaine d'années —, le Gouvernement Balladur lançait une consultation nationale à destination des jeunes pour révéler — déjà ! — les aspirations, les craintes et les attentes des 15-25 ans.
Plusieurs grands thèmes étaient proposés suite aux manifestations étudiantes — déjà ! —, des sujets pour lesquels chaque jeune peut être encore plus que jamais aujourd'hui concerné : l'emploi et la formation, l'école et l'université, la santé, les loisirs et l'initiative, la vie quotidienne, la participation à la vie publique...
Jacques Chirac, à cette époque, était intervenu en formulant un vœu : « les années 2000, une chance pour tous », alors que 600 000 jeunes de 18-25 ans étaient au chômage et que la violence dont le Gouvernement parle beaucoup depuis quelques semaines pénétrait dans les écoles. Le principe, naturellement, était pour le Gouvernement de l'époque de faire des propositions concrètes et surtout de les réaliser dans le temps. Il n'y a pas que les oiseaux qui s'envolent, les paroles aussi. Celles d'aujourd'hui sont oubliées du RSA...
15 ans après, même scénario : « attention, ça tourne ! ».
Jeunes et emploi : des promesses non tenues
Pourtant, les propositions ne manquaient pas... Étaient-elles utopiques ? Toujours est-il que la démarche visait concrètement à proposer aux jeunes de 18 à 25 ans, dans les meilleurs délais (je vous laisse juge !), qui cherchent un emploi depuis plus de 6 mois une activité à mi-temps, rémunérée, assortie d'une formation individualisée.
Cette mesure était complétée par l'inscription dans tous les cahiers des charges des marchés publics d'une clause sociale d'embauche de jeunes. Il était aussi avancé la suppression de toutes les formations et de tous les stages non qualifiants...
Les jeunes ruraux n'étaient pas non plus oubliés, puisque des incitations financières devaient être recherchées pour soutenir toute initiative destinée à créer son emploi en milieu rural. Je passe sur toutes les autres propositions comme l'accès au logement.
La porte pouvait donc s'ouvrir, mais elle est restée fermée ou à peine entrebâillée.
Insertion des jeunes : vers de nouvelles solutions ?
Certes, les jeunes des années 90, âgés en moyenne d'une vingtaine d'années, ont aujourd'hui quasiment le double de leur âge. Souhaitons qu'ils ne soient pas devenus des travailleurs pauvres. Espérons aussi qu'ils puissent aujourd'hui accompagner comme il le faut leurs propres jeunes dans une autonomie valorisante.
Quelques signes sont lancés, notamment par le Gouvernement, mais aussi par les Missions locales d'insertion jeunes pour qu'à nouveau des portes puissent s'ouvrir.
En effet, dans cette période où plus du tiers des 18-25 ans sont des sans domicile fixe (selon le rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre) alors que cette classe d'âge représente 23 % de la population, l'Union nationale des missions locales, suite à une rencontre avec le commissaire à la jeunesse Martin Hirsch, a été conviée à participer à la commission sur la politique de la jeunesse instituée en mars dernier.
Ces différents échanges débouchent sur une initiative pour porter la parole des jeunes : ainsi, durant 7 jours en juin 2009, un questionnaire sera lancé auprès des jeunes des missions locales pour faire mieux connaître leurs besoins et faire reconnaître les moyens proposés. Le résultat de la démarche sera transmis au Gouvernement.
Nous verrons bien comment cette question sera traitée au plus haut niveau de l'État. Dommage que l'Union Nationale des Missions Locales n'ait donné, dans cette démarche, qu'un caractère incitatif vis-à-vis des structures concernées et informatif vis-à-vis du Gouvernement. La communication n'a de bon que si elle est suivie d'une obligation de résultats dans le cadre de la solidarité nationale. À suivre...