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Jeunes et société : Le temps des copains, un temps révolu ?

Henri Tisot revient sur "Le temps des copains" et la situation des jeunes face à la crise du logement.

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Aujourd'hui, plus du tiers des 18-25 ans est privé de logement personnel et les autres rencontrent de grandes difficultés pour accéder à un logement. La colocation s'impose souvent comme une nécessité économique.

Henri Tisot, vous qui avez tenu le rôle principal de la série "Le temps des copains", avec le recul, qu'en pense l'ancien pensionnaire de la Comédie Française ?

Cette question est intéressante parce qu'elle me fait prendre conscience que la partie "cinoche" du "Temps des copains" et la partie vécue n'ont finalement rien à voir. Fils de pâtissier, quand je suis monté à Paris, je ne connaissais personne. Dans les années 60, il fallait être cinglé ! Je voulais faire du théâtre. J'avais en tête de rentrer à la Comédie Française. Sans attache particulière à Paris, je me suis trouvé dans une chambre d'hôtel, rue Caulaincourt. Si je n'avais pas été pris au conservatoire, la galère aurait été horrible ! Mais comme je voulais réussir, mes petits malheurs ont été des grands bonheurs. C'est ma folie qui m'a propulsé. La vraie vie était moins drôle que "Le temps des copains" car dans le feuilleton, nous n'avions pas vraiment souffert, et puis nous étions trois avec l'envie de nous amuser. Le mode de vie des jeunes des années 60 était assez proche du méli-mélo de jeunesse du feuilleton. Mais, c'est vrai qu'il fallait se battre pour trouver une chambre de bonne qui ne soit pas éloignée de Paris. De mon temps, on nous foutait à la porte, mais de nos jours, il n'y a plus de porte, c'est encore plus grave ! Je ne pense pas qu'une époque soit plus facile qu'une autre. En tout cas, aujourd'hui, je vois bien quand je discute avec des jeunes qu'ils sont tous en colocation.

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Le temps des copains est-il encore possible en pleine crise ?

Oui, moi je crois qu'il existe ce temps des copains. Il est devenu, en somme, obligatoire.

Quand j'en parle, je dirais que les mots ont toujours raison. S'il n'y a pas de temps des copains, alors ils sont morts les jeunes ! Parce que moi, à mon âge (bientôt 73 ans, je prends un peu les devants), sans les amis (ce ne sont plus des copains), la vie me serait impossible et pourtant je n'ai pas de difficulté particulière. Je vois bien que beaucoup de gens sont obligés de calculer — faut payer ci, faut payer ça —, c'est difficile de s'en sortir tout seul, on vit tous au-dessus de nos moyens, et hélas nous n'avons pas le choix ! Nous sommes dans une société où tout le monde communique en ne communiquant pas : vous savez, les gens qui ne décrochent pas leur téléphone quand vous êtes en peine ! Moi, il n'y a pas une lettre à laquelle je ne réponds pas, et j'en reçois beaucoup depuis mon passage à l'émission de Mireille Dumas.

La vie n'est faite que de rencontres et la rencontre, c'est ce qui est des plus essentiels dans la vie : "Aimez-vous les uns les autres".

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Que dirait de Gaulle aux jeunes d'aujourd'hui ?

Vous dites dans votre dernier livre que la force de Charles de Gaulle, c'est qu'il parle encore aux Français. En mai 68, il s'est heurté aux jeunes qui attendaient une transformation radicale de la société, troublée en particulier par une montée de la consommation. En face du Général, ils scandaient : "Sois jeune et tais-toi" !

Henri Tisot, aujourd'hui, à ces jeunes, que leur dirait de Gaulle ?

Les jeunes se sont rebellés parce qu'il leur manquait "la rogne pour se gratter" (comme on dit dans le midi). Aujourd'hui, les gens sont apathiques, la situation est difficile et personne ne bouge. Je suis malheureux de voir la France telle qu'elle se présente maintenant ; on a pourtant un héritage colossal, notamment culturel : Racine, Flaubert...

Il leur dirait sans doute pareil ! Tout en sachant que cela ne changerait rien.

Ce qui est clair, c'est que l'on se moque des jeunes. Ce n'est pas facile pour eux et je ne pense pas que cela s'améliore.

Les jeunes, il faut les pousser, il faut qu'on les soutienne car ils ont un tas de qualités. Bien sûr, il y a toujours les bons et les mauvais, mais c'est vrai quel que soit l'âge.

En référence à mai 68, je ne pense pas qu'ils soient prêts à faire la révolution.

Je ne sais pas si c'est de Gaulle, mais moi je leur dirai :
Approfondissez, apprenez, osez !

Henri Tisot vient de sortir un livre "De Gaulle et moi, quelle aventure".
Histoire de sa vie ou livre d'histoire ? À vous de voir. Éditions Cerf.
En librairie.

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dmconseils
dmconseils @dmconseils
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