
Mon histoire avec les jeux vidéo : de l'enfance à l'addiction
Je joue à des jeux vidéo depuis que j'ai 5 ans. À l'époque, c'était les Nintendo 8 bits, les Mario et Zelda tout carrés, mais c'était amusant. Certains jeux étaient interminables car il n'y avait pas de revues avec les solutions et Internet n'existait pas encore. On pouvait passer des semaines entières sur certains niveaux car l'astuce semblait introuvable.
Puis j'ai grandi et, au début de mon adolescence, mon envie pour ces jeux n'était plus aussi présente. Oh bien sûr, je ne disais jamais non pour une petite partie entre amis de temps à autre, mais en gros, mes priorités s'en étaient allées ailleurs. À des choses bien plus importantes. Ou peut-être pas ? Quoi qu'il en soit, les choses se sont un peu gâtées.
MMORPG : quand j'ai découvert les jeux en ligne
Avec mon premier PC à 16 ans et Internet qui commençait alors à être de plus en plus présent, j'ai découvert mon premier jeu en réseau. Il s'agissait du premier MMORPG (Massively Multiplayer Online Role-Playing Game) en français : La Quatrième Prophétie (T4C pour les connaisseurs). J'ignore si certains d'entre vous connaissent ce jeu au temps de sa gloire, mais c'était vraiment un phénomène.
Même à cette époque, ce n'était pas un jeu particulièrement joli à regarder graphiquement, mais ce qui en a fait tout son charme, c'est sa jouabilité incontournable ainsi que sa communauté, choses que je n'ai retrouvées dans aucun autre jeu du même type par la suite. Généralement, nous étions environ 200 à nous connecter à un serveur. Comparativement aux milliers de joueurs sur les serveurs actuels d'autres jeux, c'est un nombre bien moindre, mais c'était mieux. C'était plus facile de se créer des liens avec tout le monde, d'avoir plein d'amis, de se créer un personnage, de lui donner une identité propre et de le faire évoluer.
Les signes de ma dépendance aux jeux vidéo
J'ai commencé ce jeu durant les vacances d'été et deux jours après seulement, je passais tout mon temps dessus. Je me réveillais le matin et je sentais déjà le besoin de me rendre sur le jeu parce que je voulais faire xp mon personnage, parler avec mes nouveaux amis, découvrir de nouveaux paysages. J'essayais de me lever le plus tôt possible car dans l'après-midi, il fallait toujours attendre des heures et des heures avant de se connecter. Les serveurs étant pleins, il fallait essayer de forcer l'entrée en tenant un bouton sur la souris, mais ça ne fonctionnait pas souvent. C'était une vraie galère, alors autant éviter cela. Une fois entrée, il fallait prier pour ne pas être éjectée...
Je passais facilement entre 8 et 12h sur le jeu. Si je me compare à certains hardcore gamers, c'est encore pas si mal, mais je sais à quel point en fait c'est excessif. J'ai perdu depuis ce jour 2 années complètes de ma vie où j'ai arrêté mes cours car j'avais un énorme manque de motivation et une envie beaucoup plus forte de vivre une autre réalité, de jouer. Parce que là-bas, je n'étais pas moi, je pouvais être comme j'en avais envie avec personne pour me juger. J'ai alors perdu la majorité de mes amis parce qu'ils en avaient bien marre de voir que je n'avais jamais de temps pour eux. Je me suis beaucoup isolée, beaucoup renfermée, préférant la compagnie de mon écran à celle de mes proches.
T4C puis World of Warcraft : le cycle continue
J'ai joué pendant 3 ans et demi à ce jeu vieux et démodé mais que j'adorais. J'y ai beaucoup ri, parfois pleuré, quelques fois ragé contre, mais en gros j'en garde de très bons souvenirs. Je regrette parfois qu'il soit terminé (pour moi) car je ressens parfois une certaine nostalgie, mais en même temps, ce n'est pas un mal. J'ai repris un peu ma vie en main bien que ça soit souvent difficile. Entre-temps, j'ai essayé un bon nombre d'autres jeux online, mais je joue maintenant à World of Warcraft depuis 1 an. Je n'y retrouve pas le même plaisir, mais j'y passe énormément de temps encore.
Ma peur de la cyberdépendance
J'ai souvent peur de ne plus jamais être capable de passer ma vie hors des jeux. J'ai peur de devenir une loque dont plus personne ne veut parce que je vis dans la cyberdépendance. Souvent, j'essaie de me le cacher, de me dire que c'est un passe-temps comme un autre. Au fond de moi, je sais que j'ai tort et que tout ce temps que j'ai perdu me hante continuellement. Je me dis que je pourrais faire tellement mieux, mais je finis toujours par retomber... Je vis à travers des pixels.
Jouer prudemment : mon message de prévention
J'ignore si mon article vous touche, mais c'est une partie de moi que je livre. Je ne tiens pas à dire que jouer c'est mal et tout ce genre de blabla, mais je sais quel mal cela peut faire à notre vie, à nos proches, à notre avenir. Je ne peux empêcher quiconque de jouer, mais je peux mettre en garde contre l'abus. Je connais les conséquences et ne les souhaite à personne. Chez moi, on dit aux automobilistes de rouler prudemment, mais moi, je vous dirais de jouer prudemment.