
Quand je vois l'incompréhension qui règne ne serait-ce qu'entre un père et son fils, je comprends pourquoi le troisième âge ne supporte plus les jeunes qui sont "cons, vandales, irresponsables, irrespectueux..." Voilà le genre de discours qu'on entend souvent en présence d'une personne âgée.
Il faut pourtant passer par la case môme avant d'être à la retraite. Certains semblent avoir oublié leurs conneries et leurs erreurs de jeunesse. Peut-être parce qu'ils sont en train de payer pour elles, alors ils aimeraient bien enterrer tout ça : leur vie et leurs idées de jeunes, utopies, rêves...

Voici les points sur lesquels j'ai une réelle appréhension.
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J'ai tout d'abord peur pour ma santé physique et mentale : existe-t-il des personnes âgées ayant toute leur tête et tout leur corps fonctionnel à 100 % ? Et encore, dans les pays dits riches, nous n'avons pas à nous plaindre.
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J'ai également peur pour mes idées, peur de leur évolution. Des idées si bêtes et à la fois si porteuses d'espoir qu'elles en deviendront peut-être néfastes pour ceux que j'ai tenté d'aider. À cause de quoi ? Des aléas de la vie tout simplement qui me feront changer d'avis, qui me susurreront à l'oreille : "Mais t'étais vraiment un jeune con, toi". Par exemple, je prône et j'admire le mélange des cultures et l'anarchie (même si je n'y crois plus vraiment, au vu de l'égoïsme de l'être humain). Mais quand je regarde pour qui votent les vieux en majorité : 5 lettres seulement, 5 lettres nationalistes, asphyxiantes, écœurantes.
Simple observation : plus on est vieux, plus on est persuadé d'avoir raison, puisqu'on a de l'expérience, blabla... Vous m'étonnez qu'on n'avance pas en politique, il y a presque que des vieux qui mènent la barque, chacun fixé sur ses positions définitives. -
J'ai peur pour ma vie, peur de la rater comme beaucoup avant moi ont si bien réussi dans ces échecs : sentimentaux, professionnels, familiaux... De mener une vie fade comme tant d'autres, mené par ce train-train quotidien, cette rangaine lassante qui nous rappelle vicieusement qu'on ne peut plus en sortir, qu'elle nous a bien eus et qu'elle aura nos enfants de la même manière.
Elle reprendra la bonne vieille méthode de la soumission par l'usure pour ne leur laisser aucune chance d'entrevoir une échappatoire. Enfin, l'issue est la même pour tous : une petite boîte rectangulaire quoi qu'on fasse, ou une fosse commune pour les moins chanceux.

Combien de vieux nous disent : "Rah, la technologie aujourd'hui, c'est trop compliqué pour moi" en parlant des ordinateurs. Certains ont même la phobie d'internet sans jamais y avoir accédé. "Avec tous ces pirates qui traînent sur la toile, moi je vous dirai !". Bref, peur de ne pas suivre, d'être largué, complètement à l'ouest.
Pourquoi faut-il profiter de sa jeunesse ?
Pour toutes ces raisons, j'aimerais vous inviter à profiter de votre jeunesse sans pour autant faire de grosses conneries qui vous puniraient avant l'âge, et bien sûr tout en respectant les vieux (que je ne déteste pas au passage, rassurez-vous, et puis vieux c'est plus simple à écrire =)).
Voilà, pensez à ce qui vous arrivera après, une fois que vous serez bien corrompus et soumis par 40 ans de travail et de vie effrénée, vous serez 100 % réaliste mais aussi un bon % égoïste (où est passée la sagesse ?)

Le poème du vieillard
Pour finir, un poème intitulé "Souvenir d'un vieillard" trouvé au hasard sur une page web :
Petits enfants jouez dans la prairie
Chantez sentez le doux parfum des fleurs
Profitez bien du printemps de la vie
Trop tôt hélas vous verserez des pleurs
Quoique bien vieux j'ai le cœur plein de charmes
Permettez-moi d'assister à vos jeux
Pour un vieillard outragé plein de larmes
Auprès de vous je me sens plus heureux
Derniers amours de ma vieillesse
Venez à moi petits enfants
Je veux de vous une caresse
Pour oublier, pour oublier mes cheveux blancs
Petits enfants vous avez une mère
Et tous les soirs près de votre berceau
Pour elle au ciel offrez votre prière
Aimez-la bien jusqu'au jour du tombeau
En vieillissant soyez bons, charitables
Aux malheureux prêtez votre secours
Il est si beau d'assister ses semblables
Un peu de bien embellit nos vieux jours
Derniers amours de ma vieillesse
Venez à moi petits enfants
Je veux de vous une caresse
Pour oublier, pour oublier mes cheveux blancs
Petits enfants quand j'étais à votre âge
Je possédais la douce paix du cœur
Que de beaux jours ont passé sans nuage
Je ne voyais que des jours de bonheur
En vieillissant j'ai connu la tristesse
Ceux que j'aimais je les ai vus partir
Oh laissez-moi vous prouver ma tendresse
C'est en aimant que je voudrais mourir
Derniers amours de ma vieillesse
Venez à moi petits enfants
Je veux de vous une caresse
Pour oublier, pour oublier mes cheveux blancs