
Je ne suis pas militant, loin de là. Je ne fais partie d'aucune association et cela ne m'intéresse pas outre mesure. Je me fiche de savoir si le mariage homosexuel sera accepté par la société ou s'il sera rejeté en bloc. Je me fiche du Marais, du ghetto, je me fiche de cette vie d'homo. Je me fiche qu'on dise pd, tafiole, tantouse... Je me fiche d'être différent, je me fiche tellement que ça en devient gênant et que ça finit par me toucher.
Mais mon problème aujourd'hui, ce n'est pas tous ces combats qui se mènent pour défendre le droit de cette minorité...
Laissez-moi vous raconter mes deux dernières journées.
Une nuit magique qui tourne court
Avant-hier, je passe la nuit avec mon chéri et tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. On a passé la nuit à l'hôtel — et oui, quand personne ne sait que vous l'êtes, vous finissez à l'hôtel... —, une nuit magnifique, pleine de tendresse, de câlins et de petits bisous. Je me lève de très bonne humeur, je prends ma douche, je dépose mon petit bonhomme au travail et je prends le RER pour aller vers Paris.
Don du sang : une discrimination qui persiste
Je passe devant un établissement français de dons du sang et je me souviens alors que ça fait quelque temps que je n'ai pas donné mon sang (environ 2 ou 3 mois). Donc, comme d'habitude, j'entre, tout le monde est tout sourire, c'est que du bonheur. Je remplis mon petit questionnaire et je passe devant le médecin.
Là, il me pose des questions assez banales du style : pas de problèmes de santé ? Pas d'intervention ? Pas de séjours dans une île tropicale ? Puis, il commence à s'orienter vers ma vie sexuelle, et là il me demande si j'ai une nouvelle partenaire depuis les trois derniers mois, etc. Ensuite il enchaîne trois questions qui semblent être sur le même plan : Avez-vous eu des pratiques à risques ? Avez-vous eu des relations homosexuelles ? Avez-vous été voir des prostitués ?
Un choix impossible : mentir ou renoncer
Moi, choqué, je ne sais pas quoi répondre. Si je dis oui, je ne pourrai pas donner mon sang... Si je dis non, je mens au médecin... Alors que faire ? Est-ce que parce qu'on est PD, on a forcément un sang dégueulasse ? Ce n'est pas la première fois que l'on me pose cette question et à chaque fois ça me choque et ça m'arrête...
Pour la petite histoire, j'ai répondu non, car sachant que mon sang est sain, je préfère mentir et le donner plutôt que de le garder pour moi...
Le vrai débat dépasse le mariage
Le vrai débat est-ce vraiment la question du mariage ? Je ne pense pas, il y a déjà pas mal d'autres inégalités à combattre !