
En France, 10 millions de personnes seraient porteuses du virus de l'herpès, à des degrés divers et dans des localisations variées.
L'herpès labial est le plus courant. Il revêt souvent le nom connu de « bouton de fièvre ». C'est l'herpès du visage le plus fréquent, mais l'herpès peut aussi toucher d'autres parties du visage et, dans une forme plus sévère, les yeux.
L'herpès génital, c'est-à-dire celui qui touche les parties sexuelles et avoisinantes, concernerait plus de 2 millions de personnes en France. C'est une maladie sexuellement transmissible (MST). Les crises, récidivantes, peuvent être à l'origine de douleur, d'inconfort et d'anxiété qui altèrent la qualité de vie.
Pourquoi l'herpès génital reste-t-il tabou ?
Méconnaissance, tabou de la MST, difficultés à en parler : trop de personnes concernées par l'herpès génital vivent leur maladie dans la honte, la culpabilité et la souffrance.
Peur des récidives : un impact psychologique important
Le retentissement de l'herpès sur la vie des personnes qui l'ont contracté est d'autant plus important qu'il s'agit d'une infection chronique, due à un virus dont on ne se débarrassera jamais.
Après la primo-infection — qu'il y ait eu des symptômes ou non — le virus migre le long du nerf sensitif qui innerve le territoire cutané infecté jusqu'aux ganglions nerveux (le bas du dos pour l'herpès génital). Il demeurera alors à vie latent dans ce refuge, d'où il se réactivera régulièrement, entraînant des poussées d'herpès appelées aussi « crises » ou « récidivances » herpétiques.
66 % des personnes souffrant d'herpès génital vivent dans la peur des récidives.
Impact sur la sexualité et la vie de couple
Comme toute maladie sexuellement transmissible (MST), l'herpès retentit sur la sexualité et la vie de couple, avec cette différence importante par rapport à d'autres MST : il s'agit d'une affection chronique.
L'herpès génital a des répercussions sur la vie sexuelle pour 3 personnes sur 5 (59 %) et sur la vie de couple pour près d'une personne sur deux (46 %).
La peur de contaminer son partenaire, mais aussi la peur des récidives ou de la douleur, plane sur la vie sexuelle. Au sein d'un couple stable, la perte de confiance, le sentiment de culpabilité et d'humiliation peuvent entraîner une diminution de l'intérêt et du désir sexuel, une altération de la capacité orgasmique et le refuge dans l'abstinence. L'herpès génital est un véritable « tue-l'amour ».

Comment annoncer son herpès à son partenaire ?
Parler d'herpès à son partenaire sexuel et lui donner toutes les informations sur cette maladie est toujours indispensable, qu'il s'agisse d'un partenaire occasionnel ou du conjoint habituel, car il s'agit d'une MST.
L'annonce du diagnostic d'herpès génital peut être difficile à faire dans un couple fidèle, car elle peut remettre en cause le lien de confiance établi et entraîner culpabilité et doute. Mais il faut savoir que la contamination par le virus de l'herpès génital est difficile à dater : la primo-infection passe souvent inaperçue, de sorte que le partenaire a pu être infecté par le virus avant d'avoir fondé un couple stable. Il a pu ainsi s'écouler des années entre la contamination et le réveil actuel du virus. Plus rarement, le virus peut être véhiculé de la main à l'appareil génital.

Comment fonctionne le virus de l'herpès ?
Une fois dans l'organisme, le virus se multiplie à l'endroit de la pénétration puis gagne un ganglion nerveux, situé à l'arrière du cou pour l'herpès labial et au bas du dos pour l'herpès génital. Là, il élit domicile à vie.
Il ressort plus ou moins régulièrement, reprend le même trajet nerveux qu'à l'aller et réapparaît là où il a été contracté : ce sont les poussées d'herpès, appelées aussi « récidivances » ou « crises », dont la fréquence et l'intensité varient d'une personne à l'autre.
Le premier contact de l'organisme avec le virus passe inaperçu dans 90 % des cas. Lorsqu'il se déclare en revanche, il se manifeste généralement par des signes très douloureux au niveau de l'infection. On ne peut pas supprimer définitivement ce virus, mais grâce aux traitements et à quelques règles simples d'hygiène de vie, on peut apprendre à anticiper les crises pour mieux vivre avec.
Peut-on être porteur du virus sans le savoir ?
Certaines personnes peuvent avoir été en contact avec le virus et ne jamais développer de signes visibles d'herpès. Malgré cette absence de signes, la contagiosité demeure possible.
Reconnaître les symptômes d'une poussée d'herpès
Les signes annonciateurs précédant de quelques heures à quelques jours la « sortie » du virus sont des picotements, des sensations de brûlure, d'engourdissement et de douleur.
Ces signes sont suivis, quelques heures ou quelques jours après, par une rougeur, des petites cloques, puis des croûtes. La cicatrisation intervient au bout d'une dizaine de jours. Ces signes sont les mêmes pour tous, hommes et femmes, enceintes ou non. Cependant, ils sont souvent moins douloureux et la guérison plus rapide chez l'homme.

Traitement de l'herpès : comment se soigner efficacement ?
Le traitement des poussées d'herpès fait appel à des médicaments antiviraux spécifiques administrés pendant quelques jours.
Ces médicaments sont d'autant plus efficaces qu'ils sont pris tout au début de la poussée. Au tout début d'une poussée, le virus HSV revient vers son point d'entrée cutané ou muqueux en cheminant le long des cellules nerveuses. C'est à ce moment que sont ressentis les signes annonciateurs et que le traitement est le plus efficace pour enrayer la multiplication du virus.
Pendant les poussées, il est déconseillé d'utiliser un traitement oral ou local, autre que celui prescrit par le médecin. Cela peut être inutile et, parfois, interférer avec l'efficacité du traitement antiviral. De plus, les spermicides et les antiseptiques locaux ne doivent pas être utilisés en prévention du risque de transmission d'un herpès génital : aucune étude n'a démontré leur efficacité pour protéger un partenaire indemne.
Prévention de l'herpès : protéger son partenaire
À chaque rapport sexuel, quel que soit le partenaire, si vous n'avez pas de test : n'oubliez pas le préservatif !
Se soigner, c'est aussi protéger les autres. La prévention reste le meilleur moyen d'éviter la transmission du virus.
