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Lifestyle

Fumées envoutantes...

De l'euphorie initiale à l'enfer de la dépendance, découvrez un récit poignant sur la dérive des drogues douces.

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Tout commence par la découverte d'un tourbillon de joie, de rire, d'insouciance et de gaieté.

La défonce, cette source d'évasion, matrice de délires innovants et porte ouverte sur de nouvelles dimensions, nous emporte dans un monde irréel dont seule notre imagination possède la clé. Nous y vivons des festives orgies où l'oubli règne en souverain.

Fumées hypnotiques, vous avez brisé en moi le fil de la réalité. Vous avez largué les amers du concret et mené mon cerveau à une osmose céleste qui surpasse le nirvana. Vous avez plongé ma conscience rêveuse dans les réflexions complexes de l'existence et dévoilé à mes yeux un jour encore inconnu, que l'innocence ne m'avait pas offert.

Il n'est pas difficile de forger autour de soi ce petit cocon qui n'appartient qu'à nous. Tissant joint après joint, taf après taf, on crée un univers reflet de nos envies, d'où la lumière émane, plus chaleureuse que celle d'une mère, et où la raison cède la place aux douces utopies que nourrit notre folie.

Mais quand les vents nous ont portés trop haut vers l'infini, il n'est pas facile de retomber. Comment quitter ces cieux qui remplissent notre vie d'illusions de bonheur et de paix ?

La raison ne nous est rendue que lorsque le tourbillon se déchaîne. Alors, le corps se replie sur lui-même, prisonnier de lourdes chaînes. L'âme, devenue apathique, supplie jusqu'aux hurlements. Des yeux larmoyants s'ouvrent sur la macabre scène de la vie, déchirant à jamais les passions les plus fortes.

Le temps se perd en nous-mêmes, l'action s'évanouit en pensées et le monde peu à peu se referme, ne nous laissant bientôt plus que nos propres contrées à explorer. Cette liberté qui nous semblait donnée apparaît maintenant comme la pire des prisons.

Épuisement, étouffement, lassitude, besoin d'air : le rire s'efface, l'humour aussi. Cette oasis a bien perdu de son charme. Le quotidien l'a dévorée, l'habitude l'a rongée.

Aux aspirations succède la démotivation, à la clairvoyance l'aveuglement, aux sentiments l'indifférence, à l'extravagance l'introversion, à la douceur d'un joint son âcreté. Plus qu'une seule idée demeure, obsédante et omniprésente : se libérer, s'évader de cette dépendance destructive.

D'un champ fleuri, il ne reste qu'un désert cahoteux, où peu à peu, j'essaie de redonner les couleurs de la vie. Le piège n'est pas là où on le croit.

À bientôt !

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esther
esther @esther
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