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Lifestyle

Face au rejet

À 7 ans, j'ai perdu un doigt à la suite d'une infection grave. Ce qui m'a le plus marqué, ce n'est pas l'opération, mais le rejet que j'ai subi ensuite à l'école. Voici mon témoignage.

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Je fais cet article pour essayer de faire comprendre aux gens comment les personnes rejetées le vivent. Quand j'ai commencé l'école, j'avais des amis, mais je savais que ce n'étaient pas des vrais. Pour moi, les vrais amis sont ceux que l'on peut appeler n'importe quand, à n'importe quelle heure, qui sont là quand on tombe pour nous relever, etc.

J'en avais pas mal des amis, mais j'avais aussi des ennemis. Tout le monde en a. Mais un jour, tout a basculé...

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Tout bascule

Ce jour-là, je m'en souviendrai toute ma vie. C'était un mardi à midi, au mois d'avril. J'étais en 4ème année primaire, on dînait tranquillement quand mon frère me dit :

« Tu as quoi au doigt ? »

Mon doigt était rouge et enflé. Ma mère me l'a pris, a appuyé dessus en versant du désinfectant, puis m'a dit :

« Tu as un panaris, il faut aller à l'hôpital. »

Un panaris, c'est une infection : tu as du pus dans le doigt et ça attaque à l'intérieur. On est allés à l'hôpital et là, ils m'ont opéré d'urgence et m'ont gardé. J'ai subi 3 opérations pour le sauver, mais ça n'a pas marché.

Un jour, un médecin est venu dans ma chambre et m'a dit :

« On n'a pas le choix, il faut qu'on vous le coupe, sinon vous risquez de mourir. Il vous reste 4 heures à vivre. »

J'avais le sang qui était aussi infecté et mon cœur l'était aussi. Là, je n'ai plus rien dit. J'avais 7 ans, mais je n'étais quand même pas bête. J'étais choqué. Bien sûr, je savais que je n'avais pas le choix, que je n'avais qu'une solution, que j'étais obligé de me refaire opérer pour la énième fois.

Une heure après, deux infirmiers sont venus me chercher et m'ont emmené en salle d'opération. Ils m'ont endormi totalement. Quand je me suis réveillé, j'étais dans ma chambre. Il y avait un infirmier assis sur la chaise à côté de mon lit. Il me regardait. Je l'ai regardé et il m'a dit :

« Ça va ? Comment te sens-tu ? Tu veux quelque chose ? »

Je lui ai dit : « Ça va, sauf que j'ai très mal au doigt... »

Et là, j'ai commencé à pleurer. Je me suis vidé de toutes les émotions que j'avais accumulées depuis le début.

La sortie de l'hôpital et le rejet

Quelques jours plus tard, j'ai pu rentrer chez moi. En tout, j'avais fait 3 mois et perdu 10 kg car je ne mangeais presque pas.

Quand j'ai pu reprendre l'école, tout le monde me rejetait juste à cause de mon doigt. Ils me traitaient d'alien, d'étranger, et de plein d'autres surnoms. Tout ça m'a suivi jusqu'à ma dernière année scolaire. J'ai souvent voulu me suicider car j'en avais marre, je n'avais plus confiance. Même maintenant, je n'ai pas confiance en moi. Non seulement j'étais blessé intérieurement, mais aussi physiquement.

Le ressenti face au rejet

Quand on est rejeté, on se sent inférieur aux autres. On croit qu'on n'est pas normal. On essaie de se montrer fort et de faire semblant de ne pas se soucier de ce que les autres disent, mais en fait, on n'y arrive pas vraiment. On se renferme sur soi-même.

Et pourtant, les gens que l'on rejette sont différents, mais tout le monde est différent. Donc en fait, ils sont comme tout le monde : avec des qualités et des défauts, des points forts et des points faibles. Mettez-vous à la place de la personne et vous verrez : il ne faut pas juger par rapport à l'extérieur, mais à l'intérieur. Comme on dit : « L'habit ne fait pas le moine. »

Maintenant et pour toute le reste de ma vie, j'aurai ce doigt qui me manquera. Je pourrais mettre un faux doigt, mais je n'en ai pas envie. J'ai un doigt en moins et voilà. Des gens m'acceptent comme je suis et d'autres pas.

Voilà, j'espère que ça vous fera réfléchir et changera votre regard sur les personnes rejetées.

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bebelle_g
Lorena ... @bebelle_g
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