Image 1
Lifestyle

Elle était enceinte de 5 mois...

Témoignage bouleversant sur une grossesse non désirée à 5 mois et les difficultés d'une IVG tardive, vécues par une étudiante de 18 ans.

As-tu aimé cet article ?

Image 1
Image 1
Elle a 18 ans, elle est à la faculté en première année de psychologie. Elle travaille beaucoup et les études comptent énormément pour elle. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle n'aime pas s'amuser, sortir et faire la fête comme tout le monde.

Il y a une semaine de cela, elle m'a téléphoné pour me donner rendez-vous dans notre café préféré. Elle avait l'air bouleversée.
Je suis arrivée avant elle et lorsque je l'ai vue franchir la porte, elle était en pleurs. Je ne l'avais jamais vue pleurer auparavant.

Elle s'est assise à côté de moi, elle a commandé un café et a allumé une cigarette, et puis elle m'a tout raconté... Je ne savais pas quoi lui dire, je ne savais pas s'il fallait la réconforter ou plutôt la dissuader. Tout était très confus dans ma tête alors je n'ose même pas imaginer ce qu'il en était dans la sienne...

Elle venait d'apprendre qu'elle était enceinte !

Image 4
Image 4

Une grossesse plus avancée que prévue

En fait, c'était plus complexe que cela encore, car cela faisait 2 semaines qu'elle n'avait plus ses règles. Elle pensait donc que si elle était enceinte, ce ne serait pas depuis très longtemps ; elle pourrait envisager une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) sereinement, du moins autant que cela est possible.

Elle s'est donc rendue chez un gynécologue pour en avoir le cœur net. Le docteur lui a fait ce qu'on appelle une échographie pelvienne. En fait, c'est une échographie interne : le médecin introduit une sorte de stylo assez long avec une micro caméra au bout dans le vagin pour pouvoir apercevoir un potentiel bébé.

Mais dans le cas de mon amie, il ne s'agissait plus de possibilité ou de probabilité car elle était vraiment enceinte. Et ce n'est pas tant cela qui l'a surprise car quelque part elle s'y attendait.

Le gynécologue devait être aussi étonné que moi lorsque je l'ai appris, quand il a annoncé à mon amie qu'elle était enceinte de quatre mois et demi. D'ailleurs, la concernant, je ne pense pas que l'on puisse vraiment appeler cela de la surprise...

Ce que je trouve un peu dur en revanche de la part du docteur, qui savait que mon amie ne pouvait pas garder le bébé si elle était enceinte, c'est qu'il a agi avec elle comme si c'était la meilleure nouvelle du monde.

Il lui a imprimé l'échographie et lui a donnée, en prenant bien la peine de lui montrer où se trouvaient les mains, les pieds, etc. Mais le pire a tout de même été lorsqu'il lui a dit qu'elle était enceinte d'une petite fille.

Les difficultés pour avorter à 5 mois

Et c'est à partir de ce moment que sa vie est devenue un enfer car elle venait de réaliser deux choses atroces.

La première étant que son petit ami n'était pas le père car elle s'était séparée de son ex quelques mois plus tôt. D'ailleurs, lorsqu'elle lui a annoncé la nouvelle, il ne l'a pas très bien pris. Mais surtout, la deuxième chose c'est qu'en France, les IVG ne sont pratiquées que grand maximum jusqu'au quatorzième semaine (troisième mois). Ce qui voulait donc dire qu'elle ne pourrait pas avorter, du moins pas en France.

Par conséquent, elle a téléphoné à une clinique en Espagne qui, moyennant 800 euros, pratiquerait l'intervention.

Sur le moment, lorsqu'elle m'a dit qu'elle allait tout de même le faire partir, j'ai eu beaucoup de mal à comprendre car après tout, il ressemblait à quelque chose. Ce n'était plus un embryon mais un bébé, son bébé. D'autant plus que je suis moi aussi enceinte mais seulement de 6 semaines, et que j'ai fait une fausse couche en septembre dernier et que je meurs de peur à l'idée de perdre de nouveau mon bébé.

Mais j'ai beaucoup réfléchi et il est impossible de comparer nos situations. Moi, je vais avoir bientôt 20 ans, mon copain en a 25, et cela fait 2 ans que l'on est ensemble. Alors qu'elle, cela ne fait que quelques mois qu'elle est avec son copain. En plus, ce n'est pas son enfant, elle a 18 ans, et elle ne se sent pas prête pour assumer une telle responsabilité.

Certains diront que c'est dégueulasse de faire une chose pareille, d'autres comprendront son point de vue.
En ce qui la concerne, je peux vous assurer qu'il faut une sacrée force morale pour faire ce qu'elle a fait, car je peux vous assurer que ce n'était pas de gaieté de cœur... L'intervention a eu lieu deux semaines plus tard. Elle était donc enceinte de 5 mois exactement quand elle a fait partir son bébé.

Image 3
Image 3

Le poème écrit après l'IVG tardive

Voici ce qu'elle a écrit après sa grossesse :

Je sens que Maman est très belle, et elle me dit que Papa est très beau.
J'aimerais m'appeler Jordan, ça me plairait tant.
Mais Papa ne veut pas, Papa dit que ce n'est pas possible.
Aujourd'hui maman a rendez-vous chez le médecin.
Il lui a dit que je naîtrais en août.
Maman est triste, elle pleure peut-être.
Aujourd'hui il y a un beau rayon de soleil.
Mais je ne le verrai jamais car,
Aujourd'hui Maman a décidé de me tuer.

La détresse de mon amie est beaucoup plus profonde que quiconque peut l'imaginer, et tout ce que je peux faire pour elle, c'est être là quand elle en a besoin.

As-tu aimé cet article ?
athénaïs
2 articles 0 abonnés

Commentaires (16)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires