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De l'éducation

À 18 ans, je questionne notre système éducatif qui formatte les jeunes et étouffe la pensée critique. Un regard sans concession sur l'école, la politique et la société.

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Depuis le deuxième trimestre de mon année de sixième, j'ai pris une très importante décision, je dirais même décisive pour la tournure future de ma vie. En effet, tant que je poursuivrai mes études, je ne travaillerai plus — « je n'en branle plus une », pour reprendre une expression plus courante. Pas pour me la péter ni pour faire le marginal, simplement parce que je me suis rendu compte, plus ou moins (plus moins que plus mais bon...), que j'avais des choses beaucoup plus intéressantes (à court terme certes...) à faire ou à découvrir. Il se trouve que pour l'instant, ça marche. Si jamais ça n'était plus le cas, et bien... j'aviserais.

« Walid, pourquoi tu travailles pas ? », « Walid c'est mal si tu travailles pas, t'as rien à faire en prépa », « Walid y a un jour tu vas te casser la gueule si tu continues »... Voilà le genre de remarques auxquelles j'ai le droit tous les jours depuis. Et c'est à ce genre de remarques que je réponds : « Et alors ? ». C'est fou comment les gens cherchent à faire pression sur ce sujet. À croire qu'ils ne peuvent se sentir bien s'ils sont les seuls à travailler autant. Et pourquoi échouerait-on forcément si l'on ne travaillerait pas comme on nous l'impose au lycée ? Pourquoi le degré d'intérêt que l'on porte à une matière se mesurerait-il en fonction du temps de travail passé dessus ?

Un système éducatif qui étouffe la pensée critique

De plus en plus, les études se concentrent simplement à apprendre à lire, à compter, et surtout à reproduire à l'identique une démarche que l'on nous bourre dans le mou. C'est-à-dire que l'on nous pousse à ne réagir qu'instinctivement : action/réaction, problèmes/solutions, 0/1, et ainsi revenir à un état animal perdant ainsi ce qui fait de nous des hommes. C'est simple : on prend la filière scientifique, on enlève le plus de matières littéraires possible (un ingénieur voué à travailler dans l'international n'a que 2h d'anglais par semaine... :s) et on fourre des maths en vrac (contre 10h de maths et 10h de physique-chimie...). Et après, c'est simple : bourrage de crâne pour que tout le monde prenne cette filière. C'est pas compliqué, le schéma d'aujourd'hui c'est : t'es bon, tu vas en S ; sinon en L ; et si t'es un glandeur, va en ES. C'est très con et très cliché, mais voilà où on en arrive de nos jours.

Comment peut-on encore faire des découvertes si on ne fait que reproduire les anciens ?

L'absence d'éducation politique chez les jeunes

J'ai 18 ans, dans quelques mois je vais devoir voter. Participer à l'élection de celui qui dirigera le pays pour les 5 ans à venir. Et y a pas deux jours, une personne de mon âge me demande : « Pour qui je dois voter ? Je comprends rien moi. Mais j'aime bien la tête de Ségo... ». Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Comment se fait-il qu'on ait aucune éducation politique ? On est jeté dans une arène et on doit de nous-mêmes apprendre à lire un texte de loi. Personne ne sait plus lire une campagne et après on se plaint d'être manipulé par les médias et les politiques.

Les jeunes ne savent plus ni s'expliquer ni débattre, et après on s'étonne que le seul moyen qu'ils trouvent de se faire entendre est de brûler des voitures. Si l'on veut se cultiver, on est obligé de le faire de nous-mêmes en casant cela entre les heures de maths :s...

Le mépris de la voie professionnelle et de l'orientation

Et pour finir, on se fout de savoir qu'un jeune ne va pas en cours parce qu'il s'y sent perdu, qu'il a refusé de suivre sa vocation de charpentier parce qu'un apprentissage c'est pour les « cassos », qu'il veut changer de classe parce qu'il en a marre de pleurer tous les soirs en repensant à ce qu'il se prend dans la gueule simplement parce qu'il est en SEGPA (« Bouh le mongol », « Eh moi je connais des meufs en SEGPA qui ont plus de barbe que moi ! »... Pitoyable.). On s'en fout de tout ça, nous pour réagir à ça on l'oblige à venir en cours, on le sanctionne s'il veut pas et on lui ferme toutes les autres portes pour son avenir.

Prendre le temps de vivre avant de travailler

On passe 25 ans de notre vie à étudier et le reste à travailler. Moi c'est décidé, j'aurai un jour une famille à assumer alors si je dois en profiter, ce sera maintenant ou jamais.

Je resterai toujours persuadé qu'il n'y a jamais une seule manière de faire, jamais une méthode unique. Il est possible de trouver son rythme et de faire ce qui nous plaît. Seulement, prends ton temps, réfléchis bien à ce que TOI tu veux faire et lance-toi sans te soucier de ce que l'on te fourre dans le crâne ou tu feras les mêmes erreurs que moi.

Tout tient à ça : vit-on pour travailler ou travaille-t-on pour vivre ?

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the_walou
the_walou @the_walou
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