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Comment devient-on artiste ?

Du gribouillage à l'œuvre d'art : explorez les 5 étapes psychologiques qui transforment un enfant en véritable artiste, de l'incapacité technique à la création pure.

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Il est impossible que la vie soit uniforme. La métaphysique, la psychologie et même la biologie ont démontré qu'il existe des étapes, une suite progressive d'états, un développement. Il en va de même de l'esprit artistique.

Pourquoi l'enfant commence-t-il par gribouiller ?

Si l'on observe avec attention les dessins d'un jeune enfant, on peut y voir des gribouillis qui pourraient passer pour des chefs-d'œuvre d'art moderne, s'il n'y avait pas derrière l'intention de reproduire la réalité. Celle-ci s'explique facilement : l'enfant arrive dans un monde qu'il ne connaît pas encore. De même qu'il découvre et conceptualise les objets par le contact, il découvre et conceptualise l'ensemble du monde à travers la reproduction fidèle (du moins pour lui et ses parents) de celui-ci par le dessin. Cet état se caractérise par une ignorance enfantine de l'abstraction ou de l'implication d'une pensée dans le dessin par manque de technique : c'est l'état d'incapacité technique.

Comment la maîtrise du geste mène-t-elle à la reproduction ?

Plus tard, lorsque l'enfant aura appris à maîtriser ses mains, le papier et le dessin, il passera obligatoirement par plusieurs années de reproduction plus ou moins fidèle de la réalité. Ce n'est plus pour faire connaissance avec ce qu'il voit, mais avec son propre corps et, plus particulièrement, sa faculté à dessiner. La durée de cette étape peut être plus ou moins longue, mais elle est sans importance : elle devrait normalement finir par passer. C'est l'état d'incapacité créative. L'enfant pourra alors préférer des portraits, des paysages ou des croquis, des reproductions de dessins utilisés comme modèles...

Quels sont les différents chemins de la création artistique ?

Cette préférence est déterminante pour la prochaine étape. Celui qui préfère les portraits ne fait, en fin de compte, que reproduire avec plus ou moins de talent, mais sans véritablement créer ; c'est l'état de stérilité créatrice. La personne a pris connaissance de son corps et de sa faculté à dessiner, mais plutôt que de créer véritablement, elle ne fait que dessiner sans réelle intention.

Celui qui préfère les paysages fait au moins le choix du paysage à peindre. Il est capable de juger d'un angle, d'un cadre, de couleurs, et peut même se détacher de la réalité en intensifiant les couleurs ou en épaississant le trait... C'est l'état de détachement créateur.

Quant à celui qui a préféré les croquis, les personnages imaginaires ou ce qu'il rêve mais qui n'existe pas, il a compris que le beau n'était pas l'essence de l'art, mais la création. Il a compris, même implicitement, que l'art était un moyen de rendre réel ce qui soit n'est pas réel, soit ne peut être réel. C'est l'état de potentiel créateur.

Qu'est-ce qui fait la quintessence de l'artiste ?

La dernière étape n'est pas toujours atteinte : elle concerne davantage la métaphysique de l'artiste que ses sujets ou sa technique. L'art est un moyen de concrétiser une pensée, un rêve. Or, la vision que l'on a du monde vient des sensations qui nous en parviennent, de l'interprétation que l'on en fait et des Idées et concepts, au sens socratique du terme, que l'on a déjà. Si bien qu'en fin de compte, on se crée son monde, on ne le vit pas, on le rêve.

Matérialiser par l'art un rêve, c'est donc mettre sur toile, en note, en scène ou en mots ce qui est en fait un rêve dans le rêve. Celui qui a compris que la vie est un rêve et que la pensée est un rêve dans le rêve, celui-là est un artiste.

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expandablehumans @expandablehumans
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