
Je vis dans une banlieue dite « chaude ». Plusieurs fois, nous nous retrouvons pris entre deux feux : balancer un ami, ou ne pas le balancer. Encore aujourd'hui, j'ai dû y faire face.
Témoignage : un choix impossible entre deux camps
Des amis à moi (nous les appellerons « le Gang », ils étaient trois) attendaient un autre ami (« Rico ») à la sortie du collège. Rico ne connaissait personne du Gang ; j'étais le seul à les connaître. Avec des amis et Rico, nous voulions aller dans un bar pour nous désaltérer. Sur le trajet, un membre du Gang m'a appelé et m'a dit qu'ils allaient tabasser Rico, puis voler son portable. Je leur ai dit de ne pas le faire, mais en vain...
Une fois au bar, le Gang a appelé Rico. Je voulais les suivre pour intervenir, mais je n'aurais rien pu faire. Je suis resté assis. Une ou deux minutes plus tard, Rico revenait en courant, avec un cocard près de l'œil droit. Il a porté plainte. Étant le seul à connaître le Gang, j'ai reçu un appel du commissariat. Ils m'ont demandé ce que je savais, et je le leur ai dit.
Pourquoi j'ai choisi de dénoncer mes « amis »
Deux solutions s'offraient à moi : aider un ami victime, ou laisser le Gang (amis eux aussi) en liberté pour recommencer. L'acte commis par le Gang me semblait intolérable. C'est pourquoi j'ai dit tout ce que je savais à la police. Le Gang a été interpellé, puis placé dans un centre pour jeunes délinquants.
Le Gang m'avait menacé de mort si je les balançais, mais je sentais que je devais le faire.
Dénoncer : acte de courage ou de lâcheté ?
Je pense que ceux qui traitent les autres de « balances » lorsqu'ils aident des amis et empêchent les petites frappes de recommencer devraient y réfléchir plus sérieusement.
Balancer n'est pas du tout un signe de faiblesse, comme beaucoup le pensent. C'est plutôt un signe de courage.
Certes, il peut être difficile de balancer des amis. Mais s'ils commettent des actes inacceptables envers d'autres, c'est qu'ils ne sont pas vraiment vos amis. Ce ne sont que des connaissances, c'est tout.
Voilà ce que je pense... À bientôt !