
Le BAC, on nous y prépare depuis le CP sans nous le dire, peut-être même avant ! Et quand, en CE1/CE2, on commence à nous en parler, on l'appelle « le grand examen » ou « le grand contrôle », ou par d'autres noms encore. Le BAC est un objectif que la société nous pousse à atteindre, et plus on évolue dans sa scolarité, plus le Bac devient une affaire concrète et stressante (enfin, pas pour tout le monde !). Plusieurs étapes nous mènent vers ça : le brevet en 3ème, le Bac français en 1ère, et puis on y arrive — TERMINALE — c'est l'année du BAC !
Mon année de Terminale : travail acharné et sacrifices
Alors moi, arrivée en TERMINALE, je me dis : « Cette année, il faut que je bosse dur, il faut que je l'ai, que je me défonce pour l'avoir. » C'est dans cet état d'esprit que je fais toute mon année. Il faut que je l'ai et, pour cela, je mets toutes les chances de mon côté : je bosse comme une malade, je ne sors plus (déjà que je ne sortais pas beaucoup avant). Dans ma famille, on me prend pour une sainte. Par exemple, cette année scolaire, je ne suis allée au cinéma que 3 fois (alors que j'adore y aller). Si je comptabilise mes sorties de l'année, je n'ai pas besoin de plus que mes deux mains.
Je me cloître, je participe aux cours et mets ma timidité de côté. Je n'hésite pas à poser des questions aux professeurs, à faire plus de devoirs qu'il n'en faut ! Bref, une année plus que studieuse. Les garçons, cette année, ça ne m'intéressait pas plus que ça, ce n'était plus ma priorité. Je faisais tout mon possible pour être dans les bonnes grâces des profs — enfin, je pense que vous avez compris !
Les filles que je fréquente au lycée me prennent pour un bourreau de travail. Elles me disent que j'en fais trop, que je suis vraiment trop scolaire, alors qu'elles, au contraire, ne foutaient pas grand-chose ! Cette année, j'ai vraiment été une bonne élève. D'ailleurs, tous les profs n'ont pas tari d'éloges sur mon bulletin à mon sujet — vraiment, un livret d'élève modèle.
« C'est pas pour rien que dans Terminale il y a terminé. »
Les épreuves du Bac : entre stress et soulagement
Maintenant, les épreuves. Elles se sont passées plutôt bien : je pensais avoir bien réussi la philo, l'histoire/géo, l'anglais et les TPE, et avoir foiré la littérature et l'espagnol. Les épreuves, ce n'est pas le plus pénible parce que notre esprit est occupé à ce que nous sommes en train de faire — pas le temps de penser au futur ou à autre chose !
Le plus dur, c'est l'attente : les quasi 3 semaines d'attente à se demander si on a réussi ou pas, et les gens ne cessent de nous demander comment ça s'est passé — question à laquelle on n'ose pas répondre !
Le jour des résultats : le choc du rattrapage
Les résultats. De chez moi au lycée où sont affichés les résultats, il y a bien une heure de transports — c'est la galère. Dans les transports, je me fais tripoter, angoisse. En plus, je ne sais pas où se trouve la bouche de métro. Dans le métro, la pression monte. Au sortir du métro, on se demande si notre cœur va résister à ce stress. Je rencontre des gens de ma classe qui sont heureux : ils ont eu leurs résultats et ils jubilent.
Moi, je m'approche de la vitre où sont scotchés les résultats. En face de mon nom, il y a écrit : PASSE AU SECOND TOUR ! Quoi ? Je ne comprends pas. Je relis une seconde fois, puis une troisième fois. Comment est-ce possible ? Avec tout le travail que j'ai fourni cette année, je ne mérite pas ça !
Je retourne en arrière. Mes profs, qui étaient venus nous soutenir, me demandent ce qu'il en est. La gorge serrée, je réponds que je passe au second tour. Les profs sont étonnées ; elles me demandent d'aller chercher ma colleante (les notes). J'y vais et rencontre un copain de classe — lui aussi passe au rattrapage. Comment est-ce possible ? Ce n'est pas possible !
Et ces personnes qui ne foutaient rien et qui venaient en VIP en cours, elles l'ont eu. Il y a eu erreur ! En plus, elles ne me calculent plus quand elles apprennent que je passe au rattrapage, ou sinon elles me narguent.
33 points à rattraper : un défi impossible ?
J'y vais et je dois ressortir pour demander conseil à mes profs pour les matières que je dois repasser : 33 points à rattraper. Il faut que je prenne la philo et que j'obtienne 10 pour récupérer les points qui me manquent. Cet objectif me paraît impossible à atteindre ! Mais bon, l'après-midi, je dois me rendre à un cours de philo organisé par notre prof — pour cela, je dois poser une journée de congé, ce qui m'agace. Mais j'y vais !
Et le week-end, je révise comme jamais, en répondant au téléphone et en avouant ma « tare ». Même ma prof de littérature me téléphone pour m'encourager ; elle me dit qu'elle n'en revient pas, que je ne méritais pas ça !
Le rattrapage : la délivrance finale
Le rattrapage. Histoire en premier : je connais tellement mon cours que le prof me coupe et me demande combien de points il me manque. Sur les 33 manquants, il m'en rajoute 20 ! En philo, je fais rire la prof — c'est plutôt bon signe — et elle me rajoute 42 points !
Le soir, il faut attendre de 17h20, heure à laquelle je sors de mes oraux, jusqu'à 20h15. Et enfin, je l'ai ! Mes parents sont fiers de moi, ma famille aussi. Je suis contente que tout le monde ne soit pas hypocrite ! Je l'ai, mais je ne suis pas aussi satisfaite que si je l'avais eu du premier coup. La mention, je n'y pensais pas, mais quand même...
Le Bac remet-il en question la notion de mérite scolaire ?
MORALE : Le Bac n'est pas une question de mérite. Ce n'est pas non plus une récompense, car je connais un paquet de gens qui, en ayant travaillé dur toute l'année, vont être obligés de retaper l'année prochaine !
Le Bac, c'est comme si vous jugiez une personne sur son humeur du jour. On ne peut pas vous juger là-dessus. Le livret, lui, est une preuve de ce que vous êtes, de ce que vous faites.
Je vais maintenant faire un petit discours comme si j'avais gagné un award ou un truc dans le genre (c'est à prendre au sérieux) : je tiens à remercier mes profs pour leur investissement personnel, pour avoir été plus que de simples profs ! Je tiens à remercier mes proches pour m'avoir soutenue et comprise ! Je tiens à féliciter tous ceux qui auraient mérité d'avoir le Bac et qui ne l'ont pas eu, et j'emmerde tous les cocus (qui ont eu de la veine) et qui ont eu leur Bac !