
La peur n'est qu'une partie de la vie que chaque individu affronte selon ses capacités. Certains êtres, plus rares, vont au-devant de ce que le corps considère comme une menace à sa survie.
Les poils se hérissent, la gorge se noue, l'eau s'écoule le long des tempes, le sang se glace pour ne laisser à notre conscience que la sensation de solitude et de froideur annonçant l'imminence de la mort.
Tous les mots, toutes les images perdent leur sens pour ne laisser place qu'à la hantise du sang… et à la volonté d'atteindre les limites de la vie. Mais gare aux ambitieux : la mort est beaucoup plus proche de vous que la vie ne l'est des morts. Sachez mettre fin à l'expérience avant que le chemin du retour ne soit complètement effacé !
Jill Valentine et Chris Redfield sont de ceux qui ont oublié que leur âme résidait dans leur corps pour une seule raison : que ce dernier soit encore apte à mettre un pas devant l'autre sans risquer de buter sur ses propres organes.
Eh oui, le premier opus de la série Resident Evil est enfin de retour en exclusivité sur Nintendo GameCube après avoir été une exclusivité Sony sur PSX. Et ce n'est qu'un début : pas moins de six épisodes sont prévus au total, incluant les quatre versions améliorées de la série déjà sortie sur PlayStation One (Resident Evil ; Resident Evil 2 ; Resident Evil 3: Nemesis ; Resident Evil Code: Veronica X), mais aussi deux nouveaux épisodes totalement inédits (Resident Evil Zero ; Resident Evil 4) prévus, tenez-vous bien, uniquement sur GameCube… Que du bonheur !
Pourquoi le remake de Resident Evil est un succès planétaire ?
Jamais un jeu vidéo n'avait osé aller aussi loin dans le gore et l'horreur. Le sang, les zombies, une réalisation excellente, une ambiance des plus flippante ont fait de la série Resident Evil un succès planétaire incontesté. De plus, un scénario travaillé et particulièrement dramatique saura donner aux joueurs le plaisir d'angoisse tant recherché. Le jeu le plus terrifiant jamais créé vient enfin redonner forme vivante à vos cauchemars les plus redoutés, enfouis au fond de vos nuits les plus sombres depuis 1996 (date de sortie du premier épisode de la série).
Scénario : l'horreur au manoir Spencer
L'aventure se déroule au pied de la montagne d'Arklay, dans la contrée de Raccoon City, et plus précisément dans le manoir perdu au beau milieu d'une forêt dense.
L'équipe Bravo de l'unité d'intervention spéciale S.T.A.R.S. a été annoncée disparue à la suite d'un crash d'hélicoptère. L'équipe était chargée d'élucider le mystère qui régnait dans cette forêt suite à d'étranges disparitions. Il s'avère maintenant que cette équipe elle-même a été prise au piège dans cet engrenage qui s'avèrera extrêmement meurtrier. C'est pourquoi l'équipe Alpha des S.T.A.R.S. est dépêchée sur place par hélicoptère afin d'enquêter sur ces événements.
L'unité spéciale S.T.A.R.S. (Special Tactics And Rescue Service) compte parmi ses membres Jill Valentine et Chris Redfield. Fondée en 1996, elle se voit confier l'une des missions les plus meurtrières de son histoire… Nul besoin de vous préciser davantage que les morts-vivants seront au rendez-vous.
Prise en chasse dès le pied posé au sol par des chiens ayant la colonne vertébrale à l'air libre, l'équipe n'a d'autre solution que de trouver au plus vite un refuge… Vous l'avez deviné, celui-ci sera le manoir de Raccoon City, lieu de prédilection pour meurtres à carotide ouverte…
À peine la porte du manoir franchie, l'équipe se rend rapidement compte que la moitié de ses effectifs ne répond pas à l'appel. Elle se sépare donc pour chercher les disparus et, bien sûr, à la fin de cette histoire, vous vous retrouverez seul(e) à devoir survivre contre ces cannibales. Dès les premières secondes de jeu, la peur vous remuera le ventre ; il vous suffira de flâner quelques secondes dans les couloirs pour découvrir avec stupeur le cadavre de l'un de vos collègues dévoré par les zombies…
Personnages et armes : Jill ou Chris ?
Avant le début de l'aventure, vous devrez choisir lequel des deux personnages, Jill Valentine ou Chris Redfield, vous désirez incarner. Selon votre choix, l'aventure proposera quelques variantes tout en restant globalement la même… Le niveau de difficulté se choisit également à ce moment-là : Chris n'est armé au début de l'aventure que d'un couteau de chasse, alors que Jill est équipée d'un pistolet 9 mm. Autant vous dire qu'achever des morts-vivants au couteau n'est pas une mince affaire…
Les armes seront vos principaux alliés dans cette aventure. Ne comptez pas sur vos amis pour vous tenir la main, car eux ont les mêmes problèmes que vous, s'ils ne font pas déjà partie de la tapisserie…
Prenez donc bien soin de ne pas gâcher les munitions inutilement : chaque balle vous sera extrêmement précieuse. Il faut au minimum 5 balles bien placées (dans la tête) pour être sûr qu'un zombie ne se relèvera plus… Autant vous annoncer que chaque chargeur de 10 balles (pour le pistolet), déjà rare à trouver, sera une véritable mine d'or…
De multiples autres armes seront à votre disposition suivant votre avancement dans l'aventure, allant du fusil à pompe au lance-roquette en passant par le lance-flammes, le napalm et bien d'autres encore…
Deux sortes d'armes sont utilisables : les armes d'attaque, pour combattre vos ennemis, et les armes de défense, servant à vous protéger lorsqu'un zombie vous ceinture (très pratique). Ces dernières comprennent le napalm, le pistolet étourdissant et le poignard…
Graphismes et gameplay : une ambiance terrifiante
Toutes ces armes contribuent à amplifier le sentiment d'horreur de ce jeu… J'adore personnellement planter le poignard dans le front de mon ennemi pour me défendre, et le voir y rester planté lorsque celui-ci se relève. Ou encore observer le zombie enfin mort répandre sous lui une mare de sang, l'hémoglobine giclant dans tous les sens sous vos coups de feu…
Mais Resident Evil est d'abord un jeu créé pour vous faire peur, pour vous remuer les tripes. Et la réussite est totale dans ce domaine… Vous savez instantanément s'il y a un mort-vivant dans la pièce où vous venez d'entrer : vos oreilles vous en avertissent à l'avance. C'est la chose qui, personnellement, me fait le plus flipper : on entend des râles de zombies sans réussir à les localiser, tout en sachant pertinemment qu'eux savent précisément où vous êtes…
Cette peur est encore décuplée par la position de la caméra. Elle n'est pas, comme dans un Doom-like, placée à la place du personnage, ni derrière celui-ci, mais dans les coins des pièces. Cela vous amènera souvent à vous demander ce qui se cache dans l'autre branche du couloir, juste devant vous…
Les capacités graphiques de la GameCube sont dans ce jeu mises rudement à l'épreuve puisque, je vous l'annonce, Resident Evil est très certainement le plus beau jeu présenté sur les nouvelles consoles… Le Real Environment Mapping, capacité technique de la GameCube à créer des reflets, a été exploité au maximum. Le hall principal du manoir est recouvert de carrelage reflétant dans les moindres détails le décor vous entourant. Il y a souvent, dans les couloirs à angle droit, un miroir : vous pouvez ainsi observer en temps réel ce qui se passe de l'autre côté… un zombie ???
Mais la qualité graphique du jeu ne s'arrête pas là. Exit les salles quasiment vides de la version PlayStation : la GameCube permet d'afficher à l'écran une foule de détails plus impressionnants les uns que les autres… On peut même pousser le vice à distinguer les cernes sous les yeux des zombies… Que veut-on de plus ?
Les défauts du remake GameCube
Malgré son apparence de jeu quasi-parfait, j'ai (pour vous, je ne l'aurais pas fait autrement…) repéré quelques points négatifs dans cet opus…
Pour les connaisseurs, j'ai à vous annoncer que les animations entre chaque porte n'ont pas été retirées. Est-ce dans le but de ménager le suspense, ou alors de cacher les chargements ? Je n'en sais rien, mais en tout cas, toutes les autres animations laconiques du jeu peuvent être abrégées en cliquant simplement sur un bouton… elles ne peuvent donc pas servir de refuge pour un chargement dissimulé !
D'autre part, la prise en main s'avère assez difficile. Pour tirer, il vous faut d'abord armer votre personnage, puis vous pouvez enfin faire feu… De plus, la configuration des caméras a nécessité une adaptation pour les déplacements. Lorsque vous poussez le stick en avant, votre personnage n'ira pas dans le sens indiqué par votre stick ; il faut vous imaginer la manette à la place du personnage. Cinq petites minutes vous seront nécessaires pour vous habituer à cette prise en main plutôt originale, mais pas très pratique…
Par ailleurs, le système de sauvegarde est plutôt contraignant. Pour sauvegarder, il vous faudra trouver une machine à écrire et un ruban encreur. Un ruban encreur ne peut vous servir que 3 fois. C'est donc peu dire que la sauvegarde est plutôt compliquée… car des machines à écrire, il n'y en a pas partout !
Mon quatrième et dernier point noir sera dédié à la durée de vie de ce jeu. Seules 10 heures vous seront nécessaires pour terminer votre partie… Heureusement un peu allongée par un second personnage et des bonus à découvrir, la durée de vie reste néanmoins un défaut que l'on ne peut malheureusement pas améliorer dans un « remake »…
Verdict : ce remake vaut-il le coup ?
Personnellement, j'apprécie énormément ce jeu, pour ses qualités graphiques sublimes, mais également pour être un des seuls jeux d'horreur ayant un tel niveau de perfection.
Je le déconseille toutefois fortement aux personnes sensibles. Ce jeu, certes très beau, contient des scènes sanglantes à déconseiller absolument aux enfants.
Shinji Mikami, le créateur de la série, a su donner un renouveau à son œuvre qui a repris ses marques sur Nintendo GameCube.
Alors, vous sentez-vous prêt à goûter à la terreur Puissance Cube ?!