Le moddeur Felipe a présenté un trailer pré-alpha d'un mode co-op en ligne pour Metal Gear Solid 1, le jeu sorti en 1998. Ce mode gratuit, jouable à deux avec caméras et inventaires séparés, ajoute une fonctionnalité que l'éditeur Konami n'avait jamais livrée dans l'original. Il illustre comment les moddeurs bénévoles peuvent surpasser les studios et interroge l'avenir du jeu vidéo. Cette dynamique rejoint d'autres projets communautaires, comme le mod co-op pour Kingdom Come Deliverance 2 (/jeux-video/kcd2-multiplayer-mod-transforme-kingdom-come-deliverance-2-jeu-coop/).

Un co-op communautaire sur le MGS1 original, sans remake
Le mod de Felipe s'appuie sur la version PC du jeu vendue sur GOG. Il n'existe pour l'instant qu'à l'état de pré-alpha montré en trailer. La fonctionnalité multijoueur absente du jeu original arrive donc par la communauté, près de 30 ans après la sortie.
Le mod permet à deux joueurs de jouer en ligne ensemble. Chaque joueur dispose de sa propre caméra et de son propre inventaire, sans caméra partagée. Le moddeur le propose gratuitement.
Certains observateurs décrivent ce projet comme un « world first » de reverse-engineering du jeu original PS1 pour y ajouter un multijoueur en ligne, sans remake ni version réimagée. Cette qualification reste à vérifier, mais elle souligne l'effort technique sur un titre ancien.
Les limites sont réelles : le statut pré-alpha signifie que le mod n'est pas terminé, et la base GOG du mod n'a pas été confirmée indépendamment. Les détails exacts de la prouesse technique ne sont pas entièrement cartographiés.
Plateformes et prix de MGS1 en 2026
Pour obtenir le jeu de base légalement, plusieurs options existent. Sur le PlayStation Store français, la Master Collection Vol.1 est proposée à 19,99 € et classée PEGI 18+. Elle comprend Metal Gear Solid 1, 2 et 3 sur PS5, PS4, Switch, Xbox et PC.
Le mod de Felipe utilise la version GOG PC du MGS1 original, distincte de la Master Collection. Le mod reste un ajout non-payant pour ceux qui possèdent déjà le jeu sur cette plateforme.
Le modding gratuit face à la vente de Nexus Mods
L'infrastructure qui héberge une part majeure des mods PC est désormais sous propriété privée. Nexus Mods, plateforme de référence, a été vendue par son fondateur Robin « Dark0ne » Scott à la société Chosen. Cette vente a soulevé des craintes de monétisation et de perte de gratuité des mods.
Les nouveaux propriétaires assurent que les mods resteront gratuits, que les créateurs conserveront leurs mods et que les comptes gratuits ne seront pas restreints. Ils reconnaissent toutefois que l'hébergement de milliards de fichiers de mods coûte cher et n'excluent pas d'autres formes de monétisation. Le LinkedIn d'un fondateur de Chosen mentionnait un « Monetization Cheat Sheet » évoquant publicités, pay-to-earn, microtransactions et NFT, ce qui a alimenté la méfiance.
Le contre-argument des propriétaires est que les publicités sont un compromis nécessaire pour garder le site en ligne, et ils visent une réduction de leur nombre. C'est un équilibre fragile : la gratuité des mods communautaires dépend de plateformes dont la gouvernance peut changer. Comme le mod multijoueur de Kingdom Come Deliverance 2 (/jeux-video/kcd2-multiplayer-mod-transforme-kingdom-come-deliverance-2-jeu-coop/) le montre, la communauté prend le relais, mais elle s'appuie sur des structures vulnérables.
La scène française et le contraste avec l'offre officielle
En France, La Crème du Gaming a publié un article le 22 août 2026 sur ce co-op MGS1. JV.com a suivi l'actualité de MGS Delta, et Konami France a promu le mode en ligne officiel FOX HUNT pour MGS Delta, pouvant accueillir jusqu'à 12 joueurs.
Le multijoueur officiel existe déjà sur MGS Delta avec FOX HUNT, mais la nouveauté du mod de Felipe est le co-op dans le MGS1 original. La différence est nette : Konami propose une expérience en ligne sur un épisode récent, tandis qu'un moddeur bénévole ajoute la co-op à l'épisode de 1998 sans rémunération.
Le futur du jeu vidéo se dessine dans ce paradoxe : des moddeurs bénévoles enrichissent le patrimoine et dépassent les éditeurs, mais leur écosystème gratuit repose sur des plateformes menacées par la monétisation.