
Développeur : Capcom
Distributeur : Capcom
Genre : Course
Nombre de joueurs : 1 à 2
Difficulté : Moyenne
Date de sortie : Disponible
Exhibé pour la première fois lors du salon « Auto Asia 2002 », Auto Modellista avait surpris le plus grand nombre grâce à l'utilisation d'une charte graphique encore inédite dans le domaine. À cette époque, de nombreuses questions s'étaient installées dans nos têtes, en attente d'une éventuelle réponse. Doit-on voir en ce produit une vitrine technologique n'ayant d'autres aspirations que de servir les intérêts d'un Emotion Engine souvent décrié ? Le plaisir de jeu sera-t-il au rendez-vous ? Voici des interrogations qui n'auront, si tout va bien, plus de raison d'être à la fin de ces quelques lignes…
Contenu et modes de jeu : une offre limitée

Au niveau des modes de jeux, force est de constater que Capcom n'a guère voulu prendre de risques. Répondent donc présentes les traditionnelles options « Arcade », grâce à laquelle il sera possible de découvrir le circuit de son choix loin du stress de la compétition, ou d'affronter un ami le temps de joutes endiablées. On retrouve également le « VJ & Theater » permettant aux plus esthètes de visionner ralentis et vidéos préalablement sauvegardés sur une Memory Card.
Bien entendu, ce n'est pas tout. Si l'on ne vous a toujours pas parlé du morceau de choix du soft, c'est pour mieux s'y arrêter maintenant. Baptisé « Garage Life », ce dernier s'apparente plus à une carrière dans le milieu automobile qu'à une simple succession de courses. En tant que pilote en herbe, il faudra donc commencer par choisir son bolide parmi des marques aussi prestigieuses que Mitsubishi, Toyota, Subaru ou Mazda. Attention, ici, pas de compte bancaire à gérer : s'offrir d'entrée le véhicule de ses rêves est possible.

Un concept dommageable, certes. Il sera ensuite temps de faire vos premiers pas en prenant part aux différentes épreuves. Au total, seules 7 courses sont là pour étancher notre soif, ce qui est bien trop peu pour tenir qui que ce soit en haleine. Le géant nippon, plus aguerri à la mise en chantier de softs d'action et de combat, l'a bien compris en jugeant utile de nous laisser accomplir, entre chaque compétition, certaines des tâches incombant à tout champion qui se respecte. Ainsi, répondre à des mails, mettre les mains dans le cambouis, ou recevoir conseils avisés deviendront bien vite un lot quotidien.
Intéressons-nous au côté « tuning » de la chose. Une fois encore, le contenu proposé pourrait être rattaché à du Gran Turismo 3 version « light ». Concrètement, il ne faut pas s'attendre à une gamme de pièces aussi exhaustive que celle présentée par le hit de Polyphony Digital. En clair, le moins que l'on puisse dire est que ce premier paragraphe est plutôt synonyme de déception, d'autant que remporter la victoire sur chaque tracé n'est pas une tâche ardue.
Pourquoi le mode Online manque-t-il à l'appel ?

Le fait que nous ne nous soyons toujours pas intéressés au fameux mode « Online » est tout simplement dû à l'absence de celui-ci dans notre portage PAL. Pourtant, cet argument de vente majeur au pays du soleil levant faisait partie des atouts attendus. Comment ne pas grincer des dents face à un tel constat ? Y a-t-il autre chose à faire que de regretter la mise en place tardive du réseau Play-Online ? Lorsque l'on sait que nos amis japonais s'affrontent depuis de longs mois dans le cadre desdites infrastructures, avouez qu'il y a de quoi être amer…
Gameplay : une prise en main répétitive

Seconde désillusion : le gameplay. Si les premiers tours de roues peuvent s'avérer exaltants, après quelques heures de conduite, cette bonne impression n'est hélas plus qu'un lointain souvenir. Concrètement, alors qu'un certain produit concurrent offre un nombre incalculable d'alternatives en terme de pilotage, AM se contente d'une seule et unique approche. Résolument « arcade », cette vision accrocheuse de prime abord n'autorise finalement que très peu de fantaisies.
Au bout d'un certain temps, chacune de vos sorties aura tendance à furieusement ressembler à la précédente, la faute incombant à une maniabilité bien trop stéréotypée. Certes, la PS2 a d'ores et déjà ouvert ses portes à de bien plus mauvais pensionnaires, mais ce n'est certainement pas avec un fond aussi pauvre qu'il faudra compter rester des heures durant scotché au paddle. Assurément la carence majeure de ce soft, ce qui, pour un jeu de course, s'avère difficilement pardonnable.
Un rendu cell-shading spectaculaire

En revanche, pour ce qui est de la forme, ce serait être vraiment pointilleux que de trouver quoi que ce soit à redire. Comment ne pas rester pantois face à un cell-shading employé avec autant de réussite ? À l'écran, cette accentuation des contours est si bien rendue que l'on a souvent l'impression d'être plongé en plein dessin animé. Il faut avouer que ça en jette de vivre de folles embardées au cœur même d'un Tokyo représenté de la sorte.
Les divers terrains de jeu présentés reprennent chacun un lieu phare de la capitale. À nous les virées emplies d'adrénaline au beau milieu de Shinjuku, ou bien encore les folles poursuites automnales lancées sur les hauteurs d'Akagi. Mais ce n'est pas tout : la PS2 a mis le paquet pour servir, sur un plateau d'argent, toute une panoplie d'effets visuels. Appel d'air, retour de flammes ou étincelles générées lors des chocs, tout y passe, ce qui n'est évidemment pas pour nous déplaire. Une fort belle performance, toutefois entachée par un phénomène d'aliasing bien plus discret qu'à son habitude.
Une bande-son perfectible

Une fois les rétines remises de leurs émotions, c'est au tour du système auditif d'être sollicité. Hélas, cette facette n'a pas fait l'objet d'autant de travail que la précédente. Cela se traduit donc par une ambiance sonore convenable, mais pas transcendante. La bande originale pêche par manque évident d'originalité, et l'on ne saura que trop vous conseiller de couper le son après un certain nombre de parties…