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Jeux de rôle

Steamed : L'épreuve

Fagh, jeune candidat, affronte ses examens pour devenir pod-pilot dans un univers steampunk intense. Entre réparation, course et sauvetage, découvrez son parcours.

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Il n'est pas facile de devenir pod-pilot... « Plus que 10 min pour rendre vos copies ! » Comme si cette épreuve était prévue pour 4 heures. J'aimerais bien les y voir, pour rigoler un bon coup. Entre le prof de balistique qui n'a jamais touché un pod de sa vie (merci papa amiral qui m'a fait entrer directement à un grade « sympathique ») et le prof de mécanique qui a sans doute réparé des tas de pods... mais sans jamais en piloter un seul, je pense que le résultat serait assez catastrophique. Enfin, j'ai terminé toute la partie optimisation et la première moitié des diagnostics. Une petite heure de plus aurait été la bienvenue pour finir le problème de diagnostic, mais bon...

Ça y est, c'est fini. À peine la moitié des étudiants sont restés les quatre heures... Au moins, si j'échoue cette fois, je ne serai pas le seul. Allez, maintenant, direction la cantine, voir ce que le chef nous a préparé de bon pour les examens. Et ensuite, il faudra se dépêcher de traverser la cité pour aller au Pont 12-00-03*1. Quelle idée de mettre la seconde épreuve à l'opposé de la première... Sans doute pour décourager les étudiants.

Le repas est succinct : un pain-lourd2 et un poing3 d'herbes aromatiques*4. Je garde mes herbes dans ma sacoche pour plus tard et pars manger mon pain en marchant. J'aurais aimé que mes amis passent le test avec moi, mais ayant sauté une classe, je me retrouve une fois de plus seul. Mais c'est la dernière fois (si tout se passe bien). À partir de la semaine prochaine, je commencerai à partir en mission. J'ai tellement hâte...

Ça y est, je suis « enfin » arrivé au pont 12-00-03 et tout bien réfléchi, je ne serais jamais arrivé à l'heure si j'étais resté manger sur place... Certains l'ont fait, tant pis pour eux... Je finis de manger et vais m'asseoir dans les gradins, sur le côté gauche du pont. Nous sommes trois pour l'instant. À en juger par leur tenue, le premier vient de l'HEPP (Haute École de Pilotage de Pods), une école pour petits riches (enfin, riches... Ils ne boivent tout de même pas de l'eau pure) et le second, sans doute un candidat libre, est beaucoup plus âgé que nous. Il porte un tablier de la confrérie du « Marteau de Fer »*5. Il s'agit sans doute du fils ou de l'apprenti d'un membre de la confrérie. En tout cas, il dispose d'une trousse d'instruments assez importante. J'espère que tous les instruments dont il dispose ne seront pas nécessaires, sinon je pense que je vais manquer de matériel.

Et bien voilà, l'heure est arrivée et nous sommes 25 au lieu de 63. On nous fait tirer des numéros pour savoir sur quel pod nous allons travailler. Si je tombe sur un XCS de n'importe quel modèle, je pense pouvoir m'en sortir. Je connais cette famille sur le bout des doigts. Je plonge la main dans l'urne... Numéro 66, soit 6e rangée, 6e colonne. Je me pose à côté de l'appareil qui est recouvert d'un drap et j'attends que tout le monde ait tiré son numéro... Nous sommes plusieurs dans cette rangée ; s'agissant d'un examen et pas d'un concours, la présence des autres est assez rassurante.

Le top est donné et je retire le drap, l'étends sous l'appareil. Je prends la note qui sert d'énoncé. Une première partie qui doit être faite en 3 heures consiste à trouver le problème de l'appareil et à le réparer. Et la seconde consiste à apporter des modifications pour rendre ce pod (un JCS-075) plus résistant aux chocs latéraux et permettre le transport de deux passagers dissimulés et capables de tirer sur l'extérieur. Bien, bien, bien, au boulot !

Comment réparer le pod en temps limité ?

Je commence par ouvrir le moteur. Qui sait, je trouverai peut-être le problème au premier coup d'œil. Bon, première bonne nouvelle : l'architecture du moteur est similaire aux XCS. Par contre, je ne trouve pas de problème particulier. Je décide donc de démonter la partie inférieure de la coque pour regarder en détail chaque élément...

Après 1h20 de dur labeur, je trouve la source du problème. Dans un des conduits de pression, un morceau de métal de la taille d'une main s'était coincé. L'air ne passant plus était propulsé avec deux fois plus de pression par l'autre tube. Le pod se serait donc écrasé sur le flanc de manière spectaculaire (en supposant que le pilote parvienne à garder un semblant de contrôle).

Bien, la première partie étant terminée, je me plonge dans la seconde. Je commence par agrandir la coque inférieure toujours démontée. Elle sera plus profonde de quatre mains*6. Je découpe donc la coque initiale en deux pour y insérer une plaque de métal. Mon pod aura l'air enceint, mais bon. Je pose une couche de tissu au fond de la coque et rajoute une seconde plaque de métal pour la renforcer. Le pod sera un peu plus lourd, mais je pars du principe que si l'on rajoute deux passagers à un véhicule prévu pour deux passagers, on compte également changer le moteur...

Après avoir prévu les ouvertures pour les tireurs, des rangements pour les capsules d'air, je ne trouve plus rien à rajouter et ma création me plaît. Je la laisse donc dans l'état et attends les 10 dernières minutes de l'examen pour vérifier la solidité des soudures. Verdict : c'est du solide !

Un inspecteur vient enfin regarder mon travail. Il porte un dossier de cuir. Il ne s'agit pas d'un professeur. Il regarde directement le tube défaillant et me dit : « Bravo jeune homme, 5/20 pour l'instant. » Il me demande de mettre le contact, et les deux réacteurs sont également alimentés. « Parfait jeune homme, 10/20 », voyons la suite... Il sort un revolver de son manteau, place une balle dans le chargeur et tire sur mon pod à bout portant. La balle va se figer dans la coque, stoppée par la seconde couche de métal que j'avais placée. « 15/20 jeune homme. » Enfin, il me demande d'ouvrir la soute, ce que je fais. Il retire sa veste, la pose dans l'appareil et rentre dans la soute. Il trouve de lui-même les trappes permettant de viser à l'extérieur, mais semble contrarié. Il me fait signe de sortir et me suit. « Jeune homme, vous me contrariez sur ce point. Jusque-là, tout fonctionne, mais cette soute est visiblement prévue pour 2 personnes de votre gabarit. Mais comment pensez-vous faire rentrer deux adultes dedans ? Je ne peux vous mettre que 2 points pour cette épreuve, ce qui vous fait tout de même 17/20 pour cette épreuve. Toutes mes félicitations mon garçon. Gageons que vous soyez aussi bon pilote et vous aurez votre diplôme haut la main. »

L'homme s'en va, et un professeur nous appelle. Apparemment, les résultats seront donnés dans 10 min, et nous aurons donc la liste et l'ordre de passage pour l'épreuve de pilotage de demain. Sur les 25 présents à cette épreuve, il ne reste plus que 17 à passer l'épreuve suivante. Certains partent en pleurant, d'autres en disant qu'ils s'y attendaient. Je me doutais de mon résultat. La partie pratique a permis de compenser un petit manque à l'écrit, mais rien de dramatique. Si demain, je réussis à dépasser la note éliminatoire (et il n'y a pas de raison pour que je rate), je serai enfin considéré comme un pod-pilot*7.

Le jour J : L'épreuve finale de pilotage

Voilà le jour J arrivé. L'épreuve finale. À priori, elle sera composée de 3 épreuves : une épreuve de précision sur un parcours déterminé, une épreuve de vitesse sur le circuit de la grande faille*8 et enfin une épreuve de repérage sur un parcours long et inconnu. Ayant tous déjà voyagé dans toute la région, je ne vois pas trop comment ils comptent nous piéger, mais bon... « on verra ». Nous partons tous avec 10 minutes d'intervalle. Les deux premières épreuves seront communes et la troisième sera adaptée au pod que nous piloterons. Celui-ci sera tiré au sort, comme pour l'épreuve de réparation. Cette fois-ci, sur les 17 convoqués, nous sommes 17 à être là. Les visages sont fatigués, les cernes creusés.

Je tire le numéro 7. J'ai hérité d'un merveilleux XCS-025. Un modèle très courant. Nous sommes d'ailleurs près de la moitié à en avoir. Je prends place sur le siège, pose mon sac sur le côté droit (comme à l'accoutumée). Je regarde le tableau de bord et apparemment, la bête a été trafiquée. Une série de 3 boutons se trouve sur le côté gauche, au-dessous de la jauge d'altitude. Je mets mon casque et place la visière. Même si j'espère pouvoir les changer une fois mon diplôme obtenu, je sens mon cœur se serrer en pensant à mon père qui les a portés avant moi.

On me donne le top départ et je décolle dans les secondes qui suivent. Notre Message-Tour*9 se trouve au bout de la piste de décollage. Je stabilise ma vitesse pour passer au bon niveau, près de la cellule. Je perçois le signal de validité, et je sais donc que le message est prêt. Je tente de conserver ma vitesse constante pour faciliter leur travail. Je m'approche à grande vitesse, prévois le panier qui est solidement accroché à mon avant-bras gauche. Ce gros panier en osier sert à réceptionner l'ordre de mission. J'ai à peine dépassé la cellule que je le sens dans ma paume, sur l'osier. Je le pose sur mes genoux en retirant le panier qui retrouve sa place à côté de mon sac.

Il s'agit du plan de vol. Je dois me rendre dans une carrière du Puit. Elle est désaffectée depuis 3 semaines à cause d'un besoin urgent dans une carrière proche. Les angles des trajectoires sont repérés par le code vu en cours, il n'y a pas trop de déplacements verticaux qui rendent le document illisible... Le parcours est faisable. Reste que certains passages risquent d'être très sinueux et qu'il s'agit là de l'épreuve de précision. La moindre trace sur la coque risque de pénaliser sérieusement.

Je me lance dans le réseau de rues. Des professeurs sont postés à chaque virage pour noter chacune de mes actions. Les premiers virages ne sont pas les plus durs et je parviens à rester relativement centré dans le couloir. Je passe devant mon professeur de balistique. Une jeune militaire qui a tout de suite saisi que mon intérêt pour cette matière était grand... Mais n'avait aucun rapport avec le contenu. Elle me trouble et je manque de ne pas prendre le virage suivant. Je braque, le pod suit le mouvement que je donne aux commandes, mais je vois l'engin s'approcher dangereusement du mur. Je ne crains rien, mais la coque risque d'avoir quelques traces. Je décide de ressortir les roues vite fait bien fait... Elles s'exécutent et je roule à présent sur le mur. Je me décroche, retrouve le centre de l'allée et range ces roues qui créent un appel d'air conséquent. Le juge d'en face est encore en train de prendre des notes... Je finis le parcours en prenant le moins de risque possible, je ne peux plus me le permettre.

La course de vitesse dans la Grande Faille

Je prends la direction de la grande faille. J'arrive lorsque le concurrent précédent sort. Il faut donc que je sois sorti quand le suivant arrivera. Je connais le parcours de base par cœur. Il s'agissait de l'un de mes terrains d'entraînement favori. Cependant, ils ont toujours la possibilité de poser des obstacles. Visiblement, ils ne l'ont pas fait. Les sections faciles restent faciles, et même la portion où avait été installée une chicane, lors de la course officielle de la semaine dernière, est déserte. Je n'hésite plus et fonce. Dernière ligne droite, un virage et je passe à l'épreuve suivante. Je ralentis à la fin de la ligne droite, ouvre et referme violemment, puis donne un bon coup de gaz. Mais le virage est fermé par un obstacle, je contre-braque, face à la bordure des tribunes. Je re-braque en levant les commandes, coupe les moteurs avant. Coup d'œil sur la jauge, le moteur arrière droit va me lâcher si je ne fais rien, je remets les moteurs avant, coupe ceux de l'arrière, l'angle est bon et je m'en sors. Je passe la ligne d'arrivée, mais pas de trace du concurrent suivant.

Je poursuis ma route vers la Message-Cell du circuit, prépare le panier, reçois l'ordre. On me demande de rentrer à la base sur-le-champ... Je dois avoir échoué... Je ne sais pas encore si ma première erreur m'a retiré toutes les chances, et que la seconde a confirmé le choix, ou si c'est la seconde qui m'a le plus pénalisé, mais en tout cas... Ce n'est pas pour cette année. Je m'approche de la piste où se trouvent 2 candidats. Nous sommes donc 3 à avoir échoué. Je me pose et l'inspecteur de l'épreuve pratique est là. « Jeune homme, malgré vos quelques petites erreurs, vous êtes toujours parmi nous pour la dernière partie de l'épreuve. Elle commencera ce soir à 9h30, venez sur cette même piste, vous conserverez votre pod pour l'épreuve. »

Entre espoir et angoisse avant la nuit

Je repars donc chez moi à pieds. J'en aurai pour une petite heure, mais bon... En passant par les extérieurs, je pourrai m'arrêter à la Taverne d'Argent. À cette heure-ci, beaucoup de mineurs profitent de quelques heures de repos avant le travail du début de soirée, et se retrouvent donc dans la taverne la plus agréable du 05-20-05. Les arômes servis viennent tout droit du cultivateur de la mine d'à côté10, ce qui garantit une fraîcheur bien agréable. De plus, dans cette section de galerie se trouve une partie du Grand Fleuve11, apportant une humidité fraîche et naturelle, en comparaison à d'autres cavernes qui nécessitent l'import d'eau.

Effectivement, ça ne rate pas et je me retrouve accoudé au comptoir avec les autres. Je leur raconte ma journée, les épreuves, la difficulté, le stress... Mais ils ne semblent pas comprendre. Bientôt, je ferai partie de ceux qu'ils critiquent parce qu'ils les envient. Je serai l'un de ceux qui volent effectuer des tâches qui n'apportent rien au peuple. Je ne serai pas un noble, ni un haut militaire, ni un pauvre. Je ne serai même pas un médiateur car ceux du dessus ne m'écouteront pas et ceux du dessous n'auront plus envie de me voir.

Je rentre donc chez moi le cœur gros. Ma petite sœur est là. Elle a à peine 10 ans et sait déjà se débrouiller toute seule. Elle me fait peur. Parfois, elle rentre bien tard de l'école, et il s'avère qu'elle était en fait en train de faire une petite course pour le repas du soir. Elle se balade avec de l'argent à 10 ans... L'année prochaine, je devrai pouvoir assurer du temps à la maison pour m'occuper d'elle. Sa Décision*12 devra être prise dans 2 ans. Bien, ce soir, tout le monde part se coucher de bonne heure car demain sera une journée décisive. Je pose devant ma porte le panneau avec l'heure de mon réveil : 9h00. Je partirai rapidement avec de quoi manger et laisserai un mot sur la table de la pièce principale.

Mission de sauvetage en territoire hostile

Ça y est, je suis dans mon pod. La matinée s'est passée comme prévu et je suis prêt pour l'épreuve, quelle qu'elle soit. On m'explique que les trois boutons servent à lancer un grapin, le descendre et le remonter. J'en aurai besoin au cours de l'épreuve, me dit-on. Contrairement aux deux épreuves précédentes, le réservoir est plein... On me donne une carte de navigation réduite aux éléments les plus simples. Je dois me rendre sur un pic voisin, récupérer quelqu'un (sans doute un mannequin de paille) et le ramener le plus rapidement possible. Je pars sur-le-champ, je suis le premier.

J'ai bien fait de prévoir de la nourriture, le trajet aller va me prendre trois bonnes heures et le retour autant, si ce n'est plus. En effet, n'ayant qu'une approximation des distances, je serai peut-être contraint de réduire la consommation de l'appareil. Je lance les moteurs, « take off » et passe devant la Message-Cell d'hier. Déjà un réflexe ?

Je prends la direction indiquée. Je ne me suis jamais trop éloigné du Puit et j'espère ne pas tomber au centre d'affrontements militaires. Depuis que la guerre a repris, je pense même ne pas être sorti du tout de la cité à bien y réfléchir. Je garde une allure stable et scrute l'horizon... Les nuages sont blancs, pas trop de risque d'averse... C'est déjà ça. Après deux heures de vol, mon estomac commence à faire des siennes et je m'accorde le droit à un morceau de pain-lourd. Je commence à le dévorer quand j'aperçois plusieurs petits points noirs à l'horizon. Les ailes bougent très rapidement, il doit s'agir d'oiseaux... Je reprends donc mon repas.

Mais rapidement, je me rends compte que non. Ce ne sont pas des oiseaux. Je braque, m'élève et décide de les contourner. Ils m'auront sans doute vu. Je change d'idée. Je continue de monter pour rentrer dans le nuage. De là, je partirai dans la direction opposée à celle que j'avais pour ressortir au-dessus des nuages. Puis, après avoir attendu suffisamment, je plongerai pour aller me réfugier dans l'angle mort de leur appareil...

Je continue de réfléchir et atteins les nuages. Je vire à tribord. Je suis trempé. Passé deux minutes, je remonte d'un palier pour raser les nuages. Pas de vaisseau en vue, je reprends ma route. Soudain, un appareil surgit du nuage. Il ne m'a sans doute pas encore vu et je décide de redescendre me camoufler en virant à babord. Si jamais il n'est pas le seul à monter, nous risquons une collision fatale. Je ferme les boîtes qui peuvent l'être et renverse l'appareil. Je vais tenter de descendre lentement pour ne laisser dépasser que ma tête pour faire le point sur la situation.

Il s'agit de pods moyens. Des pods de guerre. Un ingénieux système de tissu leur permet d'être pris pour des oiseaux par des pilotes n'étant pas vraiment concentrés... Mais aucun signe de la flotte à laquelle ils appartiennent. Peut-être des pirates. Ils se sont un peu éparpillés, sans doute pour m'attraper. Et à ce rythme-là, je n'ai pas beaucoup de chances... Au-dessous de nous, les Corridors*13, qui terminent la Grande Faille. Je décide de m'y lancer. Entre les passages où ils ne pourront pas passer et le temps qu'ils perdront dans ceux où ils iront, je devrais réussir à m'en sortir.

La fuite dans les Corridors

Je me lance et plonge. Ils m'ont vu évidemment. Trois d'entre eux se précipitent à ma poursuite. Ils tirent. Je change de technique : le plongeon est bien rapide, mais question trajectoire, un peu prévisible. Je braque, pivote, plonge, contre-braque, pivote à nouveau dans le même sens, je me rapproche des Corridors, plus que quelques centaines de mètres, je reprends le plongeon. J'y suis. Une cavité, je m'y engouffre phares allumés. Je ralentis, ce n'est pas le moment de se planter. Mes poursuivants semblent ne pas pouvoir me suivre. Si ! Un phare arrive, je repère un passage, j'éteins mes phares et sors les roues. Je tourne. Je roule à présent sur le mur, rallume les phares, braque, un autre couloir. Je baisse l'intensité des phares et avance prudemment. Je surveille le rétroviseur. Devant, une silhouette massive. Un rocher. Je me cache derrière en apercevant un phare qui se rapproche dans le tunnel perpendiculaire d'où je viens. Je coupe la lumière. Le pod ne m'a pas vu et a poursuivi sa course. Je rallume et reprends ma route.

Une cavité descend, je la suis. Personne en vue, je relève les phares pour éclairer le plus loin possible. Le conduit tourne, j'éteins un peu mes phares, pas de lumière suspecte, je les rallume et continue ma progression. Je laisse différents conduits qui partent dans des directions diverses.

Je me sens complètement perdu. L'air est lourd. Il fait chaud. Je serais bien incapable de faire demi-tour et je dois me résigner à avancer. Cela fait une petite demi-heure que j'ai plongé sous terre et je commence à me demander si je retrouverai un chemin pour remonter. Par moment, j'éteins la lumière pour m'assurer qu'il n'y a personne dans les parages. J'éteins, j'allume à chaque intersection et ça ne manque pas, un pod s'approche. Je bifurque si bien que je vais me retrouver juste au-dessus de lui, à quelques mètres seulement.

Combat contre les pirates

La lumière s'approche, lentement, j'entends des voix qui parlent une langue que je ne connais pas. Le ton est rugueux. On dirait que chaque mot est craché avec violence. Deux hommes sont à bord. Je les laisse passer en me sentant impuissant. Soudain, une idée. Je rapproche mon véhicule de la paroi et tente d'attraper des pierres. Un morceau se détache et je le lance avec force. Il heurte le pod ennemi et plie en deux l'arrière. Je recule lentement en me décalant de la paroi.

J'hésite. J'ai le choix entre les laisser comme ça, ou tenter de les attaquer. Je redescends et me rapproche de la paroi. Je tente un deuxième lancer... Mais une chance comme celle que je viens d'avoir ne se reproduit pas. Mes mains se retrouvent contre un mur de terre et ce ne sont pas les quelques petits cailloux qui risquent de faire beaucoup de dégâts.

Je vois les deux silhouettes qui sont descendues du vaisseau s'affairer à l'arrière du véhicule. J'ai peut-être une idée. Je prépare le grapin. Je vise l'homme le plus loin de la cabine... Et tire ! Le manque de précision me fait peur et j'attrape l'arrière du pod. Je décide de reculer rapidement. Heureusement que le pod est prévu pour porter une lourde charge. Je soulève leur appareil dans les airs et les deux hommes n'osent pas s'y accrocher. Je le lève à quelques mètres. Un homme vient observer la situation. Je lâche, par réflexe, le grapin.

Le bruit est assourdissant. L'homme semble avoir une jambe coincée sous l'appareil qui est pour l'instant planté dans le sol à la verticale. Je retends la corde du grapin et décale un peu mon pod pour faire tomber l'autre. Il tangue... Et tombe. Je me retrouve tiré vers l'avant. Mais je décide de partir rapidement. Le moteur du pod est toujours en train de tourner et la machinerie risque d'exploser.

Demi-tour et je m'élève. J'ai perdu mon grapin dans l'affaire, mais tant pis. La cheminée tourne et je commence à voir de la lumière. Je décide de sortir comme une trombe et d'aviser... Technique risquée, mais je n'aurai l'effet de surprise qu'une seule fois. Je fais tourner les moteurs à plein gaz. La fumée produite emplit le conduit, je reprends la pression et fonce.

Apparemment, pas de vaisseau en vue. Mais je ne reconnais pas non plus l'endroit où je me trouve... Je décide de me diriger vers le nord en espérant voir, au loin, la Mâchoire*14. Une fois cette région repérée, je pourrai me repérer et reprendre ma route.

Après une heure de vol, je la vois enfin à l'horizon. Je suis du côté Est et je vais donc avoir encore une vingtaine de minutes avant d'arriver à l'objectif. Cela fait trente minutes que je devrais y être. Il va falloir faire vite. J'arrive sur le plateau indiqué et trouve un pod écrasé. La scène est bien reproduite, j'en viens même à me demander s'il s'agit de l'épreuve. Je descends, me pose en douceur et vais inspecter la carcasse. Il s'agit d'un XCS-025. Il semble avoir été attaqué et porte de nombreux impacts de balles sur le côté droit ; le gauche doit être en lambeaux pour que le moteur ait été atteint à ce point. Je fais le tour et à ma grande surprise, je trouve un homme pendant sur le bord de l'appareil et une petite fille en pleurs à la place du passager.

Sauvetage et retour vers la cité

Je vais tout de suite la chercher. Elle semble n'avoir que quelques bobos. Je l'aide à descendre, elle n'arrive pas à prononcer le moindre mot. Je me retourne vers l'homme. La quarantaine, je dirais. Il semble n'être qu'assommé. Je commence à le tirer vers le bas pour l'attraper et le poser par terre. Il commence à venir, mais je ne peux m'empêcher de le lâcher à la vue du sang qui s'écoule sur l'appareil. Je m'agrippe au fauteuil du copilote, me hisse et découvre que toute l'aile gauche du pod a été éventrée. Le malheureux a eu le bassin et les jambes accrochés et est mort des suites de ses blessures.

Il ne faut pas rester dans le coin. Quelle que soit la chose qui ait fait ceci, il faut partir au plus vite. Tant pis pour l'épreuve. J'attrape la petite, la pose sur le fauteuil arrière du copilote, l'attache solidement et m'apprête à repartir. Mais la curiosité est plus forte. Je retourne vers le pod détruit et grimpe à l'arrière. Je trouve un sac à dos (sans doute celui de la fille), un sac de provisions et divers objets par terre. Des porte-bonheur, une photo, des objets hétéroclites. Je prends tout et cours vers mon pod.

Un rugissement se fait entendre. Je saute dans mon pod, et remets les gaz. Nous nous élevons rapidement. La zone est constellée de galeries dans lesquelles peuvent se cacher des pirates. Je braque et décide de monter près des nuages dans un premier temps, pour laisser un moment de répit.

Je fais pivoter l'appareil du côté de babord pour voir un petit peu le sol. De l'une des cavités sort une énorme créature. Dressée sur ses pattes arrière, elle nous fixe. Soudain, elle bondit vers l'avant, bascule son bassin et projette un énorme rocher à l'aide de ses pattes. Je plonge pour l'éviter et file vers l'horizon en effectuant, de temps en temps, des changements de direction...

À présent que la bête est loin, il faut penser à l'itinéraire de retour. Je décide de faire un léger détour pour arriver par le quartier 04-13-00. Cela nous prendra une heure de plus, deux en comptant sur le fait que je vais laisser tourner les machines à l'allure optimale, mais il y a moins de chances pour que l'on rencontre à nouveau les pirates de tout à l'heure.

J'entends encore la petite pleurer derrière moi... La pauvre, je ne sais pas qui était l'homme avec elle, mais j'espère que le barda que j'ai ramassé et les photos me permettront de savoir de qui il s'agissait. Prévenir sa famille, rapporter la petite à ses parents, ou du moins à sa famille proche.

Le voyage se passe plutôt bien. La petite s'est endormie et la cité est en vue. Nous y serons dans une petite demi-heure. Nous n'avons pas rencontré de pirates, le carburant ne nous aurait de toute façon pas permis trop de fantaisie. Il reste encore de la nourriture et de l'eau. J'ai passé pas mal de temps à regarder la photo que j'ai ramassée. On voit un jeune homme porter un petit garçon sur ses épaules et la fillette lui donne la main. Il ne doit pas s'agir de l'homme qui se trouvait dans l'avion, beaucoup trop âgé.

Verdict final et première mission

J'arrive sur la piste. Plusieurs pods concurrents sont déjà posés, harnachés et il ne reste plus que deux professeurs. Je descends du véhicule, j'ai sans doute échoué. J'aide la petite à descendre. Elle me remercie. Je lui donne la main et nous avançons vers les juges...

Ils ont l'air réjouis. L'inspecteur qui m'avait noté sur la réparation vient à ma rencontre et me félicite ! Ils ont suivi mon combat contre les pirates... Du moins, jusqu'à ce que je passe par la galerie... Ensuite, ils sont partis vers mon objectif pour observer le temps que je mettrai à sauver la petite et repartir. Apparemment, je les ai satisfaits. Il m'explique qu'ils ont reçu un message de détresse juste avant la création des missions, et qu'ils l'ont intégrée pour qu'un étudiant s'en occupe.

Je suis donc admis, j'ai mon diplôme. L'homme m'annonce également que je garde le véhicule que j'ai réparé et que je suis accepté parmi les pod-angels. Il me demande d'aller le voir le lendemain dans la matinée. Il me tend une carte métallique où est gravé le texte : « Lt. M. V. McKeller, 06-25-0 ». Concernant la fillette, il me dit qu'il s'agit de ma première mission. Il va falloir trouver sa famille et la ramener... La difficulté de la mission n'est pas encore définie. Il faudra apparemment que j'entame l'enquête pour qu'elle se précise petit à petit.

« Mr. Fagh, vous voilà devenu pod-angel ! » C'est comme ça que ça commence. Vous êtes un anonyme sur une chaise, et après deux journées, vous vous retrouvez pod-angel, prêt à partir en mission avec mon propre pod. Il faudra que je le repeigne, fasse quelques modifications... Mais ça, c'est une autre histoire.

*1 La cité étant circulaire, et les ponts étant répartis sur tout le périmètre, on utilise la notation en heure-minute-niveau pour les repérer.

*2 Le pain-lourd est une sorte de boule de pain garnie de très nombreux ingrédients divers et variés. Il s'agit d'un moyen idéal pour récupérer les restes dans un aliment riche pour les voyageurs.

*3 Le poing est la base de mesure des volumes de petite dimension.

*4 L'eau est très rarement consommée sans arôme à cause de son goût infâme. Seule la noblesse a ce privilège. Les petits nobles et bourgeois ont droit à des herbes raffinées, tandis que le peuple utilise des herbes courantes.

*5 La confrérie du Marteau de Fer est un rassemblement d'artisans réparant des outils et machines pour les mines et les militaires.

*6 Une main = 20 cm

*7 Les pod-pilots rassemblent les pod-racers (pilotes de course), les pod-fighters (pilotes de combats), les pod-angels (pilotes messagers), les pod-savers (pilotes « ambulanciers »), etc. Bref, tous les pilotes de pod, quelle que soit leur profession.

*8 Le circuit de la grande faille est l'un des circuits de pod-racing.

*9 Tour composée d'un escalier en colimaçon central menant à différentes cellules ouvertes sur l'extérieur d'où les Message-Deliver lancent les objectifs de missions.

*10 L'extérieur de la ville étant soumis aux importantes variations de températures et aux agressions, la plupart des produits consommés dans le Puit sont cultivés dans les mines. Il s'agit de champignons, cultivés dans des cavités, autour de poêles qui maintiennent une température constante.

*11 Le Grand Fleuve est un cours d'eau (presque à sec en été, et déchaîné en hiver) qui borde le quart Sud-Est du Puit. Certaines sections plongent dans la terre par des sortes de cheminées.

*12 La Décision correspond à la bifurcation dans les études. Elle se fait entre 6 et 12 ans. L'enfant doit être orienté vers une école privée, un corps de métier ou se débrouiller tout seul.

*13 Les Corridors sont un enchevêtrement de galeries tantôt ouvertes, tantôt fermées qui s'étendent sur une superficie de plusieurs km².

*14 La Mâchoire est une région montagneuse connue pour ses vents violents.

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