
Rencontre mystérieuse aux portes de Gludio
J'avais tout compte fait survécu à ce combat, bien qu'il m'en coûtât de nombreuses blessures. Il m'avait fallu plusieurs jours de repos. Mais maintenant j'étais remise, et je me trouvais devant les portes de Gludio. J'avais pourtant l'habitude de venir souvent dans cette ville, mais aujourd'hui cela semblait différent. L'air n'avait pas la même odeur, je n'aurais su dire quelle odeur il avait, mais ce n'était pas ce que je connaissais. Je continuais d'approcher de la ville, la porte se trouvait à quelques mètres de moi, lorsque je vis une silhouette encapuchonnée de la tête aux pieds. Celle-ci se plaça au centre de l'ouverture et resta statique. Je sentais son regard me scruter, m'épier, me transpercer. Mon âme était comme mise à nu. Je continuais d'avancer en faisant un bref écart pour rentrer tout de même. Au moment où je fus arrivée à sa hauteur, la capuche se tourna vers moi, je fis un vif petit saut en arrière et me mis sur mes gardes, la main posée sur le pommeau de mon Claymore. La silhouette n'avait pas bougé, excepté la tête. Cet immobilisme total du reste du corps me mettait dans un état de mal-être. J'avais beau essayer d'apercevoir le visage sous la capuche, celui-ci restait totalement masqué, comme si un voile de ténèbres l'enveloppait. J'entendis une voix douce et posée lorsque la créature se mit à parler. Sa voix était comme une mélopée qui semblait bercer mon âme.
« Orc, je te vois, je te vois comme tu es dans ta nature profonde. Tu désires le combat, le combat perpétuel. Tu sembles être une robuste combattante. »
J'eus un mot de méfiance à l'écoute de ses propos. Mais l'idée même de pouvoir combattre me donnait déjà quelques frissons de plaisir.
« Qui es-tu ? Pourquoi es-tu ainsi encapuchonnée ?! »
Demandai-je d'un ton décidé.
« Mon nom n'a que peu d'importance, prête plutôt importance à ma proposition, orc. Je t'offre l'opportunité de te battre dans un combat qui promet d'être de grande envergure. Rejoins ma cause, et tu pourras vivre par le combat, la force physique brute. Je te prédestine à un grand avenir à la tête d'une armée entière qui te sera dévouée. »
Sa cause ? De quoi peut-elle bien parler ? De toute façon tant qu'il y a du combat, la cause ne m'importe aucunement.
« J'accepte ta proposition, mais je te demanderai de dévoiler ton visage, femme ! Je n'aime pas parler à des personnes dont j'ignore le visage. »
J'avalais ma salive, et gardais une distance respectueuse entre l'encapuchonnée et moi. Je vis une main droite gantée sortir de son manteau, saisir la capuche et la rabattre d'un mouvement gracile et élégant. Le visage d'une Elfe sombre, d'une immense beauté, m'apparut. Puis elle reprit la parole, toujours de sa voix douce et apaisante.
« Je me nomme Lamean. Alors désires-tu toujours te jeter à corps perdu dans la bataille ou dois-je faire cette proposition à quelqu'un d'autre ? »
Je ne pouvais pas rater une telle occasion de bataille ! Il me fallait accepter ! Peu importe la cause, du moment que je puisse combattre, combattre de toutes mes forces.
« Elfe noir ! J'accepte ! Je te suivrai dans ta quête, du moment que celle-ci m'apporte ce que je désire... Des combats ! »
Le pacte de sang avec Lamean
Je vis la main droite de Lamean se lever. Sa main se trouvait à hauteur de visage, la paume vers elle. Elle me fixait dans les yeux, l'air me semblait vibrer, c'était comme un bourdonnement assez sourd. Sa main gauche se leva aussi, et saisit le gant de cuir sombre qui recouvrait sa main droite, et d'un geste toujours aussi délicat enleva le gant. Je fus étonnée de voir que sur sa main se trouvait un symbole, ce symbole rayonnait et semblait faire partie intégrante de sa main, comme si elle avait toujours possédé cette marque. Diverses lueurs tournoyaient autour du sceau qui ne semblait pas commun. Lamean se mit dans une position se rapprochant d'une garde, et avant même que je puisse réagir elle me frappa à l'aide de sa paume en plein sur ma cage thoracique. Un choc violent me traversa, ce qui me fit reculer de quelques pas, je restais assez étonnée qu'une frêle elfe puisse me porter un coup si puissant. Je voulus me redresser, mais une chaleur intense s'empara de ma poitrine à l'endroit où elle m'avait frappée. Quel était ce coup ? Aujourd'hui c'était la première fois que ma constitution physique me semblait ne m'être d'aucune utilité. Cette chaleur semblait se répandre dans mes veines, mon sang bouillait à l'intérieur de moi. Mon corps entier tremblait, j'eus tout de même la force d'atteindre ma poitrine avec mes mains et d'y détacher mon armure. Je vis sur ma poitrine un petit symbole rougeoyant. Il était différent, mais les courbes de la marque semblaient identiques. La douleur commençait à s'atténuer. Lamean s'était rapprochée de moi.
« Je t'ai choisie, c'est toi qui dirigera les forces de la Légion, c'est toi qui dirigera les puissantes hordes dans les batailles ! »
La douleur m'avait épuisée, j'en étais à bout de souffle. Je voulus me relever et mes yeux se posèrent sur le plastron que j'avais détaché. Un trou parfaitement dessiné se trouvait en plein milieu de celui-ci, comme si le métal avait été dissout purement et simplement. Quelle force peut détruire une armure d'un simple coup ? Je me relevais difficilement, regardant mon plastron avec un certain effroi. Je me sentais quelque peu différente, mon sang semblait plus chaud qu'auparavant, mon corps semblait à présent plus léger, et mon esprit plus clair. Quant à mon appétit de combat, il ne fut que décuplé.