Navire négrier ancien au trois-mats voguant sur une mer sombre, voiles déployées sous un ciel lourd, silhouette menaçante et isolée
Histoire

Traite négrière : rôle et responsabilité des royaumes africains

Au-delà du manichéisme, cet article explore l'implication des royaumes africains dans la traite, du Dahomey à la reine Nzinga, sans relativiser la responsabilité industrielle de l'Europe.

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Il existe aujourd'hui une fatigue palpable face aux récits historiques manichéens qui divisent le monde en deux camps immuables : les bourreaux blancs d'un côté, les victimes noires de l'autre. Cette lassitude, particulièrement forte chez une jeunesse en quête de racines et de complexité, pousse à revisiter les zones d'ombre de notre mémoire collective, notamment concernant la traite négrière. La question de la responsabilité des Africains dans l'esclavage de leurs propres contemporains resurgit ainsi avec force, alimentée par une actualité mémorielle sensible et par le désir de ne plus réduire l'histoire à une simple morale de conte pour enfants.

Navire négrier ancien au trois-mats voguant sur une mer sombre, voiles déployées sous un ciel lourd, silhouette menaçante et isolée
Navire négrier ancien au trois-mats voguant sur une mer sombre, voiles déployées sous un ciel lourd, silhouette menaçante et isolée

Cependant, aborder ce sujet s'avère être un exercice de haute voltige. D'un côté, l'histoire regorge de preuves attestant de l'implication active de certains royaumes africains dans la chasse à l'homme ; de l'autre, instrumentaliser ces faits pour minimiser la responsabilité de l'Europe relève du révisionnisme le plus grossier. Il faut donc naviguer avec prudence, en se gardant bien des simplifications hâtives, pour comprendre comment une dynamique de prédation s'est installée entre l'Afrique et l'Europe. Ce sujet complexe mérite mieux que des slogans simplistes, d'autant que l'avenir des relations entre les continents se joue aussi dans cette capacité à déconstruire les mythes fondateurs, comme l'illustre la place grandissante du français comme 4ème langue mondiale

Cette vidéo illustre bien la complexité des échanges et la nécessité de dépassionner le débat pour analyser les faits sans tomber dans le piège des généralisations hâtives.

La lassitude des jeunes face au récit « Blancs bourreaux / Noirs victimes »

Pour la nouvelle génération, le récit scolaire traditionnel, s'il a le mérite d'avoir révélé l'ampleur du crime, finit par créer un sentiment d'étouffement intellectuel. Beaucoup de jeunes ressentent une injustice à ne voir l'histoire qu'à travers le prisme unique de la culpabilité européenne ou de la souffrance africaine, ce qui tend à enfermer les identités dans une posture de victime éternelle ou de bourreau irrémissible. Cette vision binaire ne permet pas de saisir la totalité des mécanismes de pouvoir qui étaient à l'œuvre à l'époque. On assiste alors à une demande de « nuance » qui dépasse souvent le simple cadre de l'histoire scolaire pour toucher à la construction de l'identité personnelle.

La recherche d'une agency historique

Cette quête de vérité pousse à s'interroger sur le rôle des acteurs locaux. Pourquoi certains rois ont-ils collaboré ? Comment des sociétés entières ont-elles pu participer à ce commerce ? Ce sont des questions légitimes qui émergent sur les réseaux sociaux et dans les débats publics, portées par des voix qui refusent que l'histoire de l'Afrique soit réduite à une passivité totale. Il ne s'agit pas de nier l'horreur de la déportation, mais de restituer aux Africains leur « agency », c'est-à-dire leur capacité d'agir, même si cette capacité a parfois été dirigée vers des fins funestes. C'est dans cette tension entre le désir de comprendre les intrications du mal et la peur de tomber dans l'amalgame que le débat actuel se cristallise.

Le risque de l'instrumentalisation politique

Il faut toutefois rester vigilant. Si la demande de nuance est saine, elle peut parfois être détournée par des discours politiques visant à minimiser le préjudice colonial. L'argument de la complicité africaine, historiquement utilisé par les esclavagistes eux-mêmes pour se dédouaner, réapparaît aujourd'hui sous des formes modernes pour opposer les descendants d'esclaves aux descendants de colonisés. Il est donc crucial de faire la part des choses entre une légitime curiosité intellectuelle et une tentative de réécriture de l'histoire à des fins polémiques.

L'argument utilisé depuis Louis XIII pour justifier l'injustifiable

Il est crucial de se souvenir que la discussion sur la responsabilité africaine n'est pas nouvelle. Elle ne date pas d'aujourd'hui, ni des trente dernières années. Elle fut, en réalité, l'un des piliers idéologiques de la justification de l'esclavage par les Européens eux-mêmes dès le XVIIe siècle. Dès l'origine, les esclavagistes ont utilisé l'existence de formes de servitude en Afrique pour se dédouaner moralement. L'argument était simple : si les Africains sont déjà esclaves chez eux, alors nous ne faisons que les déplacer, nous ne créons pas leur condition.

La justification morale sous Louis XIII

C'est cet argument précis qui permit à Louis XIII de consentir à l'entrée de la France dans la traite négrière. Initialement réticent, le roi finit par céder sous la pression de conseillers qui lui firent miroiter que le transport de ces « païens » déjà asservis pouvait être une opportunité providentielle de les évangéliser et, in fine, de leur offrir la liberté spirituelle. C'est ce qu'on pourrait appeler le paradoxe de l'esclavage rédempteur : une atrocité présentée comme une œuvre charitable.

L'hypocrisie du discours universaliste

Des philosophes comme Voltaire ont systématisé ce procédé, soutenant que le négoce démontrait la « supériorité » de ceux qui achetaient face à ceux qui vendaient leurs enfants. Pourtant, cette rhétorique reposait sur une hypocrisie totale : pour préserver une certaine cohérence avec le dogme chrétien universaliste, les Européens feignaient de croire que les captifs étaient déjà esclaves en Afrique. Cela permettait de nier la réalité de la capture, souvent violente, spécifiquement organisée pour le compte des négriers, et de masquer la transformation radicale de la condition servile qui s'opérait lors de la traversée de l'Atlantique.

Avant les navires négriers : l'esclavage de dette et de guerre en Afrique

Pour appréhender la nature de la collaboration africaine, il est indispensable de s'affranchir de notre vision actuelle de l'esclavage, qui est intrinsèquement liée au racisme et à la déshumanisation totale du Noir par le Blanc. Avant l'irruption massive des Européens sur les côtes, à partir du XVIe siècle, les formes de servitude sur le continent africain étaient radicalement différentes. Elles existaient, certes, mais elles ne répondaient pas à la même logique économique ni aux mêmes critères biologiques. Il s'agissait d'un phénomène social intégré aux structures politiques locales, et non d'une entreprise de négation de l'humanité à grande échelle.

Une servitude aux multiples visages (et non héréditaire)

Dans l'Afrique pré-moderne, on ne devenait pas esclave par la couleur de sa peau, mais par sa situation sociale ou politique. Les principales voies vers la servitude étaient la guerre et la dette. Lorsqu'un royaume vainquait un rival voisin, les prisonniers de guerre pouvaient être réduits en servitude pour compenser les pertes humaines et économiques. De même, un individu incapable de rembourser une dette pouvait être cédé temporairement à son créancier pour travailler jusqu'à l'apurement de la somme due. Il existait également des formes de servitude pénale pour certains criminels.

Des statuts perméables et évolutifs

La caractéristique essentielle de ces systèmes résidait dans leur relative perméabilité. Contrairement à l'esclavage de type colonial qui frappait l'individu et toute sa descendance de manière éternelle, l'esclavage en Afrique avant la traite atlantique offrait parfois des voies de sortie. L'intégration à la famille du maître par le mariage ou l'affranchissement après plusieurs années de service n'étaient pas des phénomènes rares. L'esclave, souvent appelé « captif », conservait une identité sociale. Il n'était pas un « bien meuble » dépourvu de toute personnalité juridique, bien que sa condition fût évidemment d'une grande précarité.

La rupture du XVIe siècle : quand le captif devient une marchandise mondiale

L'arrivée des premiers navires européens, d'abord portugais, puis hollandais, anglais et français, marque une rupture civilisationnelle majeure. Jusque-là, la demande en captifs était essentiellement domestique ou agricole, et donc limitée par la capacité d'absorption des royaumes africains. Soudain, une demande extérieure, quasi infinie et surtout très lucrative, émerge. Les Européens ne cherchent pas seulement des servants pour leur maison ou leurs champs ; ils ont besoin d'une force de travail industrielle pour des plantations de sucre, de coton et de tabac situées à des milliers de kilomètres de là.

De la guerre défensive à la razzia économique

Face à cette opportunité d'enrichissement inouïe, la logique des royaumes africains change radicalement. Pour satisfaire les commandes des négriers qui accostent sur la côte, les élites locales ne se contentent plus de récupérer les prisonniers des guerres défensives. Elles passent à l'offensive. La razzia devient une fin en soi, une activité économique hautement rentable. On ne fait plus la guerre pour défendre ses frontières ou étendre son territoire politique, mais pour capturer des êtres humains qui seront échangés contre des fusils, de l'alcool, des coquillages ou du tissu.

L'introduction des armes à feu et l'asymétrie

C'est la transformation du captif en « monnaie-homme », une marchandise dont la valeur se fixe sur un marché mondial, entraînant l'Afrique dans une spirale de violence endémique qui va déstabiliser le continent pendant des siècles. L'introduction des armes à feu par les Européens a joué un rôle clé dans cette mutation. Les royaumes qui acceptaient de participer à la traite obtenaient un avantage militaire décisif sur leurs voisins, créant une dynamique de course aux armements où la monnaie d'échange était la vie humaine.

Le royaume du Dahomey et l'industrie de la « monnaie-homme »

Si l'on cherche un exemple concret pour illustrer cette corruption systémique des élites africaines par la traite, le royaume du Dahomey, situé dans l'actuel Bénin, est sans doute le cas d'école le plus frappant. Contrairement à l'image d'une Afrique unie face à la prédation occidentale, le Dahomey s'est bâti en tant que puissance militaire et économique précisément grâce à sa maîtrise du « commerce des chairs ». C'est un exemple glaçant de la manière dont la demande européenne a pu modeler les entités politiques africaines, transformant des États en véritables machines à tuer et à capturer.

Le roi Tegbessou, plus riche que les lords anglais

L'histoire du Dahomey au XVIIIe siècle est celle d'une réussite économique fondée sur l'horreur. Ce royaume ne s'est pas contenté de participer à la traite ; il en a fait le pivot central de sa stratégie de puissance et de survie face à ses voisins. Les rois d'Abomey ont compris très tôt que le contrôle de la côte et l'accès aux forts européens leur permettaient d'acquérir des armes à feu, leur donnant ainsi une supériorité militaire écrasante pour capturer toujours plus de victimes. C'est un cercle vicieux parfait : armes pour capturer, captifs pour acheter des armes. Vers 1750, le roi Tegbessou vendait chaque année plus de 9 000 esclaves aux négriers. Les historiens estiment que les revenus du roi Tegbessou grâce à la vente de ses « sujets » étaient quatre à cinq fois supérieurs à ceux des plus riches propriétaires terriens anglais de l'époque.

Les raids sanglants et la « préparation » des captifs à Savi

Ce commerce reposait sur une machine de guerre implacable. Les raids systématiques rayaient parfois des villages entiers de la carte. La brutalité de cette pratique est illustrée par un événement tragique survenu en 1727 sous le règne du roi Agadja. Lors de la prise de Savi, un important hub commercial, les troupes dahoméennes perpétrèrent un massacre effroyable. On estime que cet assaut a coûté la vie à environ 5 000 personnes et a abouti à la capture de 11 000 prisonniers. Une fois capturées, ces victimes n'étaient pas immédiatement vendues ; elles étaient contraintes de subir une « préparation » humiliante et déshumanisante destinée à maximiser leur prix de vente. À Savi, les captifs étaient parqués et lavés dans la rivière à l'entrée de la ville. On voulait qu'ils paraissent sains et vigoureux aux yeux des acheteurs européens. Ce rituel de lavage marquait symboliquement le passage de l'état d'humain à celui de marchandise.

Reine Nzinga : l'icône de la résistance qui négociait des vies

Cependant, réduire l'attitude des royaumes africains à la seule collaboration effrénée serait une erreur aussi grossière que de nier leur responsabilité. L'histoire de l'Afrique est faite de nuances, et aucun personnage n'incarne mieux cette complexité que la reine Nzinga (ou Nzinga Mbande). Souvent présentée comme une héroïne pure, figure de la résistance intransigeante contre le colonialisme portugais en Angola au XVIIe siècle, la réalité de son règne est plus sombre et infiniment plus humaine. Elle incarne la realpolitik de cette époque trouble, où la survie de son peuple exigeait parfois des compromis moraux impensables.

Quarante ans d'équilibre diplomatique au Ndongo et Matamba

Nzinga a régné sur les royaumes du Ndongo et du Matamba pendant quarante ans, à une époque où les Portugais tentaient de consolider leur domination en Angola. Elle est devenue une légende pour sa capacité à mener la guérilla contre des envahisseurs mieux équipés, utilisant la diplomatie aussi bien que les armes. Pourtant, cette résistance épique a coexisté avec une participation active au commerce des esclaves. C'est ce paradoxe qui permet de comprendre que les dirigeants africains n'étaient ni des monstres de sadisme ni des saints victimes, mais des acteurs politiques cherchant à naviguer dans un monde en pleine mutation.

Le mythe brisé : la négociation du prix des âmes

L'historiographie moderne, et notamment l'historien Tim Stapleton, a contribué à briser le mythe d'une Nzinga irréprochable, la présentant plutôt comme une gestionnaire pragmatique de la traite. Elle ne cherchait pas seulement à abolir l'esclavage ; elle cherchait à obtenir le meilleur prix possible pour les captifs qu'elle livrait. Comme le souligne Stapleton, il est réducteur de voir en elle uniquement une résistante héroïque : « C'est de la mythologie : elle essayait surtout d'obtenir de négocier les esclaves à un prix le plus avantageux possible. » Cette analyse ne vise pas à discréditer sa mémoire, mais à rétablir une vérité historique essentielle sur la corruption systémique de l'époque.

De la complicité locale à la responsabilité industrielle de l'Europe

Après avoir examiné en détail l'implication de certains royaumes comme le Dahomey ou les compromis de figures comme Nzinga, il est impératif de ne pas tomber dans le piège de la « fausse équivalence ». Reconnaître la participation de certaines élites africaines n'implique toutefois pas que la culpabilité de ce drame historique doive être répartie équitablement entre toutes les parties. Il est impératif de distinguer les intermédiaires locaux des véritables architectes du système, une distinction qui se fonde tant sur l'ampleur que sur la nature même de leur responsabilité. La traite transatlantique ne saurait être réduite à un simple cas de « donnant-donnant » entre égaux ; c'est un crime de masse industrialisé par l'Europe.

15 à 20 millions de déracinés : l'anatomie d'un crime de masse

Pour comprendre cette distinction, il faut regarder l'échelle du phénomène et sa structure. Les rois africains vendaient des hommes parce qu'il y avait une demande. Sans cette demande créée, organisée et financée par l'Occident, l'esclavage local serait resté un phénomène marginal. Selon les estimations de l'UNESCO, la traite transatlantique a déraciné entre 15 et 20 millions d'Africains. Si l'on regarde plus précisément les chiffres embarqués, on parle d'environ 12 millions d'individus arrachés à leur terre. Sur ces 12 millions, seuls 10 millions ont survécu pour atteindre les Amériques. Le taux de mortalité sur les navires négriers avoisinait les 15 %. C'est une hécatombe industrielle programmée.

Les Européens ont-ils forcé l'Afrique à entrer dans ce marché ?

La responsabilité industrielle de l'Europe réside dans cette création d'un marché mondial, dans la logistique navale, dans la mise en place du Code noir et dans la racialisation de la servitude. C'est cette mécanique industrielle qui transforme une pratique locale en un cataclysme démographique et civilisationnel. L'Europe n'a pas eu besoin d'occuper militairement tout le continent pour imposer la traite. Elle a utilisé un arsenal bien plus puissant : le marché et les armes à feu. En créant une demande artificielle et en fournissant la technologie militaire pour satisfaire cette demande, les Européens ont mis les royaumes africains en compétition les uns contre les autres. C'est cette responsabilité première, celle de l'instigateur et de l'organisateur, qui fonde la dette historique de l'Occident.

Enseigner la corruption du pouvoir plutôt que la faute collective

Si l'histoire est aussi complexe, pourquoi est-elle si difficile à enseigner aujourd'hui ? Pourquoi la simple évocation de la responsabilité africaine déclenche-t-elle des tempêtes médiatiques et des accusations de révisionnisme ? C'est que l'enseignement de l'esclavage reste prisonnier d'enjeux mémoriels contemporains. Pourtant, refuser de regarder cette histoire en face risque de produire l'effet inverse à celui recherché : en simplifiant le récit, on le fragilise.

Pourquoi ce sujet reste si difficile à enseigner en France

Il ne s'agit pas, comme le soulignent des intellectuelles comme Françoise Vergès, de « s'autoflageller », ni de distribuer le crédit ou la faute merely pour alléger notre culpabilité collective. Vraiment assumer notre passé exige que nous examinions la responsabilité de chaque acteur impliqué. Assumer, ce n'est pas s'autoflageller, justement. Assumer, c'est étudier les responsabilités dans cet événement. Pour elle, assumer ce passé n'est pas de l'autoflagellation, mais l'étude nécessaire des responsabilités dans cet événement. En France, la question de l'esclavage reste un sujet sensible, longtemps occulté des manuels d'histoire.

Transformer la honte en une leçon d'histoire sur les systèmes économiques

Enseigner la complicité de certains rois africains, ce n'est pas faire le jeu du racisme anti-noir, c'est montrer que l'appât du gain et la corruption des élites sont des maux universels. Dévoiler la responsabilité des royaumes africains n'absout pas l'Europe, mais rappelle que partout dans le monde, l'appât du gain et la corruption des élites locales ont toujours été les meilleurs alliés des pires systèmes d'exploitation. Ne pas enseigner cette réalité, c'est laisser le champ libre aux révisionnistes de tout bord qui instrumentalisent les zones d'ombre pour justifier l'injustifiable.

Conclusion

L'histoire de la traite négrière n'est ni un film blanc et noir où seuls les Européens portent l'uniforme du bourreau, ni un conte moralisant où les victimes seraient irréprochables. Elle est une tragédie faite de grisailles, de compromissions, de lâchetés et de calculs sordides. Accepter de regarder en face la responsabilité des royaumes africains, sans pour autant relativiser la responsabilité industrielle et morale de l'Europe, est l'unique chemin vers une mémoire apaisée.

C'est en acceptant cette complexité que les nouvelles générations, en Afrique, en Europe et dans les Amériques, pourront dépasser la fracture mémorielle. Car nous ne sommes pas les otages de nos ancêtres, mais les héritiers de leurs choix. Comprendre que les rois d'Abomey comme les négriers de Nantes ont agi par intérêt matériel et soif de pouvoir, c'est comprendre que le mal n'est pas une essence mystérieuse, mais une réalité humaine qui peut être combattue par la connaissance et l'éthique. Le passé nous appartient, mais c'est à nous de choisir l'avenir.

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Questions fréquentes

Quel rôle des royaumes africains ?

Certains royaumes, comme le Dahomey, ont activement participé à la chasse à l'homme et aux razzias pour satisfaire la demande européenne. Ils ont ainsi collaboré à la traite, souvent motivés par l'enrichissement et l'acquisition d'armes à feu.

Quelle différence esclavagisme atlantique ?

L'esclavage précolonial était souvent lié à la guerre ou à la dette, avec des statuts sociaux perméables et non héréditaires. À l'inverse, la traite atlantique a racialisé et industrialisé la servitude, la transformant en une déshumanisation totale et éternelle.

Pourquoi les Européens achetaient-ils ?

Les Européens ont créé une demande massive pour fournir une main-d'œuvre bon marché à leurs plantations de sucre, de coton et de tabac en Amérique. Ils ont utilisé ce marché et les armes à feu pour mettre les royaumes africains en concurrence.

Quelle attitude de la reine Nzinga ?

Reine du Ndongo et du Matamba au XVIIe siècle, elle a résisté aux Portugais tout en participant au commerce des esclaves. Elle illustrerait une realpolitik pragmatique, négociant le prix des captifs pour assurer la survie de son royaume.

Sources

  1. Esclavage : commémorer et combattre ? · lemonde.fr
  2. La traite des Noirs et ses acteurs africains du XVe au XIXe siècle · clio-cr.clionautes.org
  3. Esclavage en Afrique — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  4. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  5. lemonde.fr · lemonde.fr
deep-thinker
Yanis Combot @deep-thinker

Je suis ce pote qui te parle de Nietzsche entre deux gorgées de café et qui illustre Foucault avec des épisodes de Black Mirror. Étudiant en philo à la Sorbonne, je suis convaincu que la philosophie n'est pas un truc poussiéreux réservé aux profs en tweed. Les grandes questions – la liberté, la justice, le sens de la vie – elles nous concernent tous. J'aime poser des questions plus que donner des réponses. Et si mes articles te font réfléchir sous la douche le lendemain, j'ai fait mon job.

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