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Histoire

Bloody Sunday

Le Bloody Sunday, ce dimanche sanglant de 1972, symbolise la répression britannique en Irlande du Nord. Retour sur un conflit qui a marqué l'histoire.

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Le Bloody Sunday (« Dimanche sanglant »), symbole de la répression britannique en Irlande du Nord (Ulster), reste gravé dans la mémoire collective. Cette journée tragique, survenue lors d'une manifestation pacifique, a même inspiré le célèbre groupe U2.

Les origines du conflit anglo-irlandais

Tout commence en 1171, lorsqu'un baron anglais s'empare du trône irlandais. Il est renversé la même année par Henri II d'Angleterre. L'Irlande, catholique, et l'Angleterre, protestante, entretiennent un conflit religieux profond : les Irlandais rejettent leur nouveau roi mais peinent à s'unir pour le renverser.

L'Irlande sous domination anglaise

Deux siècles plus tard, la Peste noire chasse les colons anglais. Mais en 1547, Henri VIII reprend le contrôle.

Les discriminations religieuses contre les catholiques

Le clivage religieux persiste et entraîne de nombreuses révoltes. Une série de lois discriminatoires prive les catholiques de leurs droits : ils ne peuvent plus acheter ni hériter de terres, ni assister à la messe. Parallèlement, les Anglais limitent les importations irlandaises pour éviter la concurrence et surveillent la population via la Police royale irlandaise, composée d'Irlandais royalistes.

L'Acte d'Union et les premières réformes

La liberté de commerce est rétablie en 1780, suivie de l'abrogation des lois anti-catholiques en 1782. William Pitt accorde le droit de vote aux catholiques et négocie l'Acte d'Union en 1800, qui remplace le parlement irlandais par une représentation à la Chambre des communes, à Londres.

La grande famine et la montée du nationalisme irlandais

Une famine dévastatrice fait un million et demi de morts. De nombreuses familles, dont les Kennedy, émigrent aux États-Unis où elles transmettent leur hostilité envers les Anglais. Le Premier ministre Gladstone tente de faire voter une loi sur l'autonomie irlandaise dans les années 1880, sans succès. Face à cet échec, les Irlandais rejoignent des organisations secrètes comme le Sinn Féin et son bras armé, l'IRA (Armée républicaine irlandaise). Les Pâques sanglantes de 1916, une révolte à Dublin qui dura 5 jours, rallient des milliers de sympathisants après les exécutions qui suivirent.

La partition de l'Irlande et la création de l'État libre

À la fin de la Première Guerre mondiale, une guerre anglo-irlandaise de deux ans oppose l'IRA aux forces britanniques. Le Premier ministre Lloyd George négocie avec le Sinn Féin et accorde l'indépendance à l'Irlande en 1921. Toutefois, les 6 comtés du nord (Ulster) restent rattachés au Royaume-Uni. L'Irlande est désormais divisée :
- L'Éire, au sud : État indépendant avec Dublin pour capitale
- L'Irlande du Nord ou Ulster : 6 comtés sous souveraineté britannique

Les discriminations en Irlande du Nord catholique

Pourquoi les catholiques veulent être rattachés à l'Éire

En Ulster, majoritairement protestant, les catholiques subissent des discriminations dans l'emploi et la politique : ils deviennent des citoyens de seconde zone. Cette injustice nourrira les grands mouvements de protestation des années 60.

Les unionistes (ou royalistes), descendants des colons anglais et écossais, souhaitent rester dans le Royaume-Uni. Les nationalistes (ou républicains), catholiques d'origine irlandaise, revendiquent leur rattachement à la République d'Irlande.

Chronologie du conflit nord-irlandais (1960-1998)

  • Fin des années 60 : Les catholiques protestent contre leurs droits inférieurs à ceux des protestants
  • 1969 : Après une émeute (6 morts), l'armée britannique intervient en Ulster. L'IRA riposte par des attentats
  • 30 janvier 1972 : 20 000 catholiques manifestent pacifiquement à Londonderry pour réclamer l'égalité des droits. Ce jour, devenu le BLOODY SUNDAY, l'armée britannique tire sur la foule : 14 morts. C'est lors de cette journée que se déroule le film du même nom.
  • 1972 : Négociations de paix entre Gerry Adams (président du Sinn Féin) et les Britanniques : échec rapide
  • 1979-1991 : L'IRA perpètre 3 attentats contre des personnalités politiques, dont Margaret Thatcher
  • 1983 : Gerry Adams est élu député au Parlement britannique
  • 1992 : L'IRA frappe la City, le quartier d'affaires londonien
  • 1993 : Les Britanniques proposent des négociations en échange d'un cessez-le-feu. L'IRA accepte, mais le gouvernement britannique exige un désarmement préalable, entraînant la reprise des attentats
  • 1997 : Tony Blair propose de nouvelles négociations. Le 20 juillet, l'IRA accepte un nouveau cessez-le-feu
  • 10 avril 1998 : Protestant et catholiques signent un traité de paix mettant fin à 30 ans de conflit, sans toutefois faire disparaître toutes les violences.
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