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Histoire

AZF : 1 an après...

Un ado raconte son vécu le 21 septembre 2001 : l'explosion AZF, la peur du nuage toxique au collège et le souvenir intact, un an après le drame.

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Samedi 21 septembre 2002, cela fera un an que l'usine AZF a explosé à Toulouse.

Je raconte ici ce que j'ai vécu alors que j'étais au collège à Blagnac (ville qui jouxte Toulouse, c'est là que se trouve l'aéroport), en cours de maths.

Le choc de l'explosion AZF à 10h17

À 10h17, on entend un grand « BOUM » : la porte, les fenêtres, les chaises et les tables ont vibré. Les profs sortent, se demandent ce que ça peut être et, finalement, rentrent pour continuer les cours en nous disant que c'était sûrement un avion qui avait franchi le mur du son.

Pendant ce temps, la Mairie de Toulouse reçoit des appels de partout et croit qu'il y a eu plusieurs attentats (on était 10 jours après le 11 septembre !).

Revenons au collège : 10 minutes après le « boum », un surveillant passe dans les classes pour nous annoncer qu'AZF a explosé et qu'un nuage toxique se dirige vers Blagnac.

La peur du nuage toxique à Blagnac

Sur ordre de la préfecture, on doit tous s'enfermer, rester calmes et attendre un nouvel ordre. Bien sûr, on s'est inquiétés : il a dû y avoir des morts et puis, un nuage toxique arrivait sur nous...

5 minutes plus tard (soit 15 minutes après l'explosion), notre prof de maths part car il a essayé de joindre son fils — qui habitait pas loin d'AZF — sur son portable, mais en vain : le réseau était saturé par les nombreux appels. Deux profs viennent alors le remplacer. Ensuite, pas de nouvelles pendant 1h30 : on reste enfermés et on attend. Certains parlent, d'autres ne disent rien, car ils ont des proches qui habitent à proximité.

Finalement, un peu après 12h, on apprend que le nuage toxique s'est dissipé dans l'air (grand soulagement) et des parents commencent à arriver pour venir chercher les enfants ; mais il y a d'énormes bouchons car toutes les rocades sont coupées.

Ceux qui mangent à la cantine sont finalement sortis pour déjeuner. Tout le monde se précipite dans le réfectoire.

Au fait, pour ce qui est du prof de maths (c'est une des premières fois qu'on s'intéresse à un prof), son fils est en vie (il n'a rien dit de plus).

Les bouchons sont restés longtemps car tout le monde fuyait Toulouse. Et puis voilà, vous devez connaître la suite.

Le bilan un an après l'explosion

On ne sait toujours pas si c'est accidentel ou criminel, mais ils vont retenir la thèse accidentelle — même si c'est criminel — pour les assurances. C'est un peu dégoûtant de ne pas connaître la vérité !

Sinon, ils ont nettoyé le site. Il y a encore de grands débats pour savoir si les autres usines vont rester.

Samedi 21 septembre, trois minutes de silence seront observées à 10h17 dans Toulouse et toute l'agglomération. Et puis, rendez-vous sur la place du Capitole pour un hommage aux victimes. L'orchestre de Toulouse y sera.

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jérémy14
Jérémy - @jérémy14
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